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Paperblog : Les meilleurs actualités issues des blogs

Les blogs 2016 qui inspirent les femmes actives
3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 13:24

 

 

 

 

Source : Couverture de Vogue, Paris, mai 1926. Illustration de Porter Woodruff via Gallica

 

 

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Published by Cameline - dans Les années folles
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20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 16:57

 

 

 

 

Pour faire suite à mon précédent article, voici une sélection d'images du même numéro de Vogue qui, selon moi, méritent de les partager avec vous.

 

Ci-dessus pour commencer, une robe de Robert Piguet pour le soir en crêpe-satin rose pâle,  se terminant par un drapé élégant qui remonte jusqu'à l'épaule où il se rattache au drapé du corsage devant.

 

 

 

Cette photo du photographe Horst est celle qui a été utilisée pour la couverture. Le chapeau est de Rose Descat, présenté également dans cette publicité :

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Vogue Paris, novembre 1935 via Gallica

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Published by Cameline
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20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 15:27

 

 

Tailleur en velours de creed porté avec une toque en breitschwanz de Rose Descat et manchon assorti de Revillon (photographie Horst).

 

 

J'ai choisi aujourd'hui pour vous des extraits un article de Vogue du mois de novembre 1935 présentant par une série d'illustrations toutes les grandes tendances de la mode de l'époque.

 

L'auteur commence par quelques réflexions sur la mode et l'application qu'en font les femmes qui la portent, faisant un parallèle amusant avec les sciences.

 

 

« Il y a la science pure et la science appliquée. Il y a de même la mode pure et la mode appliquée. La mode pure est une agréable abstraction proposée par les couturiers au jour des premières présentations. Les chroniqueuses de mode s'efforcent aussitôt d'en construire l'équation et de la réduire en théorème pour l'avenir.

« La mode appliquée, c'est votre choix, Madame. Vous laissez la science pure – c'est-à-dire la mode – au silence des chercheurs dans les laboratoires – c'est-à-dire les ateliers. Ce qui vous intéresse, c'est ce qui vous va, c'est ce qui vous exprimera, vous, au mieux, dans telle occasion donnée. Sitôt la rentrée, vous venez faire votre choix chez votre ou vos couturiers favoris. Votre commande, c'est une collaboration, parce que la sélection de votre goût élimine, discrimine, néglige ou porte aux nues, telle ou telle des créations offertes. Le créateur proposait, vous disposez.

« La mode portée, la mode vivante se dessine alors. Certaines tentatives tombent, des étrangetés s'adoucissent, d'autres au contraires sont adoptées, surprennent, puis deviennent, sous le parrainage du prestige et du goût, l'élément même de la mode. Il n'y a donc pas qu'un tri, il y a entente, il y a encouragement à poursuivre une direction parfois seulement ébauchée. »

 

 

« On prouve le mouvement en marchant et la mode en la portant. Quand vous la portez, un goût inné vous fait choisir le juste accessoire, l'exacte couleur des gants et le chapeau qui fait une toilette. »

 

 

Demi-chapeau Rebours. D'une ligne très élégante, cette toque en velours noir est en forme de visière surmontée d'un drapé en hauteur. Gilet en velours, plat devant et bordé de chaque côté d'un volant très fourni. Bracelet en or de Boucheron (photographie Horst).

 

 

 

ENSEMBLES DE SPORT : "variés, gais et confortables"

 

« Pour les costumes de sport, chaque femme choisit sa tenue en combinant le confort pratique et la fantaisie. »

 

A gauche : Tailleur Mainbocher à jaquette droite, cintrée, sans ceinture et bien boutonnée, quadrillée dans un ton bourgogne foncé, la jupe étant unie. A droite : Assemblées en coloris raffinés, une jupe marron, une collerette verte aigue-marine, et une écharpe rose.

 

 

A gauche : Manteau de Lelong mordoré, coupé largement, manches raglan. Une ceinture de daim marque la taille. Au milieu : Du gros pied-de-poule jaune et marron compose ce costume Lanvin. La cape avec capuchon est parfaite pour l'activité matinale. A droite : Tailleur Worth. La jupe-culotte pour les sports actifs.

 

Ensemble de sport en jersey gauffré marron. Jaquette trois-quart.

 

 

 

LE MATIN A PARIS

 

A gauche : Deux-pièces de Rochas en lainage noir, fermé de petites clés blanches. Sur les côtés un dessin de soutache blanche trace la silhouette d'une ferrure de serrure ancienne. A droite : Manteau Maggy Rouff de drap noir garni de brandebourgs également en astrakan.

 

 

 

A gauche : Costume noir de Lelong garni de brandebourgs d'astrakan dessinant des barres horizontales. Au milieu : Modèle de Piguet, plus habillé, se compose d'une jaquette droite, cloquée de satin noir, vague dans le dos, sur une robe de lainage. C'est le contraste entre le tissu lisse et le tissu cloqué, entre mat et brillant qui fait le raffinement de cet ensemble aux lignes simples. A droite : Tailleur noir de Lanvin à la jaquette de forme un peu sac. Fourrure au col haut, aux poches et aux pattes d'épaule qui donnent une allure très nette.

 

 

Un autre modèle de Lanvin, plus doux. Le devant et les poches sont bordés d'astrakan noir dans une ligne sinueuse.

 

 

 

LES ELEGANCES DE L'APRES-MIDI

 

« Elles seront très habillées l'après-midi, nos élégantes, mais elles le seront avec une grande diversité. Telle préfère par-dessus tout la sobriété des lignes et des matières, laissant au contraste des tissus le soin de la défendre de la monotonie. Par contre, telle ose d'être élégante avec certain fracas de somptuosité. »

 

A gauche : Ensemble de Molyneux. La cape de lainage noir est doublée de satin gaufré noir. Un oiseau noir s'est posé sur son chapeau avec les ailes encore ouvertes. A droite : Cape de Lelong en astrakan. Elle est entièrement faite de bandes d'astrakan séparées par des biais de satin noir, ce qui lui donne une grande souplesse en même temps qu'un dessin discret.

 

A gauche : Ensemble de Schiaparelli composé d'une robe d'ottoman noir, complétée d'une plaquette de taffetas lamé rayé bleu-vert-rouge-or, à manches exubérantes. Sur le chapeau deux paradis enflammés la prolongent bien haut. A droite : Manteau de Schiaparelli que du renard argenté alourdit sur l'écharpe, sur la crinière de son casque à la romaine et même sur les gants. .

 

A gauche : Ensemble de Molyneux en velours marron doré, manteau vague et court, manchon et chapeau de martre, gros chrysanthème de taffetas au décolleté. Au milieu : Manteau noir de Paquin sur lequel des renards argentés sont posés de façon nouvelle, projetant en avant à hauteur des genoux. A droite : Tailleur « Ritz » de Rochas, élégant et jeune. Il est en drap beige et noir et orné de renards argentés admirablement placés aux épaules. Quand on ouvre la jaquette, on aperçoit la blouse-chemisier en georgette beige plissée.

 

 

 

LES PETITS ET GRANDS SOIRS

 

« Les robes qui se portent entre la nuit et le jour, ces robes pour le cinéma et les cocktails sont longues, jusqu'aux pieds et comportent des manches. »
 

 

A gauche : Robe de Mainbocher, en velours de laine aubergine-grisâtre, complétée d'une cape ornée de singe teint. Au milieu :Robe smoking en drap blanc de Paquin. Comporte une petite jaquette à basque. Gros nœud de velours noir. A droite : Robe noire de Schiaparelli qui laisse voir d'étroits pantalons bleus.

 

 

« Petits soirs et dîners permettent à l'originalité de s'exprimer, l'heure ni la tenue n'étant cérémonieuses. »

A gauche : Une robe de Piguet, toute noire, un pan drapé par devant retenu à la taille dans une ceinture de lamé d'or. A droite : Robe smoking. Le modèle « Lys rouge » de Paquin. La jaquette est décorée de quatre boutons, la robe longue est en lamé de couleur et les revers passent sur la jaquette.

 

 

« D'autres robes de dîner hésitent entre le froncé et le drapé ou plutôt obtiennent des effets de drapé par des fronces joliment disposées. »

 

A gauche : Robe de Patou en velours noir, au décolleté carré. Au milieu : Modèle de Patou très étroit jusqu'au genou, puis qui va s'épanouissant dans le bas comme dans le haut : de grands pétales du tissu couvrent les épaules. A droite : Modèle de Lanvin souple et vague, bleu, avec de longues manches et un effet de capuchon rouge-bourgogne. Ceinture drapée laissant échapper un pan par devant.

 

 

 

BELLES LIGNES, BEAUX TISSUS

 

« Le manteau du soir est d'une grande importance et chaque fois fort caractéristique des tendances de la mode. Pour protéger la robe fragilement drapée, pour la dérober au froid et aux regards, ils doit l'envelopper parfaitement.

« Cette allure défensive est partout fort frappante : des manteaux sont taillés dans du drap d'officier, matière d'une solidité incomparable ; des capes tombent, en tissu ou en fourrure sans aucun ornement qui accrocherait l'oeil ou couperait la ligne. »

 

«Cet hiver, le plus souvent, il tombe aux pieds, qu'il soit cape ou manteau vrai. Mais le manteau plus court a aussi son utilité, surtout pour couvrir une robe de petit soir. »

 

 

A gauche : Manteau de Schiaparelli exécuté en velours bleu avec des manches bouffantes. Au milieu : Cape de Molyneux d'une simplicité monacale quant aux lignes, et dont le tissu, de velours brun-rouge doublé de lamé d'or en est somptueux. A droite : Manteau de Schiaparelli en drap militaire rouge.

 

 

 

« Quand on choisit une grande robe, la ligne du décolleté est un des points les plus importants, pour mettre en valeur avec une emphase dramatique la beauté du visage. Voici trois robes, et surtout trois décolletés :

 

A gauche : Modèle de Worth. Décolleté pointe en avant ; la nudité des épaules est accentuée par contraste par des sortes de demi-manches sur le bras. Au milieu : Robe Maggy Rouff à la ligne botticellienne, en lamé pastel découvrant largement les épaules. A droite : Robe de Jodelle en épais satin marron dont le dos paraît entièrement nu quand on enlève l'écharpe de même tissu qui se pose sur les épaules. Un rattrapé de tissu forme un très joli drapé au bas de la jupe dans le dos.

 

 

A gauche : Robe de Molyneux (une des plus typiques de son style). En velours bleu elle suit une ligne étroite et presque collante grâce à des fronces sur le côté. Dans les cheveux une aigrette jaillit d'une coque de ruban de velours bleu. A droite : Robe de Piguet, qui s'inspire de la ligne grecque dans un sentiment moderne. Un étonnant pan part du bout de la jupe et revient se draper sur le corsage, comme si la robe deux fois trop longue se repliait sur elle-même ; ce modèle est en satin rose pâle.

 

A gauche : Robe de Maggy Rouff, faite de deux pans de velours qui se croisent, dans des tons qui rappellent ceux des vitraux. A droite : Robe de Heim à manches longues, alourdie d'un pan doublé d'un ton de bleu plus clair que le reste. Ce pan, retenu à la taille, se prête à des transformations à vue. Il peut devenir écharpe ou étole et venir couvrir les épaules, ou tomber d'une ligne simple sur la jupe.

 

A gauche : Robe de Mainbocher en taffetas noir cloqué, qui dessine un pouf froncé dans le dos avant de s'achever en traîne. A droite : Robe grise de Schiaparelli qu'une tombante et souple écharpe jaune vient envelopper. Les manches longues sont d'allure un peu moyenâgeuse et la résille dorée accentue le caractère médiéval.

 

Robe de Jodelle en velours noir à grandes manches serrées au poignet. Le décolleté est adouci par un drapé de faille verte rayée.

 

 

 

CHAPEAUX

 

« Les nouveaux chapeaux ! Ils ont beau paraître extraordinaires à des yeux déshabitués de Paris, ils ont été reçus, les plus fous, les plus extravagants, par des cris d'admiration. Ils haussent la tête, comme il convient à son importance, de plumets ou de nœuds, ou laissent la chevelure, tout à coup libre derrière, défier le ciel."

 

Bonnet Maria Guy aigu en surah blanc qui montre très haut, serré par un nœud de velours rubis foncé.

 

Bonnet Maria Guy de caracul noir dégageant le front, la voilette tombe droit devant sur le visage.

 

Pour accompagner ce chapeau Talbot minuscule de feutre, les cheveux sont enserrés d'une fine résille, également de feutre noir, et le visage est caché sous une voilette faite des mêmes légers fils.

 

Talbot. Béret Renaissance, à la visière très large, projetant sur l'oeil.

 

Rose Descat. Effet de visière carrée.

 

Chapeau à bord Rose Descat, relevé d'un côté. Tout le tour est martelé et gaufré comme par les empreintes digitales d'un potier sur l'argile.

 

 

 

Petit bonnet Rose Descat de breitschwanz noir bordé d'antilope, qu'une voilette un peu raide agrémente de deux coques (photographie Pottier).

 

 

 

Source : Vogue Paris, novembre 1935 via Gallica

 

 

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5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 14:16

 

 

Photo Andre de Dienes 1949

Sukhasana, ou tailleur - 1949 - photo Andre de Dienes

 

Marilyn Monroe fut l'une des premières célébrités à pratiquer le yoga et à le faire savoir. C'était assurément l'un de ses secrets de beauté, car elle prenait soin de faire de l'exercice physique, dont du yoga, tous les jours pour entretenir sa plastique naturelle.
 

 

Photo John Kobal 1948

1948 - photo John Kobal

 

Maintenant, êtes-vous prêt pour un petit cours de yoga avec Marilyn ? Elle présente parfois quelques variantes des postures de yoga dans les photos suivantes, mais vous trouverez en légende l'asana qui s'y rapporte et un lien que vous pourrez visiter, si l'envie de tester le yoga vous tente.

 

1948 - photo John Kobal

 

1948 - photo John Kobal

 

Sarvangasana, ou Chandelle - 1948 - photo John Kobal

 

1949 - photo Andre de Dienes

 

Halasana, ou charrue - 1948 - photo John Kobal

 

1953 - photo Andre de Dienes

 

Jathara Parivartasana, ou posture du ventre en torsion - 1953 - photo Andre de Dienes

 

Paschimottanasana, ou pince - 1948 - photo John Kobal

 

Navasana, ou bateau - 1948 - photo John Kobal

 

1948 - photo John Kobal

 

Dhanurasana, ou arc - 1948 - photo John Kobal

 

Sirsasana, ou posture sur la tête - 1951 - photo Gene Lester ou Laszlo Willinger

 

1951 - photo Joe Shere ou Dave Cicero

 

Adho Mukha Vrksasana, ou équilibre bras tendu

1952 - photo Philippe Halsman pour LIFE magazine / Magnum Photos

 

Bhujangasana, ou cobra - 1951 - photo Gene Lester ou Laszlo Willinger

 

 

 

Sources :

Vanity Fair : Marilyn Monroe, la reine du yoga (photos Getty Images)

Divine Marilyn : 1953 Bel Air Hotel Session Gym - Marilyn par De Dienes

Divine Marilyn : 1951 Marilyn à la plage

Divine Marilyn : 1951 Marilyn dans l'herbe et le sable

Yoga will save the world : A Yogi Bombshell

Global Yoga Hub : Marilyn Monroe was a yogi too

MailOnLine : Gentlemen prefer body-builders !

 

 

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Published by Cameline - dans Femmes
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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 21:20

 

 

 

 

C'est en visitant un de mes sites préférés, La boîte verte, que j'ai découvert les dessins de Frédéric Forest. Epurés à l'extrême, minimalistes, ce sont quelques lignes noires, exprimant précisément l'essence même de la féminité, rendant aussi bien les formes que le mouvement.

 

 

 

 

Frédéric Forest est un illustrateur et designer français. Après avoir accumulé les expériences professionnelles, notamment auprès de marques prestigieuses telles que Cartier, Adidas, Hermès, et Ligne Roset,  il a cofondé son propre studio de design à Paris, Studio First.

 

 

 

 

Le soir, après son travail de designer, Frédéric Forest aime dessiner au calme, pour le plaisir, recommençant encore et encore jusqu'à capturer la ligne parfaite.

Voici une sélection de quelques unes des études qu'il nous livre sur Instagram, où vous pourrez admirer un large aperçu de son travail.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 21:25

 

Yves Saint Laurent, 1964. Maurice Hogenboom.

 

Il y a 80 ans exactement, le 1er août 1936, naissait Yves Saint Laurent à Oran, en Algérie. « Oran, ville cosmopolite avec des gens de partout et d'ailleurs, une ville étincelante dans un patchwork de couleurs sous le soleil de l'Afrique du Nord. »*. 

 

C'est pour cette fois-ci un article bref, quelques instantanés de la carrière de ce grand couturier pour lui rendre hommage.

 

Photo Jean-Régis Roustan / Roger-Viollet

 

Yves Saint Laurent en 1987. Reuters.

 

Yves Saint Laurent, collection haute couture printemps-été 1988 © Fondation Pierre Bergé ­ Yves Saint Laurent

 

 

Robe "Mondrian" 1965. Peter Knapp

 

 

Hommage à Yves Saint Laurent par Stampaprint

 

 

Sources :

Yves Saint Laurent, catalogue d'exposition présentée en 2010, par Florence Müller et Farid Chenoune, Editions de la Martinière

* Yves Saint-Laurent, manuscrit, 1983

 

Pour en savoir plus :

 

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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 21:47

 

La justice armée - Le Secret des Secrets

 

Lors de mes explorations des trésors de Gallica, mon attention a été captée par les enluminures d'un manuscrit rassemblant deux textes : Le Secret des Secrets, suivi du Bréviaire des Nobles. La précision et la finesse du trait, les couleurs vives demeurées intactes, dépeignent des visages d'un autre temps, témoignant d'autres quotidiens : coiffures, vêtements, décors et mobiliers d'un autre âge.

 

 

Après quelques recherches, j'ai découvert que ce manuscrit de la fin du Moyen Age, est une sorte de manuel de morale aristocratique. Il traite de l'art de bien gouverner et de bien se gouverner. Composé dans les années 1420 par Alain Chartier, poète, diplomate, orateur et écrivain politique, il est illustré par l'enlumineur Jean Poyer.

 

Le premier titre de ce recueil reprend un texte célèbre au Moyen Age : Le secret des secrets, dit du Pseudo Aristote. Il s'agit d'un traité de morale et d'hygiène, sous la forme de conseils écrits par Aristote pour son disciple l'empereur Alexandre.

 

C'est le livre du gouvernement des rois et des princes appelé le Secret des Secrets.

Lequel fit Aristote et l'envoya a l'empereur Alexandre.

 

S'ensuit le bréviaire des nobles ...

 

Ce texte est suivi d'un poème, le Bréviaire des nobles. Alain Chartier y présente sa conception de l'idéal chevaleresque. Le manuscrit connut un grand succès aux XVe et XVIe siècles, et les gentilshommes se devaient de l'apprendre par cœur.

 

La noblesse

Pour entendre comme sont nobles faitz,

Douze vertuz monstrent cy leur affaire,

Doncques qui veult estre noble parfaiz

Ses heures die en cestuy breviaire.

 

Au nom de la Noblesse elle-même s'adressant aux gentilshommes, le poème décrit sous forme de ballades illustrées les douze vertus sans lesquelles il n'y a pas de vraie noblesse, du point de vue de son auteur : Foi, Loyauté, Honneur, Droiture, Prouesse, Amour, Courtoisie, Diligence, Netteté, Largesse, Sobriété et Persévérance.

 

Foi

 

Povre et riche meurt en corrupcion,

Noble et commun doivent à Dieu service ;

Mais les nobles ont exaltacion

Pour Foy garder et pour vivre en justice.

 

Loyauté

 

En Noblesse sont les droiz contenuz

De loyauté ou ceulx doivent entendre,

Qui ces deux poins ont par cueur retenuz :

Servir leur roy et leurs subgez deffendre.

 

Honneur

 

Hault honneur est le tresor de Noblesse,

Son espargne, sa privee richesse,

Et ce que cueur noble doit desirer :

Son seur conduit*, saguide et son adresse,

Son reconfort, son plaisir, sa liesse,

Et le mirouer ou il doit se mirer.

(* sauf-conduit)

 

Droiture

 

Raison, equité, mesure,

Loy, Droiture

Font les puissans hommes durer.

Et honneste nourriture,

Par nature,

Fait bon cueur amesurer

Et tout meffait forjurer,

Et jurer.

 

Prouesse

 

D'oultrage mort celui qui vit par oultrage

Raison le veult et Dieu le nous témoigne.

Donc doit armmer homme de haut lignage.

Honneste mort plus que  vivre en vergoigne.

 

Amour

 

C'est l'enseigne du haut cueur honnorable.

Qui de ce fait ad ce qu'il ayme part

C'est la bonté qui soi mesmes espart

Et qui acquiert aucun bien pour le sien

Haine porte le feu dont elle sait

Qui n'a Amour et amis il n'a rien.

 

Courtoisie

 

Car la noblesce s'estaint

Des que la vie est honteuse,

Et langue oultrageuse,

Pensee envieuse

Et main perilleuse

Font homme estourdis

En faiz et en diz.

 

Diligence

 

Que vault homme qui muse et se pourmaine,

Et veult avoir mol lit et pance plaine,

Et demourer a repos et a couvert,

Et passe temps sepmaine après sepmaine,

Et ne lui chaut en quel point tout se maine,

Qui soit perdu ne qui soit recouvert,

Qui veult qu'on soit davant luy descouvert,

Et qu'on die qu'il est noble à merveille.

Mais qui noble est, il appert de quoy sert

Diligence qui les vertuz esveille.

 

Netteté

 

S'il pense bien et advise,

Et sur soy mesmes regarde,

Celuy ou tous prennent garde.

Laid parler et trop mesdire

Sont une vile devise

Sur homme ou chascun se mire

Et ou tout le monde vise.

Honnesteté est requise

Pour tenir en sauvegarde

Celui ou tous prennent garde.

Par netteté et courtoisie,

D'ordure se contregarde

Celui ou tous prennent garde.

 

 

Largesse

Seule cette vertu, pour une raison inconnue, n'est pas illustrée.

 

Riche qui laisse honneur pour les despens,

Tout bien lui faille et son honneur lui fonde.

A Largesse voit on le cueur des gens ;

C'est l'enseigne des vertuz en ce monde.

 

Sobriété

 

De faire exces ne peut il bien venir.

Ne courss ne los* n'en peut estre meilleur ;

Ains en pert on manière contenir,

Voix alaine legierté et couleur.

Et tousjours a gloton quelque douleur,

Et est pesant, replet, et gras et ort**.

Sa vie abrege et approche sa mort.

Nul n'en a deuil, homme ne le regrette.

(*louange)

(**sale)

 

Persévérance

 

Excellante haulte vertu divine

qui tout parfait, accomplit et termine,

Royne puissante, Dame Perseverance,

Cil qui retient ta loyale doctrine,

Sans forvoyer le droit sentier chemine

De los, de pris, de paix, de suffisance,

Car tu vains tout par ta ferme constance.

 

Sources :

Le secret des secrets suivi du Bréviaire des nobles - Gallica

Une mise en image du discours moral à la fin du Moyen Age : le cas du manuscrit du Secret des secrets et du Bréviaire des nobles enluminé par Jean Poyer, de Pascale Charron, 2013 - pdf

Lectures françaises de la fin du Moyen Age, de Frédéric Duval, éd. Librairie Droz, 2007

Article de Wikipédia Le bréviaire des nobles

De la lecture des livres françois, par Marc Antoine René de Voyer Argenson, André Guillaume Contant d'Orville, Contaht d'Orville André Guillaume, éd. Moutard, 1780

 

 

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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 11:32

 

Petite parenthèse dans mes articles, pour vous signaler que la messagerie liée au blog ne fonctionnait pas depuis un mois. J'ai réglé le problème mais n'ai pu recevoir les éventuels messages laissés depuis. Si vous êtes concerné, n'hésitez pas à me renvoyer un message !

 

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23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 12:27

 

 

 

Joseph Vassal était un médecin français qui, spécialiste des maladies tropicales travailla dans de nombreuses colonies. Son épouse, l'anglaise Gabrielle Maud Candler, l'accompagnait à chaque voyage : Vietnam, Afrique équatoriale, Réunion, Philippines. N'ayant pas d'enfant, elle avait entre autres pour occupations l'écriture et la photographie. Leurs photographies représentent aujourd'hui un témoignage unique, dont voici une petite sélection.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A l'arrière plan, Gabrielle Vassal sur un cheval

 

Sources des images : Gallica, bibliothèque numérique de la BNF, département Société de Géographie

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30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 17:45

Durant la première moitié des années vingt, l'écharpe est une pièce maîtresse de la mode féminine, capable d'apporter du style aux toilettes les plus simples, celui des Années folles.

Se prêtant à toutes les occasions et s'accordant à toutes les tenues, elle offre des possibilités infinies : l'écharpe féminise la silhouette à la manière d'un bijou, et transforme rapidement les robes sobres des années d'après-guerre, apportant fantaisie, élégance ou sophistication.

Souple et fluide, de mousseline, soie, tulle, velours ou laine, plus ou moins longue et large, à franges ou à pompons, elle va du "simple voile léger et vaporeux" à la "bande de lainage épais et moelleux", en passant par la gamme de soieries de Chine. Elle peut être "lamée d'or ou d'argent, brochée unie, peinte ou brodée de perles, d'oiseaux, de fleurs, de personnages, garnie de singe ou de plumes d'autruche, terminée de pompons ou de glands."(1)

Toutes les fantaisies sont donc permises, tant dans la façon de les draper que dans ses coloris. Simple accessoire ou composante du vêtement, elle permet ainsi d'obtenir les effets les plus inattendus. "Tout un jeu savant d'écharpes molles et vaporeuses flotte et s'enroule autour des robes"(2).

"L'écharpe n'est qu'un ornement, mais cet ornement sert à tout. (…) On s'en servira comme bon semblera, pourvu qu'on s'en serve. Ainsi veut la mode" (1). "Le développement de l'écharpe est tel", peut-on lire en 1924, "qu'il semble que les robes qui en sont dépourvues soient incomplètes"(3).

 

 

 

Pour toutes les occasions : de multiples façons porter l'écharpe.

 

L'écharpe est "de tout âge, s'adapte à toutes circonstances, et convient aussi bien à la toilette la plus sévère (pour celles qui sont en deuil, par exemple) qu'à la somptueuse robe du soir"(4). "Elle sera bonne pour la ville et la soirée, le bal, la promenade et la ruelle, pour l'intérieur ou le grand air"(1), ainsi que pour le sport.

Sa souplesse lui permet toutes les interprétations : nouée en ceinture autour de la taille, en coiffure, jetée sur les épaules, les extrémités flottant sur les bras, enroulée autour du cou, un pan recouvrant la tête, blouse improvisée au besoin (1). Le soir, c'est "une fantaisie légère destinée seulement à nimber les épaules ; deux ailes transparentes gracieusement enroulées autour des bras ou descendant des épaules jusqu'à terre"(4).

Les écharpes apportent les couleurs qui manquent aux robes sombres ou neutres si fréquentes les années d'après-guerre, d'abord par petites touches timides de couleur, "soufre, citron, vert poison, rouille ou cornaline" (1), avant d'oser les couleurs vives, l'or ou l'argent.

Mais le comble de l'élégance est d'harmoniser l'écharpe à la teinte de la robe, à moins l'on ne préfère jouer le contraste, avec une écharpe noire ou colorée sur une robe blanche.

 

Nouée en ceinture autour de la taille.

 

 

 

 

 


Sur les épaules.

 

 

 

 

Autour du cou.

 

 

 

 

 

 

 

 

Composante à part entière de la robe.

 

De plus en plus, les couturiers donnent l'impression de mêler cet accessoire au vêtement, l'insérant aux pans d'une robe, ou la laissant retomber en drapé sur le côté. A partir d'un simple fuseau, ou autre modèle de base, ils créent une infinité de variantes en utilisant de longs rubans de tissus, écharpes improvisées qui viennent s'enrouler autour de robes du soir, simplement nouées, ou retenues par des boucles d'argent.

Selon le mouvement du drapé, l'écharpe se fait ainsi traîne, manche, ou long pan sur le côté, drapé retombant en cascade. Parfois elle s'enroule tant de fois autour du corps qu'elle semble entièrement constituer la robe.

 

L'écharpe forme une sorte de petite manche d'un seul côté (Jenny, 1922)

 

Une écharpe de mousseline de soie verte s'enroule sur un fourreau de satin blanc. Elle tourne autour de la taille, monte dans le dos, couvrant une épaule, passe sous la ceinture, et enroule la jupe dans un drapé qui revient à la taille, avant de finir en longue traîne (1922).

 

Sur ce fourreau en drap d'argent, l'effet d'écharpe est extrêmement simple. C'est ici une bande étroite de velours bleu retenue sur les épaules par des boutons d'argent, à la taille par des boucles d'argent et qui retombe en biais de chaque côté de la jupe, formant de longues pointes doublées de mousseline de soie du même gris que le drap du foureau (1922).

 

Cette écharpe de mousseline met une importante note de couleur sur le crêpe de satin noir. Elle part de l'épaule gauche, entoure le bras dans un effet de manche, traverse le dos, réapparaît sur l'épaule droite descendant jusqu'à la ceinture où elle est retenue par un motif. De là, elle forme devant la jupe un drapé qui tombe en cascade du côté gauche. L'écharpe ici fait toute la robe (1922).

 

 

 

 

 

 

 

 

Coiffure : en turban le soir, en bonnet pour le sport ou l'auto, en ornement sur un chapeau.

 

 

 

 

 

 

 

 

Des utilités pratiques de l'écharpe.

 

Une écharpe accessoire peut également rafraîchir une robe trop portée ou désormais désuette. Ainsi, "on la place sur une robe quelque peu usagée, de manière à recouvrir les parties défraîchies et à renouveler ainsi l'apparence de la toilette". Ou bien, "montée à plat sur l'encolure, comme un empiècement, elle déguisera les traces d'usure plus visibles à cet endroit" (4). Ou encore, "nouée autour des hanches d'une robe trop étroite, elle dissimulera ce manque d'ampleur" (4).

 

Voici de gauche à droite trois manières de rénover une robe à l'aide de l'écharpe (1924) :

1. Sur un fourreau de satin noir dont l'éclat est quelque peu terni, on posera une bande de crêpe Georgette noir, taillée en biais à ses deux extrémités pour former la cape et le tablier à godets en forme. Ce modèle est presque entièrement voilé par le crêpe dont les deux extrémités s'élargissent en godets, alors que dans le centre de l'écharpe est taillé un orifice suffisant pour laisser passer la tête et former le décolleté.

2. Ce sont trois bandes de tulle de même teinte allant du plus clair au plus foncé (du mauve clair au violet, ou du beige au brun foncé), qui donnent du relief à une robe de crêpe satin de couleur trop sombre. Un ornement fantaisie fixe le tulle sur l'une des épaules, laissant les deux extrémités mobiles s'enrouler à volonté autour du cou et des bras.

3. L'écharpe de tulle est disposée à la manière d'un empiècement et retombe de chaque côté en panneaux flottants, qui s'enroulent aux épaules. On peut à volonté laisser pendre l'écharpe en une double traîne comme ci-dessus, ou la relever de façon à voiler le décolleté (voir l'image suivante). L'un des côtés, sinon les deux, peut s'enrouler autour du bras et du cou, à la manière de l'exemple-dessous.

Sur le modèle du troisième exemple de l'image précédente, une écharpe est ajoutée à une robe de satin, sous forme d'une bande de tulle montée à jour au bord du décolleté et s'enroulant autour des bras (1924).

 

Une écharpe de mousseline est bordée tout au long d'une étroite bande perlée qui la fixe à la robe de satin, en partant du devant, contourne les épaules, travere le dos, et revient ensuite voiler le bras gauche et longer la robe jusqu'au bas (1924).

 

Ce modèle très simple de robe en crêpe marocain noir est renouvelé par une écharpe de Georgette écaille ou du même tissu, posée sur les épaules et fendue en partie, recouvrant la robe d'une cape flottante dans le dos, tandis que les deux sections du devant sont nouées ensemble comme s'il s'agissait d'une écharpe ordinaire faisant le tour du cou.

 

 

 

Sources :

(1) 1920 La gazette du bon ton "Vite ! Une écharpe"

(2) 1922 Vogue "Recréons la féérie des couleurs joyeuses"

(3) 1924 Vogue "Vite, une écharpe"

(4) 1924, Vogue "Des diverses interprétations de l'écharpe"

 

Illustrations :

Revues anciennes de mode sur Gallica : "Vogue" (1922, 1924), 'La Gazette du Bon ton" (1920), "Art, goût, beauté, feuillets de l'élégance féminine" (1924, 1925)

Pour les autres, la source s'affiche en cliquant sur l'image.

 

Boutiques d'écharpes et foulards :

Echarpe et foulard

Princesse Foulard

 

 

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Published by Cameline - dans Les années folles
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