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Les blogs 2016 qui inspirent les femmes actives
3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 07:55

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6 août 1904 : parution du second numéro de "L'art d'être jolie".


Après le succès du premier numéro, les articles présentés dans ce fascicule vont aborder de nouveaux thèmes.

 

Les lectrices apprendront à être gracieuses, au-delà de leur "joliesse", à harmoniser leurs gestes comme pour une danse, fléchissant un bras quand l'autre se tend, et autres conseils qui me font penser à des contorsions sophistiquées, tout en ayant l'air d'être naturelles !

 

Puis nous passons directement de la grâce aux points noirs ... Après une description digne d'un cauchemar, viennent les explications, comparant le sébum à de la brillantine. Ensuite sont citées les mauvaises habitudes à ne pas prendre, tels les collégiens qui "se tirent les vers du nez", ainsi que quelques conseils pratiques.

 

Le troisième article nous parle des mains et des moyens de les garder "fines et blanches", avec une introduction quasi érotique. On y découvrira si notre main dispose de dimensions convenables pour être jolie, ou non ... Mais rassurez-vous, même si vous apprenez que vos mains n'auraient pas été bien considérées par Mme de Pougy, vous pourrez tout de même tester des recettes qui sont sensées les embellir. Suivant ces conseils, oserez-vous vous laver les mains à "l'eau de pluie, légèrement chauffée" ? Par contre, en tant que bonne infirmière, je tenterai évidemment de vous dissuader de n'utiliser le savon qu'une fois par jour ...

 

L'article suivant aborde un sujet qui obsède notre société actuelle : le surpoids. A la différence qu'alors, on faisait la différence entre un embonpoint qui pouvait avoir de charmants attraits, et une obésité. Cette dernière est appelée "le mal" à plusieurs reprises, et on peut alors s'interroger sur l'approche actuelle de tout surpoids : n'est-elle pas la même, sans oser utiliser ce mot ? Mais ici, même l'obésité ne paraît cependant pas une fatalité. Et des solutions sont là aussi proposées, la plupart bien plus raisonnables d'ailleurs que celles qu'offrent nombre de magazines d'aujourd'hui. A ces conseils toutefois, je mettrai un bon bémol concernant les boissons, pour inciter plutôt à boire de l'eau selon sa soif.

 

Et pour finir, je vous laisserai découvrir le récit de "la toilette d'une jolie romaine".

 

Côté illustration, en exemple de beauté féminine, c'est un portrait de Marcelle Lender qui figure dans les premières pages : chanteuse et danseuse parisienne, elle fut immortalisée par les peintures de Toulouse-Lautrec  (ci -dessous : Marcelle Lender dansant le boléro).

 

 

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Je vous souhaite maintenant une bonne lecture.

 

La grâce, mélodie des gestes :

 

Etre belle, être jolie, être gracieuse ! Autant de termes différents de l'esthétique féminine.

La beauté est une question d'architecture, de sculpture, de plastique, d'avantages naturels.

La joliesse est une question d'originalité personnelle, d'agréments, souvent imprévus.

La grâce, elle, est une réunion de mouvements harmonieux, aisés, rythmiques, imprévus aussi quelquefois, une mélodie.

On se fatigue vite d'une pure et froide beauté. On peut s'oublier un moment dans la contemplation d'une jolie femme. Mais une femme gracieuse enchante davantage. La beauté frappe, la joliesse charme, la grâce fait mieux : elle retient.

Il suffit d'un geste pour montrer sa grâce, mais voyez tout ce qu'il y a dans ce geste, tout ce qui s'harmonise en lui.

Si le buste a fléchi, en même temps la poitrine s'est soulevée, la tête s'est penchée, les lèvres ont souri, les muscles des joues se sont contractés, les narines ont frémi, les yeux ont brillé.

 

L'art d'être gracieuse :


Trois grands principes : l'aisance, la variété et le rythme.

Mais l'aisance a des ennemis : c'est l'embonpoint qui alourdit les mouvements, la maigreur qui les exagère, la timidité qui les rend hésitants, la nonchalance qui les ralentit, la brusquerie qui les heurte, l'afféterie qui les rend maniérés.

La variété aussi est nécessaire. La monotonie d'un même mouvement est incompatible avec la grâce : elle fatigue vite.

Cette variété a lieu par oppositions. Si une jambe se raidit, l'autre s'infléchira, si un bras s'allonge, l'autre se repliera. Et le rythme, un rythme doux, coordonne ces mouvements, les fait jouer ensemble ou se succéder.

Surveillez-vous donc pour devenir gracieuse et surtout pour le rester. Les attitudes n'ont véritablement de grâce que lorsqu'elles sont bien naturelles.

Et, tandis que les mouvements du corps sont gracieux, les traits du visage eux aussi prennent une harmonie charmante. L'oeil jette un éclat brillant qui dit l'intelligence. La bonté du coeur donne à la bouche un pli significatif. La glace devient un reflet des qualités morales, et mieux qu'un reflet, leur expression.

La femme a le don de mettre de la grâce dans tout.

Elle peut ne pas être belle ou ne l'être plus. Qu'importe, elle est gracieuse, elle se confère une prime d'assurance contre la perte de sa beauté.

 

 

Des importuns de la beauté : les points noirs

 

Ceux-là ne sont pas à l'horizon, mais beaucoup plus près, aux ailes du nez, au pli du menton, autour du front, derrière les oreilles, hôtes disgracieux.

Une délicate pression des ongles fait sortir de petits cylindres pâteux, blanc jaunâtre ou gris sale. Qu'est cela ? On dirait des vermisseaux ! Vite, une loupe ! Grand Dieu ! ils ont une tête noire ! Ils remuent peut-être ? ...

Rassurez-vous. Si on se permettait de presser ainsi votre joli nez, on n'en tirerait pas plus de vers que de lait.

Les petits points noirs qui vous effarouchent ne sont que de minuscules poussières qui se sont fixées dans les pores trop dilatés de votre peau. La matière blanchâtre qui les suit est la concrétion fournie par les petites glandes sébacées qui sont à la base de ces pores, sorte de brillantine naturelle du visage.

Pour faire disparaître ces importuns que la science a appelés solennellement "tannes" ou "comédons", il suffit de râcler adroitement la peau avec un coupe-papier d'ivoire, très mince. Evitez la pression des ongles, toujours irritante et même la clef de montre, classique chez les collégiens qui se tirent les vers du nez, non dans un but de coquetterie, mais pour rompre la monotonie des heures de classe.

Lavez ensuite légèrement la partie touchée à l'alcool pur ou à l'eau de Cologne, ou au savon à l'ichtyol et mettez un peu de pommade astringente au tanin.

Si ces points noirs sont en grand nombre, n'employez pas de moyens d'expulsion violente. Faites-les fondre en passant simplement sur la peau un peu d'éther ou d'eau oxygénée.

 

Recettes pratiques :

 

Deux lotions efficaces :

1 - Carbonate d'ammoniaque, 1 gramme. Ether, 30 grammes. Eau distillée, 70 grammes.

2 - Alcool à 90°, 80 grammes. Alcool de lavande, 10 grammes. Savon noir, 10 grammes. Acide salycilique, 1 gramme.

 

 

Pour garder vos mains fines et blanches

 

La belle main de Laure captiva mon coeur. Pétrarque.

 

Quoi de plus charmant qu'une main qui se dégante, qui sort toute blanche de sa gaine étroite ! Le gant a quelque chose de la robe qui tombe. Ne découvre-t-il pas la rondeur du poignet, la mollesse de la paume, le fuselé des doigts, le brillant des ongles, la blancheur de la peau sillonnée de fines veines bleues.

 

La main a une poésie intense. Instrument délicat du geste, elle possède un cachet particulier d'élégance, de finesse, de grâce. Si quelques femmes ont la main banale, commune, sotte même, chez combien d'autres, au contraire, elle est expressive, infiniment.

Plus que les yeux, miroirs décevants, les mains ont un langage, et par leurs mouvements, prestes ou lents, disent votre nature, racontent ce qui vous agite. 

"Quoi des mains ! disait Montaigne, mais, par elles, nous requérons, nous promettons, nous congédions, nous menaçons, nous prions, nous refusons, nous craignons, nous mandons, nous encourageons, nous jurons, nous accusons, nous flattons, nous applaudissons, nous bénissons."

Pour être jolie, la main doit être petite, ferme et douce à la fois, terminée par des doigts étroits, allongés, fuselés, allant en s'amoindrissant vers l'extrémité des phallanges. Le dessus de cette main sera potelé sans que les veines soient trop saillantes. Il y aura de petits creux au-dessus de chaque doigt, quand elle s'ouvrira ; de légères saillies, quand elle se fermera.

Le pouce ne dépassera pas, en longueur, l'articulation moyenne de l'index. Celui-ci, étendu, arrivera juste au-dessous de l'ongle du médium. L'annulaire viendra à moitié de cet ongle et le petit doigt atteindra l'articulation de la dernière phalange de l'annulaire.

 

Il faut aux mains une hygiène.

Dans l'ancien temps où le baise-main, charmant, était en usage, plus qu'aujourd'hui, les belles soignaient leurs mains comme des bijoux et possédaient mille recettes.

Toutes les femmes, avec un peu de soins, simples d'ailleurs, peuvent arriver à garder leurs mains jolies, à moins que leurs occupations les meurtrissent spécialement. Dans ce cas même, bien des remèdes sont à leur portée.

Celles qui vaquent aux soins de leur ménage mettront à ces heures-là de vieux gants protecteurs.

Qu'aucune ne commette l'imprudence de sortir sans gants. L'air est l'ennemi cruel des mains blanches.

Les veines trop grosses sont disgracieuses. Sans aller, comme certaines Espagnoles, jusqu'à dormir les mains attachées aux colonnes du lit, évitez d'être serrées aux poignets et sous les bras. N'ayez pas de gants étroits.

 

L'art de se laver les mains.

Il est bon de le faire plusieurs fois par jour. N'oubliez pas, en effet, que la main qui touche à mille objets est le continuel véhicule de nombreuses poussières.

Une règle générale : évitez l'eau trop froide, de même aussi que l'eau trop chaude. Les gerçures viendraient vite. De préférence, employez l'eau tiède, bouillie si possible.  L'idéal serait de l'eau de pluie, légèrement chauffée.

Pour la toilette du matin, et pour celle-là seulement, usez de savon. Son trop fréquent emploi irriterait vite votre peau. Servez-vous des savons les plus simples, les plus naturels, en ajoutant à l'eau un peu de bicarbonate ou de borate de soude. Parfumez-vous même d'un soupçon de benjoin.

A ce premier lavage, employez, s'il y a lieu, la brosse et la pierre ponce.

Essuyez vos mains et frictionnez-les aussitôt avec un peu de glycérine ou de glycérolé d'amidon, afin que leur peau, encore humide, ne prenne pas contact avec l'air.

Si vos mains sont naturellement rugueuses, au lieu d'eau ordinaire, servez-vous d'eau de son, d'eau de laitue, d'eau de mauve, adoucissante.

Cinq ou six fois, en moyenne, au cours de la journée, notamment avant et surtout après les repas, lavez-vous encore les mains, mais sans savon. Frottez-les simplement d'un zeste de citron ou de vaseline et passez-les ensuite à l'eau tiède.

Si elles ont quelques taches plus rebelles, frottez-les légèrement avec un tampon de ouate hydrophile imbibée d'acide acétique. Passez-les ensuite dans un peu d'eau savonneuse et essuyez avec une serviette-éponge.

Si, en raison de vos occupations, vos mains sont souvent mouillées, ayez recours fréquemment à des substances grasses. Contre les fatigues qui abîment les mains, certaines applications très simples, pendant la nuit, font oeuvre réparatrice.

 

Les gants de nuit.

L'usage des gants portés la nuit est aussi très efficace. Tenant les mains hors de l'air et de la lumière, ils accentuent leur blancheur. Ils peuvent être, en outre, remplis de quelque mélange adoucissant, qui, durant les longues heures du sommeil, fait son effet.

Mais n'allez pas trop loin : ne faites pas, pour avoir de jolies mains, comme ces belles du XVIIIe siècle qui évitaient de les fermer, afin de n'y point avoir de rides.

 

Recettes pratiques :

 

Pour affiner les mains abîmées par le travail : Pilez 125 grammes d'amandes douces avec 3 jaunes d'oeufs bien frais. Détrempez dans 2 décilitres de lait. Faites cuire jusqu'à consistance et mettez en application le soir sur les mains ;

ou encore, appliquez de même le mélange suivant : Amandes amères, 350 grammes. Farine de riz, 250 grammes. Carbonate de soude, 20 grammes. Essence de bergamote, 10 grammes.

 

Lotion contre les mains rugueuses : Vinaigre de vin, 60 grammes. Alcool à 90°, 30 grammes. Eau de roses, 30 grammes. Jus de citron, 40 grammes.

 

Pour blanchir les mains : Trempez-les dans de l'eau où vous aurez délayé quelques pincées de la poudre suivante : Farine de marrons d'Inde, 400 grammes. Farine d'amandes amères, 360 grammes. Poudre de riz, 30 grammes. Carbonate de potasse, 7 grammes. Essence de bergamote, 4 grammes ;

ou mettez en application la pommade suivante : Pommade de concombres, 100 grammes. Oxyde de zinc, 10 grammes.

 

Mélange adoucissant pour gants de nuit : Battez un jaune d'oeuf très frais dans une cuillère à soupe d'hule d'amandes douces. Ajoutez 8 grammes d'eau de roses et 4 grammes de teinture de benjoin.

 

 

Comment combattre l'obésité :

 

Le limaçon nuit à la rose, le ver à la pomme, le nuage au soleil, l'obésité à la jeune femme. Proverbe persan.

 

L'obésité n'est pas l'embonpoint. Celui-ci a ses avantages, donnant au corps féminin plus de modelé dans les contours, plus de fraîcheur dans la carnation, rendant plus voluptueux les appas.

Mais que cet embonpoint ne prenne pas trop d'extension, car alors la fâcheuse obésité arrive, défigurant les traits, alourdissant les mouvements, troublant la santé générale.

Il est de charmantes grosses dames, mais il n'est pas de grosses dames heureuses. La graisse envahissante est, en effet, la ruine de la beauté et du charme de vivre.

 

Pourquoi grossit-on ?

C'est affaire de tempérament parfois. Des jeunes filles jusqu'à dix-neuf ans très sveltes, nées de parents de constitution normale, prennent à leur majorité un embonpoint vite débordant. Leur existence est pourtant bien réglée, leurs exercices fréquents, leur alimentation modérée. Mais chez elles, par suite de quelque lésion organique, la nutrition se fait mal, les tissus adipeux s'épaississent naturellement, sous l'infiltration trop grande des aliments. La graisse s'accumule dans certaines parties du corps, sous les bras, aux plis du ventre, autour des seins, au bas du visage. Les membres alourdis se fatiguent et redoutent une activité qui serait pourtant salutaire. Pour un rien, elles sont essoufflées et le coeur s'en ressent. L'intelligence elle-même devient indolente.

Ce phénomène ne se produit parfois que sur le tard, après la maternité. Des femmes, de taille ordinaire jusqu'à quarante ans, deviennent tout à coup obèses et, chez elles, trop peu ingambes pour lutter en prenant beaucoup de mouvement, le mal ne fait qu'empirer.

Il arrive aussi - et c'est le cas le plus fréquent - que cet envahissement des tissus par la graisse ait des causes plus immédiates, soit par une alimentation trop abondante, d'une qualité préjudiciable à la santé, soit une vie dénuée d'exercice, notamment de marche. Voyez les métiers sédentaires, les vendeuses des halles, par exemple : 75% sont obèses, quelquefois démesurément.

Ce mal dont les causes sont précises, n'est donc pas sans remède. Mais, avant toutes choses, rendez-vous bien compte de la raison de votre état. S'il vient de quelque lésion, de disposition organique, il faudra avant tout guérir celle-ci.

 

Un régime préventif.

Mieux vaut prévenir que guérir. Vous êtes charmante, mademoiselle, et votre taille est la plus belle du monde, mais sait-on jamais ce qu'il peut en advenir ? Pourquoi ne pas prendre quelques précautions générales, faciles ?

Elles consistent surtout à régler la vie : la nourriture, le sommeil et l'exercice seront normalement proportionnés. Pas d'inutile bonne chère, de surabondance de nourriture, introducteurs certains de la fâcheuse graisse. Beaucoup d'activité, c'est-à-dire d'exercice, notamment de marche et de sports donnant à l'organisme un mouvement suffisant pour équilibrer les recettes et les dépenses.

Mais que faire une fois que le mal existe ?

 

L'art de de faire maigrir.

Ne brusquez rien. Laissez toujours l'obésité disparaître graduellement, sans quoi la peau deviendrait flasque et ridée.

Jeûner est un moyen aussi violent qu'inutile, qui ne fait qu'épuiser la santé. On l'abandonne quand l'embonpoint diminue et tout est à recommencer ... car on mange alors de meilleur appétit.

Les marches forcées ne sont pas plus heureuses.  La fatigue excessive qu'elles donnent ouvre démesurément l'appétit. Il en est de même de l'équitation. L'appétit des officiers de cavalerie est légendaire. 

A quoi bon prendre de l'exercice si une sur-alimentation doit en être la conséquence ?

Plutôt que de chercher à accomplir quelque tour de force des muscles ou de l'estomac, mieux vaut les entraîner progressivement, les premiers à prendre beaucoup de mouvement, le second à diminuer sa nourriture.

Marchez donc souvent et régulièrement. Faites du sport, de la bicyclette, du tennis. Levez-vous de bonne heure. Ne vous attardez pas au lit.

Quant à la nourriture, mangez à votre appétit, mais pas plus. Evitez les féculents, les aliments à base de beurre, les fritures et les corps gras, les légumes secs, les pâtisseries, la mie de pain, la bière et les oeufs.

Buvez le moins possible et de préférence du thé léger, chaud et peu sucré.

Suivez donc un régime de viandes saignantes, de pain grillé, de légumes frais, en proportions raisonnables. Voici celles qui furent indiquées, par exemple, par l'Académie de médecine.

Petit déjeuner : 25 gr. de pain grillé ; 50 gr. de viande froide ; une tasse de thé léger.

Déjeuner : 50 gr. de pain grillé ; 100 gr. de viande froide ou saignante ; 100 gr. de légumes verts ; 15 gr. de fromage. Fruits frais à discrétion ; une tasse de thé.

Dîner : Jamais de soupe ; 50 gr. de pain grillé ; 100 gr. de viande rôtie ; 100 gr. de légumes verts ; salade ; fruits frais ; une tasse de thé.

Il est bon de boire chaque matin un peu d'eau minérale laxative pour activer la digestion.

Prenez des douches et surtout des bains de vapeur.

 

Massez le visage.

Le massage est bon contre l'obésité, surtout de la figure. Il faut la masser délicatement, en tournant sur place. Le double menton, si disgracieux chez la femme, se masse en remontant, avec la main, ou à l'aide d'un petit tampon de ouate.

Massez de même autour des yeux et de la bouche, légèrement, dans le sens contraire des rides, en faisant aller la graisse de la partie gonflée à la partie creuse, et, le soir, mettez des compresses sur les points trop gras.

 

Ne craignez donc plus la graisse envahissante. Nous pouvons nous en rendre maîtres, et les personnes obèses ne sont plus des parias comme dans la Grèce ancienne, où les hommes trop gras étaient officiellement exclus des affaires publiques.

Quant aux femmes trop grasses, on les laissait à la maison ...

 

 

La toilette d'une jolie romaine

 

Etre jolie est la grande préoccupation de la femme romaine et, chaque matin, elle passe de longues heures devant la table où est disposé tout un arsenal de lotions, de pommades, de fards savants.

 

L'indispensable ânesse.

Sitôt levée, la belle Romaine chasse l'engourdissement de l'éveil en se lavant le visage à grande eau, ablution doublement utile, car elle s'est enduit la face, la veille au soir, d'un cataplasme de fèves grasses ou d'une pâte de lait et de mie de pain destinés à conserver la fraîcheur de son teint. Célèbre est la formule de Poppée qui ne voyageait pas sans être suivie d'un troupeau de 50 ânesses dont le lait, chaque jour, était employé aux soins de sa beauté.

Après l'eau pure, afin de garder le velouté de son teint, elle enduit ses joues d'une légère couche de lomemtum, fait de myrrhe de Judée et de pur froment, ou encore d'asype athénien, dont l'huile onctueuse est extraite de la toison des brebis.

 

Savon à la mode ancienne.

Si sa peau a néanmoins quelques boutons ou quelques taches de rousseur, elle les combat avec l'alcymée, mélange précieux retiré du nid de certains oiseaux.

Puis elle se lave les mains monguement, au savon. Le plus estimé vient de Gaule et est composé de graisse de chevreau et de cendre de hêtre qu'aromatise la cinnamore. Avant la conquête des Gaules, le savon était remplacé par des herbes.

Elle se passe un peu de lait d'ânesse sur les mains pour les adoucir et les essuie ensuite à une serviette de lin. Le luxe des Romaines est de s'essuyer aux cheveux soyeux d'un enfant.

Sa coquetterie a mille soins. Une tigelle d'ivoire est employée pour ses oreilles ; elle râcle sa langue avec une fine lame d'acier, brosse ses dents, et se gargarise d'eau de roses.

Pour que son haleine soit pure, elle croque des pastilles parfumées à la myrte, au fenouil, à  la lentisque.

La Romaine passe ensuite une demi-heure dans son bain. L'eau en est pure ou simplement mêlée de son, à peine parfumée. Une friction avec une brosse métallique avive la circulation du sang, puis la belle s'enveloppe, et, tandis qu'une affranchie, véritable artiste dans l'art de soigner les mains, taille ses ongles avec une fine lamelle, des esclaves, attentives au moindre claquement de ses doigts, apportent le premier repas sur un plateau en bois de citronnier : des figues fraîches, des galettes chaudes, et, dans une coupe d'onyx, du vin de Sétie, renommé pour rendre ses forces.

La coquette, ainsi reposée de la saine fatigue de son bain, se fait épiler. Toutes les parties de son corps, même la poitrine et les bras, doivent être uniformément lisses et douces. Sur les membres, sur les surfaces larges, la pierre ponce fait son oeuvre. Sur le visage, c'est une plante rugueuse, le dropax. De petites pinces permettent l'épilation autour des lèvres et du nez.

Nombreuses sont les lotions pour la chevelure. Les meilleures sont à la moelle de cerf ou à la graisse d'ours.

 

Chevelures romaines.

"Honte au troupeau mutilé, au champ sans verdure, au bois sans feuillage, à la tête sans cheveux !" a dit le poète. Aussi les Romaines possèdent-elles mille recettes préservatrices. Une lotion à base de cantharides est même réputée infaillible.

Les Romaines sont brunes, mais les soldats, en revenant de Germanie ou de Gaule, ont dit que les femmes de ces pays sont belles et possèdent des cheveux couleur de soleil. Aussi la teinte blonde est-elle recherchée à l'aide de savantes teintures.

Pour se noircir les cheveux, il existe une formule mystérieuse, horrible, mais souveraine : des sangsues fermentées deux mois dans du vinaigre, en un vase de plomb. La coloration vient du métal qui se détache des parois sous l'acidité du liquide.

Certaines courtisanes se teignent les cheveux en jaune ou en bleu. D'autres y sèment des paillettes brilllantes.

 

L'idéale pâleur.

"Toute femme qui aime, a chanté Ovide, doit être pâle. C'est la seule couleur qui convienne quand le coeur est pris."

Aussi les belles Romaines cherchent-elles toutes à se pâlir, en étendant sur leurs joues une couche de céruse ou de craie. Une recette est classique : de la farine d'orge, des oeufs, de la corne de cerf, des narcisses, du miel et de la gomme.

Elles boivent aussi des infusions de cumin ou du vinaigre pour décolorer leurs traits.

Quelques-unes, cependant, ne dédaignent pas le fard rose, pour paraître plus jeunes. On en cite un merveilleux, fait de minium, de carmin et de certaine substance tirée du crocodile.

Contre les rides mille moyens sont employés. Il existe jusqu'à des pinces pour tendre la peau pendant le sommeil.

Juvénal s'est moqué de ces artifices :

" - Cette face emplâtrée que recouvrent tant de drogues et où s'agglutinent les lèvres des infortunés maris, est-ce un visage ou un emplâtre ?"

Les paupières s'estompent d'antimoine, de mine de plomb, de fusain. Certaines poudres insufflées dans les yeux leur donnent plus d'éclat. Les sourcils sont allongés avec de la fumée ou des oeufs de fourmis brûlés et broyés. De minuscules emplâtres noirs en forme de croissants agrémentent délicatement le coin des lèvres ou du menton.

La Romaine est prête pour plaire.

 

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Published by Mélanie - dans A la Belle Epoque
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