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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 20:00

 

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L'hygiène au XVIIIeme siècle :

   

Au XVIIIeme siècle, l'importance de l'hygiène était sous-estimée, l'eau ayant été longtemps considérée comme dangereuse pour la santé et source de maladies.


Toutefois, peu à peu, l'eau revint à l'honneur dans la toilette.

C'est ainsi que sous Louis XV, apparaissent les cabinets de toilette, avec les premières baignoires (sabots et tubs) et les tables de toilette, avec des objets de toilette en faïence.

La toilette portait essentiellement sur le visage, les mains et la coiffure, parties non couvertes par les vêtements.

Cependant, si on se lavait peu, se contentant généralement d'une toilette sommaire avec un pot à eau et sa cuvette, on pratiquait fréquemment le bain au sein de l'aristocratie, dans le boudoir ou le cabinet de toilette, une pièce retirée qui permettait de préserver l'intimité. Ainsi Marie-Antoinette qui avait pour habitude d'y prendre parfois son café matinal dans son bain, ou d'y dicter son courrier en humant des parfums.


L'air dans Paris était plus que vicié en ce siècle. Des rues étroites et mal aérées, des maisons trop hautes, la proximité des habitations avec les égoûts et les cimetières, donnaient à Paris une atmosphère renfermée, pesante et malsaine. Les immondices exhalaient des odeurs fétides, la boue était partout présente. Les excréments étaient évacués dans les égoûts et les ruisseaux, eux-mêmes se déversant dans la Seine, dont l'eau était ensuite puisée par les porteurs d'eau, destinée à la consommation des habitants ...

Chanceux alors ceux qui pouvaient se permettre des promenades à la campagne, afin d'y respirer un air plus pur.

 

Extraits choisis des lettres de Marie-Antoinette :


Extrait d'une lettre de Marie-Antoinette à son frère Léopold II, du 29 mai 1790 : 

"Je crois qu'on va nous laisser profiter du beau temps en allant quelques jours à Saint-Cloud, qui est aux portes de Paris (la famille royale y passa en effet une partie de l'été 1790). Il est absolument nécessaire pour nos santés de respirer un air plus pur et plus frais.

Et dans une lettre à sa soeur l'archiduchesse Marie-Christine écrite le même jour : " et au moins pourrons-nous nous promener un peu. Il y aura au moins du calme pour les yeux et les oreilles, car ici, c'est tous les jours des scènes nouvelles d'horreurs qui

se passent sous nos yeux. (...) Je ne désire qu'un ordre de choses qui remette le calme et la tranquillité dans ce malheureux pays, et prépare à mon pauvre enfant un avenir plus heureux que le nôtre ; car, pour nous, nous avons vu trop d' horreurs et trop de sang pour être jamais véritablement heureux."(1)

Dans une autre lettre de Marie-Antoinette à Léopold II, datée du sept novembre 1790 :

"Notre santé continue à être bonne ; mais elle le serait bien davantage si nous pouvions seulement apercevoir une idée de bonheur à l'entour de nous, car, pour nos personnes, il est fini pour jamais, quelque chose qui arrive."(2)

 

La santé de Marie-Antoinette :

 

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La Reine avait ses médecins et ses chirurgiens personnels, son premier médecin étant Lassone, remplacé en 1789 par Vicq d'Azir.

 

"Le premier médecin Lassone, pour lui donner plus de force et remplir ses désirs maternels, lui avait conseillé un voyage aux eaux de Forges, très renommées au XVIIeme siècle, où trois sources ont pris les noms du roi Louis XIII, d'Anne d'Autriche et de Richelieu. 

Lassone ordonnait souvent à la reine l'usage du petit-lait mêlé avec une décoction de laitue.  

La reine faisait parfois usage de l'acier, mais la sensibilité de ses nerfs rendait difficile une longue continuité de ce tonique, un peu trop actif pour  elle. Joseph Marie François de Lassone, 1770

Dès cette époque (1780) elle prenait les  eaux de Vals, si connues aujourd'hui, pour dissiper ses embarras de rate et elle s'en trouvait bien. 

Somme toute, elle n'était sujette qu'à des incommodités légères, ne réclamant que des ménagements. Son médecin prétendait qu'elle était d'une complexion sanguine ; elle souffrait souvent de faiblesses d'entrailles.

Lassone lui faisait prendre aussi du lait d'ânesse pour sa poitrine.

Marie-Antoinette aimait, comme on le sait, faire de petits cadeaux : tantôt elle envoyait des parfums, des élixirs à ses amies, tantôt elle fournissait sa mère d'une eau appelée Eau Divine que Marie-Thérèse trouvait "trop forte"."(1)

 

 

Marie-Antoinette précise, tout au long de ses lettres, l'importance pour sa santé de prendre du repos et de veiller peu, quand elle est malade ou en convalescence.

 

Les remèdes favoris en cette époque étaient le lait d'ânesse, le fer (préparé avec de la  limaille de fer), la saignée, le quinquina, les eaux minérales et les purgatifs, et tous ces traitements faisaient partie de ceux appliqués à la Reine, de même que les sangsues (pour la fièvre et le mal de gorge).

 

 

pots-a-lait.jpgLe lait à l'époque était "considéré à la fois comme un excellent aliment, et souvent un des plus puissants médicaments et il faut convenir que la médecine n'a pas à sa disposition de moyen plus agréable et souvent plus efficace" (3). Pour le régime du lait, conseille Moreau, "il vaut toujours mieux le prendre seul avec du pain" : "J'ai guéri une personne qui avoit la poitrine en très mauvais état, en la mettant au lait pour toute nourriture, elle a continué et a été parfaitement rétablie. Il faut essayer le lait chaud, si le lait froid est mal digéré, parfois le contraire, d'autres fois y ajouter du sucre. Le lait est meilleur quand l'animal paisse dans des terrains pas trop humides."


La Reine suivait souvent un régime de petit-lait que son médecin Lassonne lui conseillait pour soigner le rhume. "Le petit-lait est purgatif, diurétique et diaphorique, altérant et légèrement nourrissant. Il peut s'employer dans les maladies aigües, et constituer à lui seul un traitement, utilisé pour les affections catarrhales des bronches et du tube digestif." De plus,"les bains de petit-lait sont un sédatif puissant".(4)


Le lait d'ânesse est particulièrement recommandé à la reine pour traiter la fièvre, le rhume et la toux, pour ses propriétés particulières. Et toujours selon Moreau, il a des vertus analeptiques et nutritives, ainsi que laxatives. "Il est prescrit au printemps ou à l'automne. On donne communément le lait d'ânesse une fois par jour, depuis une demie livre jusqu'à une livre. On le prend ou le matin à jeun, ou le soir en se couchant, au degré de chaleur où on trait le lait. On y ajoute quelquefois un morceau de sucre, mais cette addition est assez inutile, le lait d'ânesse étant naturellement très doux. On conseille au malade de rester tranquille après l'avoir pris, et même de dormir quand il a l'estomac faible. On ne lui donne rien à prendre que trois heures après, temps où le lait est passé. On a coutume de mettre à la pâture l'ânesse qui doit le fournir, ou de la nourrir, autant qu'il est possible, de fourrage vert, surtout de tiges presque mûres de froment ou d'orge. On doit encore la bien étriller plusieurs fois par jour, et lui fournir une bonne litière."(3)

 

L'Eau Divine, pour Antoine Dejean, "outre que son parfum est exquis, fortifie le cerveau, le coeur et l'estomac, aide à la digestion".(5)

 

Les inoculations de "levain de variole", alors à la mode, étaient faites au château de Marly pour prévenir la famille royale de la petite vérole.


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  Les pilules d'ipécuanha sont également prescrites à la Reine, pour soigner son rhume et sa toux.

Ces pilules sont fabriquées à partir de racine de Bryone, réputée alors pour le traitement "des maladies chroniques qui dépendent de la congestion des humeurs,  et dans les maladies aigües, comme évacuant général des premières voies. Elle est à volonté vomitive ou purgative, et elle est toujours dépurative des humeurs du sang. Elle a la propriété particulière d'exciter puissamment la sécrétion des urines ; elle est calmante".(6)

 

Le quinquina était lui aussi fréquemment utilisé, pour sa  puissante action tonique, et ses propriétés antiseptique et antispasmodique.


Marie-Antoinette dans ses lettres évoque parmi les remèdes qu'on lui donne les eaux de  Carlsbad (pour la fièvre tierce), et celles de Vals (pour des "embarras au niveau de la rate depuis sa fièvre tierce").

On peut lire dans le "Manuel des eaux minérales naturelles que "Les eaux sont consommées soit pures, soit diluées avec du lait ou du petit-lait, ou du lait d'ânesse .

Les eaux de Carlsbad (Bohême) prises en boisson, excitent les organes digestifs, produisent une légère purgation avec des selles assez liquides, mais sans colique. Elles favorisent les sécrétions urinaires et cutanées, et sont utiles dans les diverses  affections chroniques du bas-ventre. Elles sont employées en boisson ou en bain. 

Les eaux de Vals (en Ardèche) à une certaine dose, tantôt excitent les intestins et provoquent une purgation plus ou moins abondante, tantôt elles portent leur action sur les reins et augmentent beaucoup la sécrétion urinaire. Les personnes menacées de fièvre peuvent les prendre seules ou coupées avec du lait." (7)

 

(1) "Lettres inédites de Marie-Antoinette et de Marie-Clotilde de France" , publiées et annotées par le Comte de Reiset en 1876

(2) "Lettres de Marie-Antoinette", publiées par Maxime de la Rocheterie et le Mis de Beaucourt, 1895-1896

(3) "Encyclopédie méthodique", de Jacques-Louis Moreau, 1787

(4) "Essai théorique et pratique sur la cure de raisin à Vevey", d'Henri Curchod, 1860

(5) "Traité des odeurs", d'Antoine Dejean, 1764

(6) "Lettre à Messieurs les membres de la société royale de médecine de Paris, d'Harmand de Montgarny, 1783

(7) "Manuel des eaux minérales naturelles", de P. Patissier et A.-F. Boutron-Charlard, 1837

 

 

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