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Les blogs 2016 qui inspirent les femmes actives
14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 18:55

 

 

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Le Sieur Simon Barbe était gantier-parfumeur à Paris, sans doute le plus fameux de son siècle. Il y tenait une boutique rue des Gravilliers : A la toison d'Or(1)

Il écrivit deux manuels de parfumerie, y consignant ses connaissances et son savoir-faire.


Le premier, que je vous expose ici, a été écrit en 1693 à l'intention des non professionnels dans l'idée d'enseigner à tous la manière de composer les parfums, en particulier pour "le divertissement de la Noblesse, l'utilité des personnes Religieuses & nécessaire aux Baigneurs et Perruquiers."

Il contient les traités des poudres pour les cheveux et celui des savonnettes, suivis des essences et huiles parfumées aux fleurs, des pommades, des dentifrices, des eaux de toilette, des pastilles à brûler, des peaux et gants parfumés et du tabac.


Il écrivit en 1699 son second traité, "Le Parfumeur Royal", destiné cette fois-ci aux gens du métier. Il présente cet ouvrage comme utile à "celles qui recueillent des fleurs et nécessaire aux gantiers, perruquiers et marchands de liqueurs".

Ce traité fera l'objet d'une autre série d'articles.

 

Je présenterai dans les billets suivants les différentes parties de ce petit livre.


 

Au lecteur.

 

L'origine des Parfums n'est pas moins ancienne que la création du monde. Toute la terre formoit alors un jardin délicieux qui exhaloit des odeurs très-suaves.

L'art qui ne détruit jamais la nature, mais qui la perfectionne, a ramassé dans la suite des temps ce que cette bonne Mère avoit en différents endroits pour faire des compositions qui joignissent par un agréable mélange ce qu'elle avoit parsemé diversement.

Les règles qu'on a dressées après différentes observations n'ont servy qu'à donner à l'Art son dernier lustre, et l'expérience qui en a été le fondement l'a rendu presque infaillible et en a assuré des moyens d'autant plus faciles, qu'ils sont plus pratiquables.

 

C'est à la faveur de ses règles que j'ay apprises sous les plus habiles Maîtres et que j'ay mises en usage pendant un trés-long-temps, que j'ay recueilly les secrets dont je fais aujourd'huy un présent au public.

J'avoue que le dessein de luy être utile a prévalu à plusieurs considérations qui auroient pû me les faire céler ainsi que font Messieurs les Parfumeurs, et je les abandonne d'autant plus volontiers, qu'outre que je contribueray à la gloire de Dieu par les Parfums que les personnes religieuses composeront pour leurs Eglises, et aux occupations qu'elle se donneront par des Chapelets et Médailles de senteurs, j'auray aussi la satisfaction de contribuer au plaisir de plusieurs personnes de qualité qui pourront se délivrer du mauvais air qu'on trouvesouvent malgré soy.

 

Mon intention n'est pas d'écrire pour ceux qui excellent en l'art dont je traite, je suis assez persuadé que chaque Maître a ses règles particulières et que par diverses méthodes ils vont tous à une même fin. J'avoue encore un coup que ce n'est pas pour eux que j'ay fait les Traitez contenus dans mon livre. Après un tel aveu je les prie de ne pas murmurer contre ma conduite et de n'estre point fachés de l'avantage que je procure au public.

 

J'aye eu en vue Messieurs les Baigneurs et Perruquiers des villes de Province où il ne se trouve point de Parfumeurs, qui ne doivent pas, por cela s'excuser d'estre propres dans ce qu'ils entreprennent, et qui en suivant exactement ce que j'écris dans les premiers Traitez, se pourront forunir de toutes fortes de poudres et essences pour les Cheveux, d'excellentes Savonnettes, de lait Virginal, et de toutes autres choses à leur usage.

 

Les personnes de condition et celles qui ont un honnête loisir rempliront leur temps et se désennuyeront en campagne, lors qu'ils employeront l'abondance des fleurs à en faire des parfums à juste prix.

Le beau sexe même à qui la propreté est si naturelle, trouvera icy dequoy contenter son inclination, et il y a même des secrets qui en les exécutant et les distribuant, les pourront maintenir dans la qualité que l'Eglise leur donne de sexe dévot.

 

On pourra m'objecter : si j'ay quelque difficulté, qui pourra  me la résoudre ? Je vous répondray que l'on n'a qu'à lire mes Avertissements. Je ne les ay pas voulu insérer dans la matière, afin qu'on y peust avoir recours, et que cela n'embarassât pas ceux qui voudront pratiquer mes compositions.

 

Le plus grand des Monarques qui ait jamais été sur le Trône s'est pleu à voir souvent le Sieur Martial composer dans son cabinet les odeurs qu'il portoit sur sa Sacrée Personne.

Monsieur le Prince de Condé dont la mémoire sera toujours en vénération à la France faisoit parfumer devant luy par le Sieur Charles le Tabac et plusieurs choses de cette nature dont il se servoit.

Le nom de Poudre à la Maréchalle n'a été donné que parce que Madame  la Maréchalle d'Aumont se divertissoit à la faire.

 

C'est ainsi qu'à l'imitation de ces illustres personnes l'on pourra s'occuper à mettre en pratique ce que j'ay enfermé dans mes différents Traitez, avec assurance certaine que je leur donne de réussir s'ils les pratiquent fidellement, puisqu'il n'y a pas un secret que je n'ae plusieurs fois expérimenté avec beaucoup de réussite.

Heureux si je puis mériter l'approbation des honnêtes gens.


 

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  Toutes les Marchandises ou Drogues cy-dessus nommées* se trouvent chez les Espiciers, parce que ce sont presque toutes Marchandises Etrangères.

Les paquets de Savonettes communes de Bologne dont on peut avoir besoin se vendent à Lyon chez le Sieur Orlandy au milieu de la rue Longue au Soleil Levant, et à Paris chez le Sieur Girault au cu de sac derrière St. Germain de l'Auxerrois.


 

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 * Concernant les ingrédients particuliers inusités de nos jours, je prépare un article qui donnera toutes les explications utiles.

 

(1) "Corporations ouvrières de Paris du douzième au dix-huitième siècle", par Alfred Franklin, 1884

 


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Published by Mélanie - dans Ancien Régime
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commentaires

Aizen 15/05/2011 15:28


Je ne peux vivre sans parfums...et je comprends tout à fait que le Sieur Simon Barbe ce soit passionné sur le sujet...et toi aussi! ^^
J'ai bien aimé lire son explication en vieux français. C'est tellement distingué, le français de l'époque! Sa liste de "matières premières" est intéressantes. Par contre, il y a 3 sortes de
benjoin...ça me rend curieuse...


Mélanie 15/05/2011 17:43



Lire ces textes, c'est un peu plonger dans une époque pas si loin de nous finalement. Je me régale à chaque fois !