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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 13:10

1769-portrait-envoye-au-dauphinMarie_Antoinette13--copie-1.jpg

 

Imaginez, à la lecture des lignes ci-dessous, quelques heures de la vie quotidienne de Marie-Antoinette à Versailles. Suivez la, Dauphine puis Reine, dans le récit de ses journées.

 

 

Une journée de la Dauphine à Versailles :

Lettre à l'Impératrice Marie-Thérèse (sa mère), écrite le 12 juillet 1770 (extrait des "Lettres de Marie-Antoinette") :


La Dauphine, Joseph Krantzinger vienne1771

 

"Votre majesté est bien bonne de vouloir bien s'intéresser à moi et même de vouloir savoir comme je passe ma journée.


Je lui dirai donc que je me lève à dix heures ou à neuf heures et demie, et, m'ayant habillée, je dis mes prière du matin ; ensuite je déjeune, et de là, je vais chez mes tantes (les tantes, ou Mesdames, étaient les trois filles non mariées de Louis XV : Mme Adélaïde, Mme Victoire, Mme Sophie) où se trouve ordinairement le Roi (c'était habituellement dans l'appartement de ses filles qu'il allait prendre son café le matin).

Cela dure jusqu'à dix heures et demie ; ensuite à onze heures je vais me coiffer.


A midi on appelle la chambre, et là tout le monde peut entrer, ce qui n'est point des communes gens. Je mets mon rouge et lave mes mains devant tout le monde ; ensuite les hommes sortent et les dames restent, et je m'habille devant elles.

A midi est la messe ; si le Roi est à Versailles, je vais avec lui et mon mari et mes tantes à la messe ; s'il n'y est pas, je vais seule avec Monsieur le Dauphin, mais toujours à la même heure.

Après la messe nous dînons à nous deux devant tout le monde, mais cela est fini à une heure et demie, car nous mangeons fort vite tous deux.


De là je vais chez Monsieur le Dauphin, et s'il a affaires je reviens chez moi, je lis, j'écris ou je travaille ; car je fais une veste pour le Roi, qui n'avance guère, mais j'espère qu'avec la grâce de Dieu elle sera finie dans quelques années.

A trois heures je vais encore chez mes tantes, où le Roi vient à cette heure-là ; à  quatre heures  l'abbé vient chez moi ; à cinq heures tous les jours le maître de clavecin ou à chanter jusqu'à six heures.

A six heures et demie je vais presque toujours chez mes tantes, quand je ne vais point me promener ; il faut savoir que mon mari va presque tous les jours avec moi chez mes tantes.  

A sept heures on joue jusqu'à neuf heures, mais quand il fait beau je m'en vais promener, et alors il n'y a point de jeu chez moi, mais chez mes tantes.  


A neuf heures nous soupons, et quand le Roi n'y est point, mes tantes viennent souper chez   nous ; mais  quand le Roi y est, nous allons souper chez elles ; nous attendons le Roi, qui vient ordinairement à dix heures trois quart, mais moi en attendant me place sur un grand canapé et dors jusqu'à l'arrivée du Roi ; mais quand il n'y est pas nous allons nous coucher à onze heures.


Voilà toute notre journée. (...) Je vous supplie, ma très chère mère, de pardonner si ma lettre est trop longue, mais c'est mon seul plaisir de m'entretenir avec elle. Je lui  demande encore pardon si la lettre est sale, mais je l'ai dû écrire deux jours de suite à la toilette, n'ayant pas d'autre temps à moi."

 

dauphine.jpg

 

 

Une matinée de la Reine à Versailles:

(extrait de "Histoire de Marie-Antoinette", d'Edmond et Jules Goncourt)


Gautier-Dagoty - Marie-Antoinette détail 1775

 

"Je dirai une des matinées de la Reine à Versailles, telle qu'une de ses femmes de chambre nous l'a conservée (...).


La Reine se réveillait à huit heures.

Une femme de garde-robe entrait et déposait une corbeille couverte, appelée le prêt du jour, et contenant des chemises, des mouchoirs, des frottoirs.

Pendant qu'elle faisait le service, la première femme remettait à la Reine, qui s'éveillait , un livre contenant un échantillon des douze grands habits, des douze robes riches sur paniers, des douze petites robes de fantaisie pour l'hiver ou l'été. La Reine piquait avec une épingle le grand habit de la messe, la robe déshabillée de l'après-midi, la robe parée du jeu ou du souper des petits appartements ; et bientôt arrivaient, dans de grands taffetas, les vêtements du jour ...


La Reine prenait un bain presque tous les jours. Un sabot était roulé dans sa chambre.

La Reine, dépouillée du corset à crevées de rubans, des manches de dentelles, du grand fichu, avec lesquels elle couchait, était enveloppée d'une grande chemise de flanelle anglaise.

Une tasse de chocolat ou de café faisait son déjeuner, qu'elle prenait dans son lit lorsqu'lle ne se baignait pas.

A sa sortie du bain, ses femmes lui apportaient des pantoufles de basin garnies de dentelles et plaçaient sur ses épaules un manteau de lit en taffetas blanc.


La Reine, recouchée, prenait un livre ou quelque ouvrage de femme. C'était l'heure où, la Reine couchée ou levée, les petites entrées avaient audience auprès d'elle ; et de droit entraient le premier médecin de la Reine, son premier chirurgien, son médecin ordinaire, son lecteur, son secrétaire de cabinet, les quatre premiers valets de chambre du Roi, leurs survivanciers, les premiers médecins et premiers chirurgiens du Roi.


A midi la toilette de présentation avait lieu. La toilette, ce meuble et ce triomphe de la femme du XVIIIe siècle, était tirée au milieu de la chambre. La dame d'honneur présentait le peignoir à la Reine ; deux femmes en grand habit remplaçaient les deux femmes qui avaient servi la nuit. Alors commençaient, avec la coiffure, les grandes entrées. Des pliants étaient avancés en cercle autour de la toilette de la Reine pour la surintendante, les dames d'honneur et d'atours, la gouvernante des enfants de France. Entraient les frères du Roi, les princes du sang, les capitaines des gardes, toutes les grandes charges de la couronne de France. Ils faisaient leur cour à la Reine, qui saluait de la tête. Pour les princes du sang seuls, la Reine indiquait le mouvement de se lever, en s'appuyant des mains à la toilette. Puis venait l'habillement de corps. La dame d'honneur passait la chemise, versait l'eau pour le lavement des mains ; la dame d'atours passait le jupon de la robe, posait le fichu, nouait le collier.

Habillée, la Reine se plaçait au milieu de sa chambre, et environnée de ses dames d'honneur et d'atours, de ses dames du palais, du chevalier d'honneur, du premier écuyer, de son clergé, des princesses de la famille royale qui arrivaient suivies de toute leur maison, passait dans la galerie et se rendait à la messe, après avoir signé les contrats présentés par le secrétaire des commandements, et agréé les présentations des colonels pour prendre congé.


La Reine entendait la messe avec le Roi dans la tribune, en face du maître-autel et de la musique.

La Reine, rentrée de la messe, devait dîner tous les jours seule avec le Roi et en public ; mais ce repas public n'avait lieu que le dimanche.

Le maître d'hôtel de la Reine, armé d'un grand bâton de six pieds orné de fleurs de lis d'or et surmonté de fleurs de lis en couronne, annonçait à la Reine qu'elle était servie, lui remettait le menu du dîner, et, tout le temps du dîner, se tenant derrière elle, ordonnait de servir ou de desservir.


Après le dîner, la Reine rentrait dans son appartement, et, son panier et son bas de robe ôtés, s'appartenait seulement alors, autant du moins que le lui permettait la présence en grand habit de ses femmes, dont le droit était d'être toujours présentes et d'accompagner partout la Reine.


La Reine espérait se sauver de tant d'ennuis à Trianon. Elle voulait fuir là cette toilette, la cour des matins, et le dîner public, et les jeux de représentation si ennuyeux du mercredi et du dimanche, et les mardis des ambassadeurs et des étrangers, et les présentations et les révérences, les grands couverts et les grandes loges, et le souper dans les cabinets le mardi et le jeudi avec les ennuyeux et les prudes, et le souper de tous les jours en famile chez Monsieur.

La Reine pensait qu'à Trianon elle pourrait manger avec d'autres personnes que la famille royale, unique société de table, à laquelle toute Reine de France avait été condamnée jusqu'alors ; qu'elle y aurait, comme une particulière, ses amis à dîner sans mettre tout Versailles en rumeur. Elle songeait à se faire habiller là dans sa chambre par mademoiselle Bertin, sans être condamnée à se réfugier dans un cabinet par le refus de ses femmes de laisser entrer mademoiselle Bertin dans leurs charges. Son mari au bras, sans autre suite qu'un laquais, elle parcourrait ses Etats ; et même, à table, s'il lui prenait fantaisie, elle jetterait au Roi des boulettes de mie de pain sans scandaliser le service."

 

versailles


Marie-Antoinette doit donc se soumettre aux obligations que lui impose son rôle de reine, mais elle s'habitue difficilement ces contraintes, plus sévères que celles que demande l'étiquette autrichienne.

Elle recherche une certaine intimité qu'elle trouvera en présence de sa coterie, les amis qu'elle s'est choisis, ou dans ses Cabinets au Petit Trianon ou au Hameau.


 


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commentaires

Aizen 03/12/2010 00:00


C'est adorable, sa façon d'écrire à sa mère, et de s'excuser que sa lettre soit "sale"...elle était attentionnée je trouve! ^^


Mélanie 03/12/2010 09:11



Avec ces quelques mots, je l'ai trouvée très touchante. Quand on pense que depuis ses 14 ans, elle n'a plus revu sa mère ... Et puis, pas de téléphone, pas de TGV, pas d'avion. On ne se rend pas
compte que c'était il n'y a pas si longtemps que ça. Bises