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Au temps de Marie-Antoinette

Mardi 7 décembre 2010 2 07 /12 /Déc /2010 22:20

marie antoinette s garden by kurisutaru kisu-d2zw199

 

Marie-Antoinette avait ses appartements au château de Versailles, mais elle possédait aussi son domaine propre à Versailles : le Petit Trianon.


Louis XV avait fait bâtir ce palais de plaisance en 1768, à un kilomètre du château, à l'extrémité du parc du grand Trianon. L'architecte Ange-Jacques Gabriel avait conçu ce palais dans un nouveau style épuré "à la grecque", alliant sobriété, ordre et perfection, avec un richesse élégante des boiseries.

Louis XVI lui fit cadeau du domaine en 1774 :

"Vous aimez les fleurs ? Eh bien j'ai un bouquet à vous donner : c'est le petit Trianon".  Nul cadeau ne pouvait être plus agréable à Marie-Antoinette, à cette amie de la campagne et des fleurs.

 

le petit trianon

"Le beau rêve en effet, ce palais et ce jardin enchantés, où Marie-Antoinette pourra ôter sa couronne, se reposer de la représentation, reprendre sa volonté et son caprice, échapper à la surveillance, à la fatigue, au supplice solennel et à la discipline invariable de sa vie royale, avoir la solitude et avoir l'amitié, s'épancher, se livrer, s'abandonner, vivre !"(1)

 

p366118-Versailles-Le Petit Trianon[1] Car "la Cour l'avait ennuyée, et elle voulait, devenue reine, s'en affranchir le plus possible.

Elle aimait l'intimité, les jeux libres, le jardinage ; à quelques pas du solennel Versailles, elle allait pouvoir satisfaire ses goûts.

La simplicité des moeurs et des plaisirs qu'elle avait connue dans son enfance à Vienne, et tant de fois regrettée depuis, Trianon devait la lui rendre.

 

Elle aurait, comme toutes les femmes de son royaume, le gouvernement d'une maison et d'un jardin ; elle comptait en bannir les censeurs, les médisants, les imposteurs, faire un choix parmi ses courtisans et n'admettre que des amis."(2)

 

chambre de ma petit trianon



Chemin

Elle a alors donné à ce petit palais son propre style, avec grâce et raffinement, élégance et légèreté, style qui sera copié par l'aristocratie provinciale, ainsi que dans toute l'Europe.


De ce lieu, elle dit "Ici, je suis moi". Marie-Antoinette marqua ses lieux de sa présence, imposant ses goûts pour en faire son domaine.


Elle aimait y retrouver les plaisirs d'une vie simple et champêtre, loin des fastes et de l'étiquette de Versailles, et ce fut son refuge de 1780 à 1789. Elle y trouve un havre d'intimité. Personne n'y entre sans son invitation. Elle s'y sent libre, et peut y satisfaire son amour de la nature et du théâtre.


 

theatre-de-Marie-Antoinette.jpg

 

Son architecte lui conçut en 1780 son propre théâtre, où Marie-Antoinette se produisait sur scène jusqu'en 1785, dans un bâtiment relié au Petit Trianon par une galerie en treillage, elle-même menant au Jardin anglais.

"Les opéras qu'elle affectionnait le plus étaient ceux où dominait une action champêtre : le joli drame de Nina lui fit verser bien des pleurs. Dans ses appartements, on ne voyait ni tableaux d'histoire, ni de batailles, et elle disait elle-même avec abandon : "Ne mettez que des fleurs, des paysages et des Watteau"." (3)


Au Petit Trianon, elle organisait des repas et des fêtes, et le théâtre et l'opéra y tenaient une grande place. "C'était les grands jours de Trianon, envahis quelques heures plus tard par la foule, mais il reprenait bien vite son charme de retraite et son recueillement de solitude."(1)

 

Chateau de Versailles Belvedere 

Elle a fait créer aux abords de son palais un Jardin anglais, jalonné du Pavillon français, du Belvédère (son salon de musique), du Temple de l'Amour, autant de buts de promenade que d'occasions de haltes. Elle souhaitait un parc qui ressemble à un paysage naturel, orné de chemins sinueux, de bocages et de cascade, sans artifice pompeux ni froide géométrie.


tour dominant le grand lac hameau


De même, en 1787, elle y fit construire dans ce domaine le Hameau, constitué de chaumières fleuries réunies autour d'un lac, où elle souhaitait vivre proche de la nature, ainsi qu'un étang artificiel et un Rocher, lesquels surplombaient avec le Belvédère la promenade. Près d'une petite cascade, fut édifiée une Grotte artificielle où la Reine pouvait se réfugier sans être vue, assise sur la mousse.


ma hameau2

Avec sa ferme et ses fermiers, son moulin, ses moutons et sa basse-cour, elle pouvait s'imaginer bergère ou paysanne. La vie s'y écoulait dans une douce atmosphère de bonheur.

Autour de la maison de la Reine, plus grande et plus belle que les autres, se trouvent aussi un boudoir, un colombier, une laiterie, et cet ensemble forme comme un petit village aux façades rustiques à colombages, traversé par un petit ruisseau. Un peu plus loin, c'est la maison du jardinier, la grange et le poulailler, et les vaches paissent dans les prairies.

Mais le Hameau, aménagé à grands frais, était très mal considéré par le peuple, à une époque où les paysannes n'étaient pas vêtues de mousseline, et s'épuisaient aux champs, dans un climat rigoureux, aux récoltes insuffisantes et sources de famines.


Petit Trianon by bukephalas

 

Elle aimait beaucoup les fleurs, dont elle faisait orner meubles et décors. Roses, épis de blés, fleurs de jasmin et de muguet ... les fleurs des champs et toute la nature étaient source d'inspiration. Partout on retrouvait ces fleurs : peintes, tissées, sculptées ou ciselées par les meilleurs artistes et artisans. 


"Mon Dieu la charmante promenade : que ces bosquets parfumés de lilas, peuplés de rossignols, étaient délicieux : il faisait un temps magnifique, l'air était plein de vapeurs embaumées, des papillons étalaient leurs ailes d'or aux rayons de ce soleil printanier. Je n'ai, de ma vie, passé de moments plus enchanteurs que les trois heures employées à visiter cette retraite. La Reine y passait la plus grande partie de la belle saison et je le conçois à merveille." (4)

 

les-jardins-du-petit-Trianon---Versailles1e--2-


Extrait de la lettre à Marie-Antoinette à sa mère l'impératrice Marie-Thérèse, du 19 septembre 1780 :

"Je me suis établie à Trianon pour huit à dix jours, afin de faire les matins des promenades à pied qui sont essentielles pour ma santé ; cela n'était pas possible à Versailles. Trianon n'est qu'à dix minutes de chemin en voiture, et on peut aisément y venir à pied. Le Roi parait s'y plaire beaucoup ; il y vient souper tous les jours, et vient me voir le matin comme dans mon appartement à Versailles. J'ai choisi ce moment-ci pour mon séjour ici, parce que c'est le mois où le Roi chasse presque tous les jours et où il a le moins besoin de moi. Ma santé et celle de ma fille sont très bonnes."(5)

 

1786

A Trianon, devenu "la maison de campagne de Marie-Antoinette, sa retraite et ses amours", c'était une "autre vie, sans faste et sans contrainte.

"Plus de cour, qu'une petite cour d'amis, que sa vue basse n'avait point besoin de reconnaître avec le lorgnon caché au milieu de son éventail ; plus d'ennuis, plus de couronne, ni de grands habits : la Reine n'était plus la Reine à Trianon, à peine y faisait-elle la maîtresse de maison.

'La Reine, en robe de percale blanche, en fichu de gaze, en chapeau de paille, courait les jardins, allait de sa ferme à la laiterie, menait son monde boire son lait et manger ses oeufs frais, entraînait le Roi, du bosquet où il lisait à un goûter sur l'herbe, tantôt regardait traire les vaches, tantôt pêchait dans le lac, ou bien, assise sur le gazon, se reposait de la broderie et du filet en épuisant une quenouille de villageoise.

"Ces jeux faisaient le bonheur de Marie-Antoinette. Que d'enchantement pour elle, que d'illusion dans ce rôle de bergère et dans ce badinage de la vie des champs !

"Marie-Antoinette goûtait de préférence la promenade nocturne. Elle aimait trop les soirées passées au dehors, sous les grands arbres, dans l'air calme des nuits d'ét"é(1)


fete hameau

"Trianon ! ce Trianon où son ombre erre encore aujourd'hui ; où le silence de l'écho, l'oubli de la nature, parle comme une scène vide, et rappelle les beaux jours de Marie-Antoinette.

"Aujourd'hui encore, le visiteur, qui croit n'y chercher que les émotions de l'histoire, ralentit involontairement son pas dans le détour des allées désertes et se laisse prendre à l'enchantement des yeux."

 

"Dans la verdure, voici le petit palais blanc. (...) Poussez un bouton de porte ciselée. Entrons maintenant dans la maison, visitons les pièces inhabitées, d'où se sont enfuis le bruit des rires et l'écho du clavecin. Dès le seuil, on est transporté dans le monde d'autrefois..." (1)

 

enfilade

 
Sources :

 

Le site du château de Versailles.

Voyager comme Ulysse

(1) "Histoire de Marie-Antoinette", d'Edmond et Jules Goncourt, 1859

(2) "La Reine Marie-Antoinette", de Pierre de Nolhac, 1889

(3) "Mémoires secrets et universels des malheurs et de la mort de la reine de France", de Gaspard Louis Lafont d'Aussonne, 1824

(4) "Mémoires de la Baronne d'Oberkirch", publiées par le Comte de Montbrisson, 1853

(5) "Lettres de Marie-Antoinette", publiées par Maxime de la Rocheterie et le Mis de Beaucourt, 1895-1896


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Par Mélanie - Publié dans : Au temps de Marie-Antoinette - Communauté : Passion Histoire
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Mardi 7 décembre 2010 2 07 /12 /Déc /2010 07:00

 

marie-antoinette coppola

Quelques vidéos à voir sur le net ...

 

Sur le site de l'Ina :  

 
Présentation à Cannes du film Marie-Antoinette de Sofia Coppola
19 20 France 3. Edition nationale - 24/05/2006 - 02min41s

Reportage consacré à la présentation, au festival de Cannes, du film "Marie-Antoinette" de la réalisatrice Sofia COPPOLA. Commentaire sur des images factuelles du tournage et un extrait du film ponctué des interviews de Sofia COPPOLA, de la comédienne Kirsten DUNST et de Dominique LE GROS, conférencier au château de Versailles. Plateau en situation avec l'envoyée spéciale Nathalie HAYTER.

 

Versailles - la nuit du 5 au 6 octobre 1789

Diffusé le 29/03/1959 - 13min05s

Versailles de nuit. Un trentaine de figurants et un commentaire off pour évoquer la dernière nuit libre des souverains : la nuit du 5 au 6 octobre 1789.

 


La dernière rose ou les fantômes de Trianon

Tribunal de l'impossible - 10/02/1968 - 01h21min24s

En août 1901, deux enseignantes anglaises rencontrent la reine Marie-Antoinette en visitant les jardins de Trianon.Alors qu'elles se promènent et rêvent dans cet endroit célèbre, Miss MOBERLY et Miss JOURDAIN perdent soudain le contact avec la réalité pour vivre une fantastique aventure : elles rencontrent la reine Marie-Antoinette qui, dit-on, hante ces lieux. Voyage dans le temps ? Incursion dans la mémoire ? Ces deux demoiselles, l'une romantique, l'autre réaliste, ont-elles réellement vécu quelques instants en compagnie de la reine de France où ont-elles seulement rêvé cette scène troublante ? Elles mettent dix ans à se convaincre elles-mêmes, après avoir fait des recherches historiques qui semblent confirmer leurs dires. Puis, aidées de quelques amis, elles rédigent un livre destiné à faire connaître cette extraordinaire aventure.


Les coulisses de Versailles
 

 ON S'OCCUPE DE VOUS - 30/04/1999 - 04min36s
La restauration, le coût, les aides privées et l'entretien du château de Versailles. - Présentation par Pierre ARIZZOLI CLEMENTEL, Conservateur, des pièces déjà restaurées : Chambre du Roi, Chambre de Marie-Antoinette. - Interview du responsable des parquets du château (un hectare) explique comment il les entretient.

 

Les délices du royaume

Téléfilm en quatre parties, retraçant la vie de Marie Antoinette, de son mariage avec le dauphin de France, à sa mort sur l'échafaud en 1793. Les auteurs ont voulu retrouver le vrai visage de la reine et ils déroulent le fil de sa vie, vue à travers ses yeux, dans des décors authentiques, aménagés : Versailles, Champs-sur-Marne, la rue du Bac, Senlis, Saint-Sulpice, Vincennes. Dans ce premier épisode, on voit la très jeune Marie-Antoinette auprès de sa mère, l'impératrice Marie-Therèse, à Vienne. Elle quitte son pays en 1770 pour épouser le dauphin, futur Louis XVI. Elle ne donnera un héritier à la France qu'en 1777. On la voit subir la rigidité du mode de vie à la cour de Versailles et attirer dès son arrivée l'inimitié d'une partie de la cour. Elle se heurte en particulier à la comtesse du Barry, maîtresse de Louis XV. A la mort de celui-ci en 1774, Marie Antoinette devient à 18 ans reine de France et de Navarre. 

 
Marie Antoinette

IT1 20H - 28/06/1975 - 06min34s

Reportage sur le tournage, à Versailles, de la dramatique Marie-Antoinette sous la direction de Guy LEFRANC. Le réalisateur raconte les problèmes rencontrés pour tourner dans ce lieu prestigieux et les difficultés pour préserver l'authenticité de l'histoire.Petit détour historique sur la vie de Marie-Antoinette puis interviews de Geneviève CASILE et Corinne LE POULAIN sur leur rôle.  


Michèle Morgan, sa fascination pour Marie-Antoinette

Cinépanorama - 24/01/1959 - 02min05s

Séquence fiction où Michèle MORGAN déambule dans le château de Versailles. En voix off, elle parle de son attirance et de sa fascination pour le personnage de Marie-Antoinette qu'elle a interprété au cinéma dans "Marie-Antoinette, Reine de France" de Jean DELANNOY.


Portrait de la reine Marie Antoinette

JA2 20H - 14/10/1993 - 02min59s

A l'occasion de la commémoration en 1993 de l'exécution de la reine Marie Antoinette, le 16 octobre 1793, retour sur le destin de ce personnage historique. - Objets lui ayant appartenu : le soulier de Marie-Antoinette. - Gravure représentant sa fin tragique par décapitation. - Portraits de Marie-Antoinette. - Broderie de Marie-Antoinette. - Christ en ivoire et ambre - Gravures du procès et de la fosse commune où elle a été enterrée.


Sur Dailymotion :


C dans l'air- Si Marie-Antoinette m'était contée


Lettre d'adieu de Marie-Antoinette

Extrait de la lettre d'adieu de la reine Marie-Antoinette à sa belle soeur, madame Elisabeth, écrite le 16 octobre 1793 à 4h et demie du matin, quelques heures avant son exécution.

Lue par Grétel Delattre

Archives Nationales

 

Louis XVI et Marie-Antoinette

 Extrait du documentaire «La petite musique de Marie-Antoinette» (réalisation : Olivier Simonnet, production : Camera Lucida / Arte France / Château de Versailles).


Bande annonce du film Marie-Antoinette, de Sofia Coppola
 Marie-Antoinette (The Strokes-What Ever Happened ?)

 

Secrets d'histoire, émission diffusée sur France 2 en 2008 :

Stéphane Bern consacre une émission à Marie-Antoinette, au moment où le Petit Trianon ouvre ses portes au public après sa restauration, et nous fait découvrir l'intérieur de ce lieu unique.
Secrets d'histoire - Marie-Antoinette intime ... 1
Secrets d'histoire - Marie-Antoinette intime ... 2
Secrets d'histoire - Marie-Antoinette intime ... 3

Secrets d'histoire - Marie-Antoinette intime ... 4
Secrets d'histoire - Marie-Antoinette intime ... 5

Secrets d'histoire - Marie-Antoinette intime ... 6

 

Documentaire diffusé sur Arte :

Allemagne, 2004, 53mn

Marie-Antoinette n'était-elle vraiment qu'une femme insouciante courant à l'aveuglette vers son destin ? Pas si sûr… Gabriele Wengler brosse un portrait contrasté de la dernière reine de France, guillotinée en 1791 à l'âge de 38 ans.

Marie-Antoinette, de Versailles à l'échafaud 1
Marie-Antoinette, de Versailles à l'échafaud 2
Marie-Antoinette, de Versailles à l'échafaud 3

 

Marie-Antoinette, la véritable histoire :

Docu-fiction/Biographie - 1h30

2006 - France/Québec

(Réalisation de Francis Leclerc et Yves Simoneau)

 Marie-Antoinette, la véritable histoire 1
Marie-Antoinette, la véritable histoire 2
Marie-Antoinette, la véritable histoire 3
Marie-Antoinette, la véritable histoire 4
Marie-Antoinette, la véritable histoire 5

Marie-Antoinette, la véritable histoire 6


  

Sur YouTube :

 


Château de Versailles - Le petit Trianon enfin restauré

   

Le Hameau, ferme idéale de Marie-Antoinette

Le Hameau fut la ferme idéale de Marie-Antoinette. De 1783 à 1789, un fermier de Touraine veilla sur les cultures et sur les animaux tandis que la reine recevait les grandes sommités dans sa "chaumière à surprises".
Extrait du documentaire "Versailles Secret : le chantier continue»
Production : Eclectic production (2004)
Réalisation : Frédéric Wilner


Le premier portrait de Marie-Antoinette 

A Innsbruck, un palais abrite le premier portrait officiel de Marie-Antoinette, réalisé par Elisabeth Vigée-Le Brun, son artiste attitrée et son amie personnelle. On y découvre une femme élégante, une des plus jolies femmes célèbres de l'époque.


Marie-Antoinette et Louis XVI accèdent au pouvoir 

A la mort de Louis XV, le nouveau roi n'a que 20 ans et Marie-Antoinette 19 ans. Trianon devient leur refuge, à l'abri du protocole et de la cour.
Extrait du documentaire "Le petit Théâtre de Marie-Antoinette" - Dvd édité par Armide


Salle de bain de Marie Antoinette 



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Par Mélanie - Publié dans : Au temps de Marie-Antoinette
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Lundi 6 décembre 2010 1 06 /12 /Déc /2010 20:00

 

La-pharmacie-rustique-XVIIIe.jpg

 

L'hygiène au XVIIIeme siècle :

   

Au XVIIIeme siècle, l'importance de l'hygiène était sous-estimée, l'eau ayant été longtemps considérée comme dangereuse pour la santé et source de maladies.


Toutefois, peu à peu, l'eau revint à l'honneur dans la toilette.

C'est ainsi que sous Louis XV, apparaissent les cabinets de toilette, avec les premières baignoires (sabots et tubs) et les tables de toilette, avec des objets de toilette en faïence.

La toilette portait essentiellement sur le visage, les mains et la coiffure, parties non couvertes par les vêtements.

Cependant, si on se lavait peu, se contentant généralement d'une toilette sommaire avec un pot à eau et sa cuvette, on pratiquait fréquemment le bain au sein de l'aristocratie, dans le boudoir ou le cabinet de toilette, une pièce retirée qui permettait de préserver l'intimité. Ainsi Marie-Antoinette qui avait pour habitude d'y prendre parfois son café matinal dans son bain, ou d'y dicter son courrier en humant des parfums.


L'air dans Paris était plus que vicié en ce siècle. Des rues étroites et mal aérées, des maisons trop hautes, la proximité des habitations avec les égoûts et les cimetières, donnaient à Paris une atmosphère renfermée, pesante et malsaine. Les immondices exhalaient des odeurs fétides, la boue était partout présente. Les excréments étaient évacués dans les égoûts et les ruisseaux, eux-mêmes se déversant dans la Seine, dont l'eau était ensuite puisée par les porteurs d'eau, destinée à la consommation des habitants ...

Chanceux alors ceux qui pouvaient se permettre des promenades à la campagne, afin d'y respirer un air plus pur.

 

Extraits choisis des lettres de Marie-Antoinette :


Extrait d'une lettre de Marie-Antoinette à son frère Léopold II, du 29 mai 1790 : 

"Je crois qu'on va nous laisser profiter du beau temps en allant quelques jours à Saint-Cloud, qui est aux portes de Paris (la famille royale y passa en effet une partie de l'été 1790). Il est absolument nécessaire pour nos santés de respirer un air plus pur et plus frais.

Et dans une lettre à sa soeur l'archiduchesse Marie-Christine écrite le même jour : " et au moins pourrons-nous nous promener un peu. Il y aura au moins du calme pour les yeux et les oreilles, car ici, c'est tous les jours des scènes nouvelles d'horreurs qui

se passent sous nos yeux. (...) Je ne désire qu'un ordre de choses qui remette le calme et la tranquillité dans ce malheureux pays, et prépare à mon pauvre enfant un avenir plus heureux que le nôtre ; car, pour nous, nous avons vu trop d' horreurs et trop de sang pour être jamais véritablement heureux."(1)

Dans une autre lettre de Marie-Antoinette à Léopold II, datée du sept novembre 1790 :

"Notre santé continue à être bonne ; mais elle le serait bien davantage si nous pouvions seulement apercevoir une idée de bonheur à l'entour de nous, car, pour nos personnes, il est fini pour jamais, quelque chose qui arrive."(2)

 

La santé de Marie-Antoinette :

 

Le-medecin--le-chirurgien-et-l-apothicaire--XVIIIe.jpg

La Reine avait ses médecins et ses chirurgiens personnels, son premier médecin étant Lassone, remplacé en 1789 par Vicq d'Azir.

 

"Le premier médecin Lassone, pour lui donner plus de force et remplir ses désirs maternels, lui avait conseillé un voyage aux eaux de Forges, très renommées au XVIIeme siècle, où trois sources ont pris les noms du roi Louis XIII, d'Anne d'Autriche et de Richelieu. 

Lassone ordonnait souvent à la reine l'usage du petit-lait mêlé avec une décoction de laitue.  

La reine faisait parfois usage de l'acier, mais la sensibilité de ses nerfs rendait difficile une longue continuité de ce tonique, un peu trop actif pour  elle. Joseph Marie François de Lassone, 1770

Dès cette époque (1780) elle prenait les  eaux de Vals, si connues aujourd'hui, pour dissiper ses embarras de rate et elle s'en trouvait bien. 

Somme toute, elle n'était sujette qu'à des incommodités légères, ne réclamant que des ménagements. Son médecin prétendait qu'elle était d'une complexion sanguine ; elle souffrait souvent de faiblesses d'entrailles.

Lassone lui faisait prendre aussi du lait d'ânesse pour sa poitrine.

Marie-Antoinette aimait, comme on le sait, faire de petits cadeaux : tantôt elle envoyait des parfums, des élixirs à ses amies, tantôt elle fournissait sa mère d'une eau appelée Eau Divine que Marie-Thérèse trouvait "trop forte"."(1)

 

 

Marie-Antoinette précise, tout au long de ses lettres, l'importance pour sa santé de prendre du repos et de veiller peu, quand elle est malade ou en convalescence.

 

Les remèdes favoris en cette époque étaient le lait d'ânesse, le fer (préparé avec de la  limaille de fer), la saignée, le quinquina, les eaux minérales et les purgatifs, et tous ces traitements faisaient partie de ceux appliqués à la Reine, de même que les sangsues (pour la fièvre et le mal de gorge).

 

 

pots-a-lait.jpg Le lait à l'époque était "considéré à la fois comme un excellent aliment, et souvent un des plus puissants médicaments et il faut convenir que la médecine n'a pas à sa disposition de moyen plus agréable et souvent plus efficace" (3). Pour le régime du lait, conseille Moreau, "il vaut toujours mieux le prendre seul avec du pain" : "J'ai guéri une personne qui avoit la poitrine en très mauvais état, en la mettant au lait pour toute nourriture, elle a continué et a été parfaitement rétablie. Il faut essayer le lait chaud, si le lait froid est mal digéré, parfois le contraire, d'autres fois y ajouter du sucre. Le lait est meilleur quand l'animal paisse dans des terrains pas trop humides."


La Reine suivait souvent un régime de petit-lait que son médecin Lassonne lui conseillait pour soigner le rhume. "Le petit-lait est purgatif, diurétique et diaphorique, altérant et légèrement nourrissant. Il peut s'employer dans les maladies aigües, et constituer à lui seul un traitement, utilisé pour les affections catarrhales des bronches et du tube digestif." De plus,"les bains de petit-lait sont un sédatif puissant".(4)


Le lait d'ânesse est particulièrement recommandé à la reine pour traiter la fièvre, le rhume et la toux, pour ses propriétés particulières. Et toujours selon Moreau, il a des vertus analeptiques et nutritives, ainsi que laxatives. "Il est prescrit au printemps ou à l'automne. On donne communément le lait d'ânesse une fois par jour, depuis une demie livre jusqu'à une livre. On le prend ou le matin à jeun, ou le soir en se couchant, au degré de chaleur où on trait le lait. On y ajoute quelquefois un morceau de sucre, mais cette addition est assez inutile, le lait d'ânesse étant naturellement très doux. On conseille au malade de rester tranquille après l'avoir pris, et même de dormir quand il a l'estomac faible. On ne lui donne rien à prendre que trois heures après, temps où le lait est passé. On a coutume de mettre à la pâture l'ânesse qui doit le fournir, ou de la nourrir, autant qu'il est possible, de fourrage vert, surtout de tiges presque mûres de froment ou d'orge. On doit encore la bien étriller plusieurs fois par jour, et lui fournir une bonne litière."(3)

 

L'Eau Divine, pour Antoine Dejean, "outre que son parfum est exquis, fortifie le cerveau, le coeur et l'estomac, aide à la digestion".(5)

 

Les inoculations de "levain de variole", alors à la mode, étaient faites au château de Marly pour prévenir la famille royale de la petite vérole.


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08_quinquina.jpg  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Les pilules d'ipécuanha sont également prescrites à la Reine, pour soigner son rhume et sa toux.

Ces pilules sont fabriquées à partir de racine de Bryone, réputée alors pour le traitement "des maladies chroniques qui dépendent de la congestion des humeurs,  et dans les maladies aigües, comme évacuant général des premières voies. Elle est à volonté vomitive ou purgative, et elle est toujours dépurative des humeurs du sang. Elle a la propriété particulière d'exciter puissamment la sécrétion des urines ; elle est calmante".(6)

 

Le quinquina était lui aussi fréquemment utilisé, pour sa  puissante action tonique, et ses propriétés antiseptique et antispasmodique.


Marie-Antoinette dans ses lettres évoque parmi les remèdes qu'on lui donne les eaux de  Carlsbad (pour la fièvre tierce), et celles de Vals (pour des "embarras au niveau de la rate depuis sa fièvre tierce").

On peut lire dans le "Manuel des eaux minérales naturelles que "Les eaux sont consommées soit pures, soit diluées avec du lait ou du petit-lait, ou du lait d'ânesse .

Les eaux de Carlsbad (Bohême) prises en boisson, excitent les organes digestifs, produisent une légère purgation avec des selles assez liquides, mais sans colique. Elles favorisent les sécrétions urinaires et cutanées, et sont utiles dans les diverses  affections chroniques du bas-ventre. Elles sont employées en boisson ou en bain. 

Les eaux de Vals (en Ardèche) à une certaine dose, tantôt excitent les intestins et provoquent une purgation plus ou moins abondante, tantôt elles portent leur action sur les reins et augmentent beaucoup la sécrétion urinaire. Les personnes menacées de fièvre peuvent les prendre seules ou coupées avec du lait." (7)

 

(1) "Lettres inédites de Marie-Antoinette et de Marie-Clotilde de France" , publiées et annotées par le Comte de Reiset en 1876

(2) "Lettres de Marie-Antoinette", publiées par Maxime de la Rocheterie et le Mis de Beaucourt, 1895-1896

(3) "Encyclopédie méthodique", de Jacques-Louis Moreau, 1787

(4) "Essai théorique et pratique sur la cure de raisin à Vevey", d'Henri Curchod, 1860

(5) "Traité des odeurs", d'Antoine Dejean, 1764

(6) "Lettre à Messieurs les membres de la société royale de médecine de Paris, d'Harmand de Montgarny, 1783

(7) "Manuel des eaux minérales naturelles", de P. Patissier et A.-F. Boutron-Charlard, 1837

 

 

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Par Mélanie - Publié dans : Au temps de Marie-Antoinette - Communauté : Passion Histoire
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Lundi 6 décembre 2010 1 06 /12 /Déc /2010 07:00

 

francois_boucher_robe-a-la-francaise.jpg Au XVIIIeme siècle sous le règne de Louis XVI, deux élégantes exercent une influence majeure sur l'Europe entière : la reine Marie-Antoinette et sa marchande de modes Rose Bertin.

Cette période est riche par le nombre et la variété des robes créées.

La mode avait en ce siècle une influence forte sur les Français, et elle reflétait aussi bien la richesse et la classe sociale que les attitudes sociales et politiques ainsi que les arts.

 

La Cour, après le règne de Louis XV, garde le goût des toilettes luxueuses, et Marie-Antoinette, malgré la simplicité de son éducation à Vienne, adopte cette tendance. Et entre 1776 et 1778, le luxe à la Cour de France lors des grandes cérémonies frisait l'insolence : d'immenses robes à paniers étaient couvertes de falbalas, de pierreries et de perles, et même les souliers étaient brodés de diamants.

Elles sont volumineuses par leur panier, rendant difficile le passage dans les couloirs étroits.

 

Vers 1780, on revient à la simplicité, et Marie-Antoinette donne l'exemple, en portant des robes légères de percale ou de taffetas. Et avec le goût du retour à la nature prôné par Jean-Jacques Rousseau, les falbalas, garnitures et broderies sont moins répandus, de même que les robes à panier volumineux, qui sont remplacés par les tournures consistant en deux canevas matelassés de crin.

 

En 1783, un changement radical s'opère : "Jamais les femmes ne se sont mises avec autant de simplicité. Plus de robes riches, plus de garnitures, plus de manchettes à trois rangs. Plus de folles coiffures. Un chapeau de paille avec un ruban, un mouchoir sur le col, un tablier à la maison"(1). Les couleurs claires sont en vogue, notamment dans les toiles de Jouy à fond blanc.

 

En 1786, le mouvement vers la simplicité s'accentue. "Il n'est plus guère d'usage aujourd'hui pour les femmes de porter des robes de grande parure. On ne porte plus de ces grands paniers, ni de ces robes traînant d'une aune à terre"(2). Les robes ne sont plus ornées de garnitures, de falbalas ou de bouillons.

Cette même année, la mode anglaise va inspirer les élégantes en France, imitant les hommes. Ainsi, elles vont porter la redingote masculine et la cravate.

 

Vers 1788, les jupes ont un rang de volants et on porte une large ceinture ornée d'une grosse boucle sur le devant. C'est aussi la mode des écharpes de taffetas ou de cachemire passées sous le bras, croisées dans le dos et ramenées par-devant en nouant les extrémités.

Et dans les dernières années du règne de Louis XVI, les femmes portent le caraco étroit et la robe à l'anglaise.

 

Les talons des chaussures sous Louis XVI sont moins hauts, et ils sont le plus souvent gainés de cuir blanc. Les coquettes fortunées ne portent plus que des souliers de soie, de couleur mordorée ou gorge-de-pigeon.

 

Les principaux types de robes sont la robe à la française, la robe à la polonaise, la robe à la lévite et la robe à l'anglaise.

Le corsage était généralement décolleté. Il s'agrafait par-devant, et l'agrafe était masquée par un noeud de ruban.

Le corps à baleines ou corset était muni d'aiguillettes qui maintenaient le second jupon.

Le corsage de dessous, avec ou sans manche, ressemblant à un gilet, était toujours apparent par-devant.

 

La robe à la française :


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Elle dérive de la robe battante existant sous Louis XV, sorte de robe de chambre du Baroque. C'est une robe à paniers, en vogue sous Louis XV. Sous Louis XVI, deux paniers s'étalaient à la hauteur des hanches. La jupe était ornée d'un volant de dentelles, de rubans et de bouillons de gaze. Elle pouvait présenter des plis Watteau.


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La robe à la polonaise :

 

Cette robe fut très en vogue entre 1776 et 1787. C'est une variante de la robe à la française.

Les manches étaient "en sabot", s'évasant légèrement et garnies d'un brassard d'où pendaient souvent des manchettes de dentelles ou de gaze bouillonée, et ce brassard se serrait à intervalles réguliers avec des rubans ou des rangs de perles. Le corsage, très ouvert, tenait à la double jupe, le devant et le dos étant d'une pièce jusqu'en bas de la robe.

La jupe possédait trois volants (les ailes et la queue), qu'on pouvait retrousser à volonté, par un jeu de rubans intérieurs. Elle pouvait donc être courte, laissant entrevoir les chevilles, ou rester flottante.


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La robe à la circassienne est une variante de la robe  à la polonaise. Elle possède trois pans qui peuvent être également retroussés. C'est la forme et la disposition des manches qui caractérisent cette robe : très courtes et en entonnoir, descendant jusqu'aux poignets, ou encore s'arrêtant à la saignée du bras, elles sont ornées de manchettes.


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Les caracos et chemises :

 

A la polonaise ou à la française, les caracos sont des robes coupées sous les hanches, s'agrafant par-devant. Les manches sont en sabot.

 

A partir de 1781, Marie-Antoinette avait coutume de porter la gaulle, ou chemise de la reine, qui est en fait une robe d'intérieur, de gaze ou de soie. Cette robe tombait droit, et était très décolletée.


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La robe à la lévite : 

 

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C'est une robe à la lévite longue, traînante et tenue par une ceinture. La lévite est une redingote masculine. La robe redingote est le plus souvent ouverte par-devant, elle peut aussi être fermée et boutonnée du haut en bas par de gros boutons en métal.

 

La robe à l'anglaise :

C'était une robe à corsage ajusté, aux manches bouffantes, collerette et vertugadin plus large que les épaules. Sans corps baleiné et sans paniers, elle se ferme devant par un gilet, en redingote ouverte. Les côtés de la jupe s'ouvrent sur un jupon. Ajustée à la taille, la robe a une queue traînante. Les manches sont bouffantes.

La vogue de ce type de robe annonce la disparition des paniers, qui vont être remplacés par la tournure.


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Peu à peu, les  robes reviennent donc à des formes plus naturelles. 

Les robes sont ajustées et légères. 

Marie-Antoinette achète ses accessoires (dentelles, rubans, plumes, bonnets et chapeaux), ses vêtements et ses coiffures auprès la marchande de modes Rose Bertin, qui continue à fournir une clientèle parisienne.

Les tissus offrent des bouquets de couleurs, en faveur des tons pastels, des verts d'eau et des lilas, des roses pâles, ornés de multiples motifs floraux. Ce sont de lourds brocards, de riches taffetas, des soies de Lyon, des imprimés de Jouy, ou plus simplement du coton léger.

Elle porte des robes légères de percale ou de taffetas, et se chausse de souliers de soie dotés de petits talons.

L'éventail fait partie de ses accessoires favoris, qu'lle porte souvent en public, comme toutes les élégantes de l'époque.

 

 En 1781, la Comtesse d'Ossun (Geneviève de Gramon) devient sa dame d'atours, elle même ayant sous ses ordres une première dame des atours, chargée de l'entretien des vêtements de la Reine, deux femmes pour les repasser et les plier, ainsi que deux valets de garde-robe et un garçon de garde-robe.

 

couv_gazette_atours-copie-1.jpg "Les archives de l'Empire possèdent un curieux volume qui porte sur un de ses plats de parchemin vert : A madame la comtesse d'Ossun. Garde-robe de la Reine, gazette pour l'année 1782. Ce sont, collés à des pains à cacheter rouges sur le papier blanc, les échantillons de robes portés par la Reine de 1782 à 1784. C'est comme une palette de tons clairs, jeunes et gais, dont la clarté, la jeunesse, la gaîté ressortent davantage encore, quand on les compare aux nuances feuille-morte et carmélite, aux couleurs presque jansénistes des toilettes de Mme Elisabeth, que nous montre un autre registre. Reliques coquettes, et comme parlantes à l'oeil, où un peintre trouverait de quoi reconstruire la toilette de la Reine à tel jour, presque à telle heure de sa vie ! Il n'aurait qu'à parcourir les divisions du livre : Robes sur le grand panier, robes sur le petit panier, robes turques, lévites, robes anglaises, et grands habits de taffetas ; grandes provinces du royaume que se partageaient Mme Bertin, garnissant les grands habits de Pâques, Mme Lenormand, garnissant de broderies de jasmins d'Espagne les robes turques couleur boue de Paris, et la Levêque, et la Romand, et la Barbier, et la Pompée, travaillant et chiffonnant, dans le bleu, le blanc, le rose, le gris perle semé parfois de lentilles d'or, les habits de Versailles et les habits de Marly qu'on apportait chaque matin à la Reine dans de grands taffetas." (3)

On peut d'ailleurs se procurer cette gazette sur Amazon ou encore par exemple sur le site Boutiquesdemusées.


 

(1) "Le tableau de Paris", 1783

(2) "Cabinet des modes"(1785-1789)

(3) "Histoire de Marie-Antoinette", d'Edmond et Jules Goncourt, 1858

Autres sources :

"L'histoire du costume", collectif, éditions Flammarion, 1996

Site Academic

 


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Par Mélanie - Publié dans : Au temps de Marie-Antoinette - Communauté : Plurielles
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Jeudi 2 décembre 2010 4 02 /12 /Déc /2010 20:00

 VigeeLebrun MarieAntoinette versailles 1780

 

Le XVIIIeme siècle a été le siècle d'un  renouveau du parfum, avec un retour assidu de son usage.

 

En cette époque, l'univers des odeurs était  différent de celui qui est le nôtre aujourd'hui, et l'air était chargé d'effluves malodorantes que l'on ne supporterait plus aujourd'hui. 

 

On donnait aux arômes de nombreuses vertus, notamment au niveau médical, et dans un but de protection et de purification, on usait et abusait du parfum.

Sous Louis XV, la Cour de Versailles est surnommée "la Cour parfumée", tant les couloirs en étaient  imprégnés.

Le parfum y était omniprésent, du corps au linge, de l'habillement aux  accessoires. "Etre propre, c'est être parfumé"(1).

On met des sachets ou des pétales de rose dans les plis et revers des vêtements et des chapeaux. Les gants, les mouchoirs, les éventails, sont abondamment parfumés. Des rubans parfumés sont disposés dans des "déshabillés de senteur" doublés de peau parfumée et garnie de tissus aussi parfumés, et seront choisis le matin par la belle pour compléter sa parure.

 

Le parfum au XVIIIeme siècle est utilisé sous de multiples formes : eau de senteur, poudre, gant cosmétique, huile ou vinaigre, pâte odorante ... Et de même qu'on parfume le corps et les vêtements, on diffuse des fragrances dans l'habitation, avec les brûle-parfums, cassolettes et pot-pourris.


Sous Louis XV, on choisissait des senteurs puissantes, animales, telles que le musc et la civette.

 

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 Marie-Antoinette, quant à elle, appréciait ces odeurs vives et fortes, et leur préférait les  senteurs florales, légères et délicates, comme celles de la rose et de la violette. C'est ainsi que les senteurs champêtres et naturelles, douces et fruitées revinrent à la mode, ce qui est encore le cas de nos jours.

 

La reine avait son propre  parfumeur,  Jean-Louis Fargeon.

Il lui créait des parfums ainsi que de nombreux produits de soin. Il deviendra d'ailleurs par la suite le parfumeur attitré de Napoléon.  

Pour Marie-Antoinette," il confectionnait des eaux spiritueuses à base de rose, de violette, de jasmin, de jonquille ou de tubéreuse obtenues par distillation en présence d'esprit de vin, après infusion plus ou moins prolongée. Il les intensifiait avec du musc, de l'ambre ou de l'opopanax." (2) Ces parfums étaient employés à parfumer l'air, au moyen de pastilles à brûler ou de pot-pourris fleuris. Ils étaient aussi u tilisés en sachets parfumés, qu'affectionnait la Reine.

Elle aimait les parfums légers, ses préférences allant aux fragrances de rose, de lis, de violette et d'oeillet, avant de prendre goût aux parfums plus prononcés.

De même, il lui préparait des gants parfumés, lesquels étaient fabriqués en peau idoine.

Fargeon composa à la demande de Marie-Antoinette un parfum qui devait évoquer le Trianon. C'est ainsi qu'il conçut le Parfum de Trianon, dont la rose était la note principale, autour de laquelle se retrouvaient les fleurs d'oranger, la lavande, le cédrat et la bergamote, et enfin le galbanum. Au coeur de ce parfum : les effluves de l'iris et la violette, ainsi qu'une pointe de jonquille. A ce bouquet il mêla le jasmin, le lys et la tubéreuse. Pour le fond de sa préparation, il choisit la vanille, le cèdre et le santal, l'ambre et le musc, ainsi qu'un peu de benjoin.

Marie-Antoinette, ainsi que la Cour royale et la noblesse, se fournissait également chez le parfumeur gantier Jean-François Houbigant, qui avait établit sa boutique "A la corbeille de fleurs" à Paris en 1775, rue Faubourg Saint-Honoré.  

 

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Quelques recettes choisies dans la "Toilette de Flore" :

 

Eau divine :  

"Pour la faire, prenez au commencement du mois de Mars deux onces, de chacune des racines de vrai Acorus, de Bétoine, d'Iris de Florence, de Souchet long, de Gentiane, de Scabieuse, une once, de Cannelle et autant de Santal citrin, deux gros de Macis, une once de baies de Genièvre, six gros de Coriandre ; pilez ces drogues et ajoutez-y les zestes de six beaux citrons et de six belles oranges de Portugal : mettez le tout dans un grand vaisseau avec dix pintes de bon esprit de vin, remuez bien le tout, ensuite bouchez bien exactement le vaisseau, jusqu'à la floraison des fleurs ; et dans le temps que chaque fleur est dans sa force, mettez-y alors une demi-poignée, de chacune des fleurs suivantes : Violette, Jacinthe, Giroflée jaune, Jonquille, Rose rouge, Rose pâle, Rose blanche et musquée, Oeillet, Orange, Jasmin, Tubéreuse, Romarin, Sauge, Thym, Lavande, Marjolaine, Genêt, Sureau, Millepertuis, Souci, Camomille, Nicotiane, Muguet, Narcisse, Chèvre-feuille, Bourrache, Buglosse. Il faut trois saisons pour voir fleurir ces fleurs, le printemps, l'été et l'automne, ce qui fait un temps considérable. Chaque fois que vous mettez une partie de vos fleurs, vous mêlerez le tout ensemble ; vous userez ainsi depuis la première jusqu'à la dernière des fleurs, mettez le tout dans une cucurbite couverte de son chapiteau, bien luttée, mise dans un bain-marie au feu tempéré, rafraîchissez souvent, vous en tirerez cinq pintes d'esprit d'une rare qualité, soit pour remède, soit pour l'odeur : cette Eau est une des meilleures."

 

Eau de la Reine de Hongrie :

Vous mettrez dans un alambic une livre et demie de fleurs de Romarin bien fraîches, fleurs de Pouliot, de Marjolaine, de chacun une demi-livre ; et par-dessus tout cela trois pintes de bonne Eau-de-Vie. Ayant bien bouché l'Alambic pour empêcher l'évaporation, vous la mettrez durant vingt-huit heures en digestion dans le fumier de cheval, bien chaud, ensuite vous le ferez distiller au bain-marie.

L'usage de cette Eau est d'en prendre une ou deux fois la semaine le matin à jeun, la quantité d'un gros, avec quelqu'autre liqueur ou boisson, de s'en laver le visage et tous les membres où l'on se sent quelque douleur ou débilité. Ce remède renouvelle les forces, dissipe les nuages de l'esprit, fortifie la vue, et la conserve jusqu'à une vieillesse décrépite, fait paroître jeune la personne qui en use, est excellente pour l'estomac et la poitrine, en s'en frottant par-dessus.

 

Eau de Senteur :

Prenez Basilic, Menthe, Marjolaine, Racine d'Iris, Hyssope, Sariette, Mélisse, Lavande, Romarin, de chacune une poignée, Cloux de Gérofle, Canelle, Noix muscade, de chacun une demi-once, trois ou quatre Citrons en rouelles assez épaisses, faites-les tremper dans une bonne quantité d'Eau de Rose pendant trois jours, puis distillez le tout au bain-marie, à petit feu ; la distillation faite, ajoutez-y un scrupule de Musc. Ou bien :

Prenez Marjolaine, Thym, Lavande, Romarin, petit Pouliot, Roses rouges, Fleurs de Violettes, Oeillet, Sarriette, écorce d'Orange rouge ; faites tremper le tout dans du Vin blanc, jusqu'à ce que les matières seroient précipitées au fond du Vin, puis distillez deux ou trois dans un Alambic. Gardez l'Eau dans des bouteilles bien bouchées, et le mare pour des parfums.

 

Eau d'Ange, qui embaume par son agréable odeur :

Mettez dans un grand Alambic les drogues suivantes. Benjoin, quatre onces, Storax, deux onces, Santal citrin, une once, cloux de Gérofle, deux gros, deux ou trois morceaux d'Iris de Florence, la moitié d'une écorce de Citron, deux Noix muscades, Canelle, demi-once, deux pintes de bonne Eau de Roses, une chopine d'Eau de Mélisse, vous mettrez le tout dans un Alambic bien scellé, et vous le distillerez au bain-marie ; cette distillation est une Eau d'Ange exquise.

 

Eau Couronnée :

Mettez dans huit pintes d'Eau-de-Vie une demi livre de Violettes épluchées, deux onces de racine d'Iris, une demi-livre de Jonquille double, quatre onces de felurs d'Orange épluchées, quatre onces de Roses musquées blanches, six onces de Tubéreuse, deux gros de Macis, un gros de cloux de Gérofle ; deux onces de quintessence de Bergamotte, deux onces de quintessence d'Orange du Portugal ; toutes les fleurs doivent être cueillies dans leur saison : il faut observer de mettre avec la Violette, l'Iris pilée, le Macis et le Gérofle, d'y ajouter ensuite les fleurs dans leur saison, et de ne mettre la quintessence qu'après la Tubéreuse, qui est la dernière fleur. Toutes les fois que vous mettrez une nouvele fleur, vous remuerez le tout, et boucherez très-exactement le vaisseau. Huit jours après que vous y aurez joint la Tubéreuse, mettez le tout dans une Cucurbite, couvrez-la de son chapiteau, luttez exactement et faitesen la distillation au bain-marie. Ayez soin de rafraîchir souvent : adaptez et luttez le Récipient, mettez-le dans une terrine pleine d'Eau, afin que les esprits en tombant se refroidissent, pour la conservation de sa force et de son parfum. Vous retirerez de cette opération quatre pintes de bon esprit de vin, que vous pouvez présenter à ceux qui ont le goût le plus fin, ils en seront parfaitement satisfaits.

 

Eau de Lavande :

Prenez des fleurs de Lavande récentes ou sèches, arrosez-les de Vin ou d'Eau-de-Vie, ou d'Eau de Rose, et faites-les y infuser, après quoi vous les distillerez. L'Eau sera plus odorante, si vous faites sécher les fleurs au soleil dans une phiole de verre bouchée, et qu'ensuite vous jettiez du Vin blanc par-dessus.

 

Eau des Dames :

Prenez deux poignées et demie de Roses rouges, fleurs de Romarin, de Lavande, d'Aspic, de chacun une poignée, brins de Thym, fleurs de Camomille, de petite Sauge, de Pouliot, de Marjolaine, de chacun une poignée ; faites tremper le tout dans du vin blanc pendant vingt-quatre heures, puis mettezle dans l'Alambic ; arrosez le de bon vin blanc, et répandez par -dessus la poudre suivante, composée d'une once et demie de Cloux de Gérofle choisis, une once de Maniguette, Benjoin, Storax, Calamite, de chacun deux gros, l'Eau distillée doit être gardée dans un vaisseau bien bouché. (3)

 

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Sources :

(1) "Jean-Louis Fargeon, parfumeur de Marie-Antoinette", d'Elisabeth Feydeau, 2005, Editons Perrin 

(2) "Le parfum des origines à nos jours", de Annick Le Guérer, 2005, Editions Odile Jacob

(3) "Toilette de Flore, à l'usage des Dames", de Pierre Joseph Buc'hoz, 1771

(Dans cet ouvrage, Buc'hoz, médecin botaniste, donne de nombreuses recettes de beauté de l'époque. Marie-Antoinette le rencontra dans son jardin de Trianon, où il dessinait des plantes)   

  


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Par Mélanie - Publié dans : Au temps de Marie-Antoinette
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