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Ancien Régime

Samedi 11 juin 2011 6 11 /06 /Juin /2011 22:37

 

Pour les compositions de Pastilles à brûler, il ne faut entreprendre d'y mêler que des choses qui sont propres à brûler, et qui poussent de l'odeur dans la fumée, car autrement ce seroit autant de perdu.

Par exemple, si vous y mettez de la Civette, elle rendra plutost une méchante odeur qu'une bonne. Pour preuve, mettez un grain de Civette dans le feu, il sentira plus mauvais que bon. Et le Musc de même. Et au contraire mettez-y de l'Ambre et vous tirerez une odeur agréable, at ainsi des autres drogues.

 

 

Pastilles communes.

 

Vous mettrez dans le mortier une livre de Benjoin commun, demi once de clou de Girofle, deux gros de Canelle, un morceau de Calamus, vous pilerez le tout ensemble et le passerez au Tamis de crin. Ensuite vous ferez détremper de la gomme Adragant avec de l'eau commune, et vous mettrez dans le mortier la poudre que vous aurez passée avec une écuellée de cette gomme, et vous les mêlerez et pilerez ensemble pour former la pâte.

Si vous trouvez que votre pâte soit trop molle, vous y remettrez de la poudre, ainsi la pâte est aisée à faire. Il ne s'agit après que d'aplatir votre pâte avec un rouleau, et de tailler vos Pastilles avec le moule, et les mettrez sécher, et elles seront faites.

 

Les moules dont on se sert pour tailler les Pastilles sont de fer blanc. Ils sont faits comme si c'étoit un cornet ou étuy, à mettre le doigt. De force qu'appuyant par un bout sur la pâte qui est mince, en tournant le moule, la Pastille demeure dedans, et en soufflant par l'autre bout elle sort du moule.

 

Ou (sans moule), vous aplatirez la pâte avec un rouleau et taillerez vos Pastilles à votre gré, et à mesure qu'elles seront taillées vous les mettrez sécher sur un papier à l'air.

 

 

Pastilles de Rozes et Oiselets.

 

Vous pilerez et passerez au Tamis de crin une livre de marc d'eau d'Ange, de celuy qui sera sorti de l'eau d'Ange du premier Article des Eaux ; et duquel vous ôterez les Citrons. Et étant réduit en poudre vous le mettrez dans le mortier, y ajoutant une poignée de feuilles de Rozes fraîchement cueillies, et une écuellée de gomme Adragant détrempée avec de l'eau de Rozes. Vous pilerez le tout ensemble assez long-temps pour bien former la pâte, vous l'aplatirez avec un rouleau et la couperez avec un couteau par tablettes comme vous voudrez.


Pour en faire des Oiselets vous en prendrezdes morceaux que vous roulerez dans les mains comme un bout de bougie, longs comme le doigt, auquel vous ferez un bout un peu large pour le faire tenir debout ; et les mettrez sécher. Ces sortes de Pastilles s'allument comme une Chandelle, et brûlent jusqu'à la fin sans s'éteindre et produisent une fumée d'une très bonne odeur.

 

 

Pastilles d'Espagne.

 

Vous pilerez et mettrez en poudre, passée au Tamis de crin, le marc de l'eau d'Ange, du second Article de l'eau d'Ange, et vous ferez détremper de la gomme Adragant avec de l'eau de fleurs d'Orange. Et vous en ferez une pâte dans le mortier avec votre poudre.

Vous taillerez ensuite vos Pastilles avec les moules et les mettrez sécher, et elles seront faites.

 

Autre manière.

 

Vous mettrez dans le mortier une livre de Benjoin, demi livre de Storax bien sec, demi once de Canelle, deux gros de Girofles, deux onces de Rozes de Provin, et un morceau de Calamus. Vous pilerez le tout ensemble et le passerez au Tamis de crin, jusqu'à ce que le tout soit consommé. Vous ferez ensuite détremper de la gomme Adragant avec de l'eau de Mille-fleurs et l'eau de fleurs d'Orange, autant de l'une que de l'autre. Puis vous ferez votre pâte dans le mortier avec votre poudre et votre gomme comme à l'ordinaire.

Puis vous les taillerez à votre gré et les mettrez sécher, et elles seront faites.

 

 

Pastilles de Portugal.

 

Vous pilerez et passerez au Tamis de crin une livre du meilleur marc d'eau d'Ange que vous ayez. Ensuite vous détremperez de la gomme Adragant avec de l'eau de fleurs d'Orange. Et faites votre pâte dans le mortier avec votre poudre et votre gomme comme à l'ordinaire, à l'exception qu'il faut faire votre pâte un peu plus ferme.

Vous ferez ensuite chauffer le cu du petit mortier et le bout de son pilon, et fairez fondre par sa chaleur vingt grains d'Ambre, il n'importe duquel, et y ajouterez un filet d'eau de Mille-fleurs pour le délayer. Vous augmenterez cette eau jusqu'à la quantité d'un demi-verre. Ensuite, vous mettrez votre mortier sur un réchaut de feu, et votre composition étant chaude vous la verserez sur votre pâte et la mêlerez bien, et elle sera faite.

Vous taillerez vos Pastilles avec les moules comme à l'ordinaire et les mettrez sécher.

 

 

Manière de détremper la gomme pour faire les Pâtes des Pastilles.

 

Vous mettrez détremper votre gomme en telle eau que vous voudrez, mais il faut que l'eau ne la surpasse que de la hauteur d'un travers de doigt, parce qu'il ne la faut pas noyer tout d'un coup. Et lors qu'elle aura bu l'eau vous en ajouterez encore. Et ainsi peu à peu, jusqu'à ce qu'elle soit détrempée, non pas trop liquide, mais seulement bien molette et bien détrempée, et vous vous en servirez.

 

 

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Par Mélanie - Publié dans : Ancien Régime - Communauté : nature et bien être
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Vendredi 10 juin 2011 5 10 /06 /Juin /2011 22:48

 

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A une époque où le savon était constitué essentiellement à base de cendre et de graisse animale, il n'était pas d'une odeur très raffinée, et les parfumeurs possédaient leurs secrets pour en améliorer la senteur.

Ainsi, ils commençaient par "purger" le savon, opération consistant à en enlever les mauvaises odeurs. Puis ils le parfumaient par différents moyens.

 

 

Avertissements.

 

Les plus excellentes et les meilleures Savonnettes étoient autrefois celles de Bologne, car les Bolonnois avoient trouvé le secret de si bien préparer et parfumer le Savon, que personne n'avoit jusqu'alors entrepris sur leur manière, mais ils ont si fort négligé de les bien parfumer, et l'on s'est si bien étudié que l'on a trouvé le moyen de faire mieux qu'eux.

De sorte que présentement toutes les Savonnettes que l'on vend pour Bologne n'en sont point, mais elles sont aussi bonnes, puisque l'on se sert du Savon qu'ils apprêtent, et que tout dépend de la manière de les parfumer ainsi que vous le verrez.


A l'égard des autres sortes de Savonnettes, tout l'art consiste à bien préparer le Savon comme je l'enseigne, car le Savon ayant de soi-même une assez méchante odeur, il est besoin de la luy ôter avant que d'y mettre aucun parfum. C'est l'avis le plus important sur ce sujet.

Quand aux communes il n'est pas nécessaire qu'il soit purgé si l'on ne veut, car les essences que l'on y met pénètrent tout.


Si on les veut marquer de quelque marque ou cachet, il faut que ce soit lors qu'elles sont roulées et un peu raffermies, et si on les veut dorer, il faut attendre qu'elles soient fraîches. Il n'y a pour cet effet, qu'à humecter la marque de la Savonnette avec un peu de coton imbibé d'eau de senteur, ensuite poser la Savonnette sur la feüille d'or, que vous aurez auparavant coupée à peu près de la grandeur de la marque, et appuyer l'or avec un peu de coton sec. Et cela sera fait.

 

 

Manière de purger le Savon.

 

Vous prendrez une Table de Savon, que vous ratisserez bien, ensuite la découperez bien mince et vous mettrez le tout dans un grand chauderon sur le feu avec cinq ou six pintes d'eau. Et vous ferez fondre votre Savon, toujours remuant avec un bâton jusqu'à ce qu'il soit bien fondu.

Ensuite vous le verserez dans des vaisseaux et le laisserez plusieurs jours jusqu'à ce qu'il soit bien fermé. Puis vous le découperez tout le plus mince que vous pourrez, et vous le laisserez sécher jusqu'à ce qu'il soit dur comme du bois.

Ensuite vous le mettrez dans des vaisseaux ou bassins et verserez de l'eau de vie suffisamment pour le détremper.

Vous y jetterez aussi quelque poignée de sel, et le tournerez bien dessus dessous, afin que le tout soit bien imbibé.

Puis vous le mettrez derechef sécher à l'air, jusqu'à ce qu'il soit bien sec, et pour lors quand vous en aurez besoin vous le ferez ramollir selon les Savonnettes que vous voudrez faire, comme vous trouverez dans leurs articles.

 

 

Savonnettes communes.

 

Prenez cinq livres de Savon que vous ratisserez et le mettrez dans le mortier pour le piler assez longtemps. Ensuite maniez bien votre Savon pour en retirer les petits morceaux qui n'auront pas été pilés.

Remettez votre Savon dans le mortier et y mettez aussi deux livres de poudre d'amidon, une once d'essence d'Orange ou de Citron, et environ un demi septier d'eau de Macanet préparée de la manière que je vous le diray bien-tôt. Mêlez doucement le tout ensemble avec le pilon, et ensuite pilez le tout assez long-temps, et cela sera fait.

Il ne s'agira plus que de rouler votre pâte de la façon que vous voudrez pour en faire des Savonnettes et les laisser sécher. Si votre pâte se trouve trop molle, il faut laisser raffermir d'elle-même.

L'Eau de Macanet se fait ainsi. Vous pilerez quatre onces de Macanet dans le mortier, et le mettrez tremper dans une chopine d'eau du jour au lendemain. Ensuite vous passerez cette eau par un linge et exprimerez bien le Macanet, puis vous ferez détremper dans la même eau deux onces de blanc de Céruse que vous aurez mise auparavant en poudre. Vous y ajouterez encore une poignée de sel et vous en servirez comme j'ay dit.

 

 

Autre manière.

 

Lors que vous aurez pilé cinq livres de Savon comme cy-devant, et retiré les grumelots, vous remettrez votre Savon dans le mortier, et vous y ajouterez deux livres de poudre d'amidon, environ un demi septier d'eau de Macanet apprestée comme cy-devant, une cuilierée d'huile d'Aspic, une demi once d'Orange ou de Citron, et deux cuilierées de Storax liquide appresté comme cy-après.

Vous mêlerez le tout doucement avec le pilon. Ensuite vous le pilerez à grands coups jusqu'à ce que le tout soit bien mêlé et incorporé, et cela sera fait.

Le Storax liquide s'appreste ainsi. Vous mettrez une once de Storax liquide dans une terrine avec un demi verre d'eau, et remuerez le Storax avec une cuillière à mesure qu'il fondra, et étant fondu vous vous en servirez comme il est dit.

 

 

Autre manière.

 

Faites fondre cinq livres de Savon coupé bien mince, avec une pinte d'eau de Citron, et étant bien fondu passez le tout dans un linge qui ne soit point trop fin. Ensuite ajoutez y deux livres de poudre d'amidon, une once d'essence d'essence d'Orange ou de Citron, deux onces de Céruse détrempée dans un verre d'eau. Vous paitrirez bien votre pâte avec les mains, jusqu'à ce que le tout soit bien mêlé, et lors que votre pâte sera raffermie, vous roulerez vos Savonnettes de la grosseur que vous voudrez, et les mettrez sécher.

Pour faire l'Eau de Citron, vous couperez par morceaux environ une demi douzaine de Citrons, vieux ou non, il n'importe, que vous ferez bouillir dans une pinte d'eau, l'espace d'une demi heure. Ensuite vous les exprimerez dans un linge et vous vous servirez de cette eau.

 

 

Savonnettes de Neroly.

 

Vous prendrez huit livres de Savon sec purgé comme il a été enseigné cy-devant, et le mettrez dans un bassin. Vous y verserez de l'eau de fleurs d'Orange ou de Roze jusqu'à la hauteur du Savon afin de le détremper.

Vous aurez soin deux fois le jour de remuer le dessus dessous jusqu'à ce que le Savon ayt consommé l'eau et soit ramoly. Et vous le laisserez ainsi jusqu'à ce que vous le voyiez en état d'être pilé.

Puis vous le pilerez assez long-temps et vous le manierez bien après l'avoir pilé, afin de retirer les grumelots qui y resteront. Vous remettrez votre Savon dans le mortier, et y ajouterez une livre de Labdanum en poudre bien fine, et deux onces d'essence de Neroly. Vous mêlerez doucement le tout ensemble avec le pilon, ensuite vous pilerez assez long-temps pour bien mêler et incorporer le tout, et cela sera fait.

Si la pâte se trouvoit trop ferme vous y pouvez verser de l'eau de fleurs d'Orange à discrétion, et la pâte en sera très-bonne. Lors que la pâte sera raffermie, vous roulerez vos Savonnettes et les mettrez sécher.

 

 

Savonnettes de Bologne.

 

Vous prendrez trois paquets de Savonnettes communes de Bologne, que vous pilerez dans le mortier jusqu'à ce qu'elles soient mises en miettes. Et les mettrez dans un bassin et y verserez de l'eau d'Ange jusqu'à la hauteur de la pâte. Et la laisserez tremper jusqu'à ce qu'elle soit amolie, ce qui pourra être dans deux ou trois jours, pendant lequel temps vous aurez soin deux fois le jour de remuer le dessus dessous. Et lors qu'il n'y aura plus d'eau et que la pâte sera raffermie vous la pilerez assez long-temps, puis vous la manierez bien pour en tirer les grumelots. Et ensuite vous partagerez votre pâte en deux pains égaux, puis vous ferez ce qui suit.

Vous prendrez un demi septier d'eau d'Ange et autant d'eau de Roze, et vous mettrez dans le petit mortier deux gros de musc avec un peu de la-ditte eau d'Ange pour le dilayer. Vous le pilerez bien en ajoutant toujours de cette eau, puis vous le passerez par un linge qui ne sera ny trop gros ny trop fin.

Ensuite vous ramasserez avec une cuilière le musc qui sera resté dans le linge, et le pilerez derechef, y ajoutant toujours de l'eau, et vous continuerez jusqu'à ce que le Musc ait été passé et consommé avec l'eau d'Ange et l'eau de Roze. Et le linge sera lavé avec de la même eau, afin qu'il n'y reste point de musc, et le tout étant bien mêlé toute l'eau sera mise dans une bouteille de verre pour s'en servir comme vous verrez cy-après.

Vous prendrez un des deux pains de pâte susdits que vous mettrez en morceaux dans le mortier. Vous mettrez dessus une bonne poignée de poudre de Labdanum passée bien fine, demi once de baume du Pérou, un bon filet d'essence de Neroly, et environ un demi septier de la susditte eau. Vous mêlerez bien doucement le tout ensemble avec le pilon. Ensuite vous pilerez le tout assez long-temps pour mêler la pâte, et elle sera faite. Et tout ainsi que vous aurez fait sur ce pain vous ferez sur l'autre, et vous les mettrez ensemble bien couverts environ deux jours, afin de leur donner le temps de bien prendre les odeurs. Et ensuite la pâte étant raffermie vous les roulerez comme vous voudrez et elles seront faites, et vous les mettrez sécher.


 

Savonnettes de Bologne, les meilleures.

 

Il faut prendre trois paquets de savonnettes de Bologne qu'il faut piler et mettre tremper avec de l'eau d'Ange jusqu'à la hauteur de la pâte, tout ainsi qu'aux précédentes. Et outre l'eau d'Ange ajoutez-y un demi septier de lait virginal, et vous remuerez cette pâte deux fois le jour le dessus dessous, afin que le tout se détrempe bien, et l'eau ébuë et la pâte raffermie. Il la faudra piler et ensuite la manier pour en retirer les grumelots, et le tout étant bien réduit en pâte il en sera fait deux pains égaux, puis vous ferez ce qui suit.

Vous pilerez demi once de Musc dans le petit mortier avec de l'eau d'Ange, tout comme il est enseigné dans les Savonnettes précédentes. Et enfin vous consommerez votre Musc le pilant et passant par un linge avec un demi septier d'eau d'Ange, et autant d'eau de Roze, puis vous vous en servirez comme il suit.

Vous prendrez un des deux pains de pâte que vous mettrez par morceaux dans le mortier, et vous mettrez par dessus ce pain deux onces de baume du Pérou, un bon filet d'essence de Néroly, une bonne poignée de poudre composée, sçavoir un tiers de poudre fine à la Maréchalle, un tiers de poudre de racine de Campanne, et un tiers de Labdanum en poudre, et un demi septier de l'eau susditte composée avec le Musc. Vous mêlerez bien tout ensemble et le pilerez assez long-temps, et la pâte sera faite. L'odeur en est fort agréable.

Vous roulerez vos Savonnettes lors que votre pâte sera ferme, et tout ainsi que vous aurez fait sur ce pain de pâte vous ferez sur l'autre.

 

Savonnettes bien parfumées.

 

Vous prendrez trois paquets de Savonnettes communes de Bologne, vous les casserez au mortier, et les mettrez tremper avec de l'eau d'Ange et du lait Virginal, comme les prévédentes de Bologne. Et étant repilées et mises en pâte, vous les partagerez en deux pains égaux, puis vous ferez une composition comme il suit.

Vous broyerez demi gros de Civette dans le petit mortier avec deux onces de baume du Pérou que vous y mêlerez peu à peu. Vous y ajouterez deux gros d'essence d'Ambre, un bon filet d'essence de Cannelle, autant de celle de Girofle. Vous mêlerez bien le tout ensemble et le mettrez à part pour vous en servir comme vous verrez cy-après.

Vous mettrez dans le mortier un de vos pains de pâte rompus par morceaux, vous mettrez dessus deux poignées de poudre composée, sçavoir un tiers de poudre de Labdanum, un tiers de poudre fine à la Maréchalle, et un tiers de poudre de racine de Campanne. Vous y mettrez aussi la moitié de la susditte composition, et un demi septier d'eau de mille fleurs, et une demi once d'essence de Neroly, et vous mêlerez bien le tout ensemble. Et lors que vous aurez pilé assez long-temps pour bien incorporer le tout, la pâte sera faite. Vous en pourrez faire autant sur l'autre partie de pâte.

 

 

Autre manière.

 

Vous prendrez trois paquets de Savonnettes comme cy-devant que vous casserez au mortier et ferez détremper et remettrez en pâte comme les précédentes, et le tout partagé en deux pains égaux. Vous en mettrez un dans le mortier rompu par morceaux, vous y ajouterez une poignée de poudre de Labdanum, une poignée de marc d'eau d'Ange en poudre, une once de baume du Pérou, une demi once d'essence de Néroly, et un demi septier d'eau de mille fleurs. Vous mêlerez doucement le tout avec le pilon, et ensuite vous pilerez assez long-temps et cela sera fait. Vous en pourrez faire autant sur l'autre partie de pâte.

On sçaura que les personnes qui n'auront pas la commodité d'avoir des paquets de Savonnettes de la pâte de Bologne se pourront servir de Savon purgé, comme je l'enseigne au commencement de ce Traité, il sera fort bon pour faire toutes les Savonnettes que l'on voudra faire. On en pourra prendre quatre livres ou un peu plus si on veut à la place de chaque paquet, et au défaut des poudres qui sont comprises dans les compositions des Savonnettes dont j'ay parlé cy-devant, se pourront servir de marc d'eau d'Ange passé bien fin par le Tamis, et elles ne seront pas moins bonnes, et sur tout que toutes les poudres que l'on y mettre soient bien fines.


 

 

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Par Mélanie - Publié dans : Ancien Régime - Communauté : Les accros du naturel au quoti
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Dimanche 29 mai 2011 7 29 /05 /Mai /2011 11:51

 

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Pommade parfumée aux Fleurs.

 

Vous prendrez la quantité que vous voudrez de panne de Porc et vous la mettrez tremper dans l'eau tout en morceau comme elle est tirée du Porc, et la changerez d'eau de trois en trois heures pendant quatre jours. Mais vous aurez soin pendant les deux derniers jours de la paîtrir dans l'eau avec une cuillère à chaque fois que vous la voudrez changer d'eau.

Ensuite vous la retirerez de l'eau, et l'égouterez bien, et vous la mettrez fondre doucement sur le feu dans un pot de terre neuf vernissé, la remuant doucement, afin qu'elle ne grille pas. Et étant toute fondue vous verserez votre Pommade dans un bassin plein d'eau, remuant toujours l'eau et la Pommade ensemble avec une Spatule, sans discontinuer jusqu'à ce qu'elle soit tout-à-fait fait refroidie et congelée dans l'eau.

Pour lors vous verserez l'eau dehors et continuerez à battre et remuer votre Pommade qui peu à peu rendra toute l'eau qui y sera mêlée, et enfin jusqu'à ce qu'il n'y en reste plus. Puis vous laisserez reposer votre Pommade quelques heures et vous ferez ce qui suit.

Vous appareillerez des Plats d'étain ou autres deux à deux de pareille grandeur, ensuite vous étendrez votre Pommade dans chaque plat de l'épaisseur d'un doigt et dans l'un vous y sèmerez les fleurs dont vous voudrez donner l'odeur, en-sorte qu'il y en ait par tout également et le le couvrirez de son pareil. Ainsi les fleurs ne seront point pressées et donneront l'odeur à tous les deux.

Vous y laisserez les fleurs du matin au soir, ou si elles ne vous sont pas communes, vous les y laisserez vingt-quatre heurs, et vous les retirerez et relèverez votre Pommade et la mêlerez un peu, ensuite vous l'étendrez de nouveau et remettrez des fleurs fraîches comme la première fois.

Vous continuerez ainsi pendant quelques jours le soir et le matin, jusqu'à ce que vous la trouviez assez forte d'Odeur, et elle sera faite. Il la faudra serrer dans des pots de verre.

Il n'y a que la Pommade de Jasmin, fleurs d'Orange, et Tubéreuse, qui se puisse faire bonne et qui se puisse garder, les autres fleurs sont trop foibles pour y donner une odeur qui dure long-temps.

 

Avertissements.

 

Les Pommades en odeur de fleurs ne sont pas propres au visage, elles ne le sont qu'aux cheveux, elles ne sont plus en règne si fort qu'elles l'ont été, car on a trouvé plus de commodité aux huiles. Mais si les huiles sont commodes pour les Perruques, les Pommades sont nécessaires pour décrasser les Têtes des Femmes, et en même-temps pour nourrir les cheveux, ainsi elles sont toujours de service.

Il est nécessaire pour leur bien faire prendre l'odeur des fleurs de bien purger dans l'eau la panne dequoy elle est faite, c'est le principal.

 

 

Pommade pour rafraîchir le teint et ôter les rougeurs du visage.

 

Prenez une demi livre de panne de Porc mâle, et la mettez tremper dans l'eau pendant plusieurs jours, la changeant souvent d'eau comme il est expliqué à l'Article cy-devant.

Et lors que par ce moyen vous aurez bien fait blanchir cette panne, vous la mettrez dans un pot de terre neuf vernissé avec deux pommes de renette coupées par morceaux sans peler, et une once des quatre semences froides pilées. Vous mettrez le pot devant le feu, et ferez cuire la ditte Pommade l'espace d'un quart d'heure.

Ensuite vous la retirerez du feu et vous y mêlerez une once d'huile d'amande douce, puis vous la passerez par un linge bien serré, et laisserez tomber la coulature en eau claire.

Vous remuerez la Pommade et l'eau avec une spatule de bois, jusqu'à ce qu'elle soit prise et congelée dans l'eau, puis vous verserez l'eau et remuerez encore la pommade, pour en faire sortir toute l'eau qui en sera restée, et elle sera faite.

 

 

Autre Pommade pour le visage très-bonne.

 

Vous prendrez quatre onces de Panne de Porc mâle, que vous ferez blanchir en la faisant tremper plusieurs jours, et la changeant souvent d'eau comme j'ay dit cy-devant, et étant bien blanche, vous verserez l'eau et l'égouterez bien et la mettrez à part.

Vous mettrez ensuite pour un sol de cire vierge, et pour deux sols de nature de Baleine, et deux onces d'huile d'Amande douce fondre ensemble dans une terrine sur la cendre chaude, sans les faire bouillir, et pendant qu'ils fondront vous les remuerez avec une spatule de bois pour les bien incorporer ensemble, puis vous ferez fondre doucement la panne de Porc mâle que vous aurez préparée, et vous la verserez dans la susditte composition, vous les mêlerez ensemble avec la spatule, puis vous verserez le tout dans un grand vaisseau plein d'eau : vous remuerez la Pommade et l'eau avec la spatule, jusqu'à ce que la Pommade soit prise et congelée. Pour lors vous la changerez d'eau tant de fois en continuant à la battre avec la spatule qu'elle demeure bien blanche, et elle sera faite.

 

 

Autre Pommade très-fine pour le visage.

 

Vous prendrez deux onces d'huile d'Amande douce tirée sans feu, demi once de cire vierge, pour quatre sols de nature de Baleine. Vous mettrez fondre le tout ensemble dans un plat de terre neuf vernissé, sur un réchaut dans lequel il y aura seulement de la cendre chaude, et vous remuerez doucement la cire avec une spatule de bois, pour bien mêler et incorporer le tout ensemble.

Vous ôterez ensuite votre composition de dessus le feu et vous y verserez peu à peu de l'eau bien claire, en battant votre composition avec la spatule ; et vous continuerez ainsi jusqu'à ce que le plat soit plein et la Pommade prise et congelée dans l'eau, car il faut qu'elle nage à grande eau.

Et l'ayant ainsi battue dans cette première eau assez long-temps, vous la verserez et en remettrez de nouvelle en la battant toujours jusqu'à ce qu'elle demeure bien blanche : pour lors elle nagera sur l'eau. Vous la retirerez avec la spatule et la battrez sans eau jusqu'à ce qu'elle soit blanche en perfection.

Et lors que l'eau sera sortie de la Pommade, vous y mêlerez gros comme une petite noix de borax passé bien fin, et pour quinze sols de semence de perle fine en poudre bien fine aussi, et le tout étant bien mêlé, elle sear faite.

 

 

Pommade pour les lèvres.

 

Vous prendrez quatre onces de beurre frais, et du meilleur, et une once de cire vierge. Vous les mettrez fondre ensemble et étant fondus vous y jetterez les grains d'une grappe de raisin noir.

Vous ferez bouillir le tout un quart d'heure. Pendant ce temps vous écraserez les grains de raisin avec une cuilière, ensuite vous passerez votre Pommade par un linge assez fin, afin de retirer le raisin.

Vous remettrez votre Pommade sur le feu et vous y verserez deux cuilierées d'eau de fleurs d'Orange, et vous la ferez encore bouillir un bouilllon.

Puis vous écraserez dans une écuelle gros comme une fève d'Orcanet, que vous délayerez avec un peu d'eau de fleurs d'Orange et le verserez dans votre Pommade, et la mêlerez bien avec la cuilière, et la retirerez du feu, et elle sera faite.

Et lors qu'elle sera refroidie, vous la mettrez dans des pots ou boîtes.

Cette pommade se garde deux ans toujours bonne, et est très souveraine pour guérir les lèvres fendues et jarsées, et elle est d'une très-belle couleur.

 

 

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Par Mélanie - Publié dans : Ancien Régime - Communauté : beauté, bien être
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Vendredi 20 mai 2011 5 20 /05 /Mai /2011 22:14

 

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Avertissements.

 

Les Eaux d'Ange se font de plusieurs façons et sont presque toujours la même chose ; et du moment que l'on a en mémoire toutes les drogues qui y peuvent entrer, et que l'on sait à peu près la doze du fort et du foible, ainsi que les Articles l'enseignent, on la fait facilement aussi bonne que l'on veut en augmentant ou diminuant la dépense. Ce qu'il y a de particulier c'est, que la faisant dans le coquemart, elle se fait trouble et épaisse et la faisant distiller au Bain-marie, elle se fait claire comme eau de roche, cependant elle a la même odeur que l'autre.

L'Eau de la Reine d'Hongrie ne se peut faire si bonne qu'à Montpellier, parce qu'ils la font avec les fleurs de Romarin qu'ils ont en abondance ; mais cependant celle que nous faisons avec les feuilles  est fort bonne et a la même vertu.

A l'égard des Eaux de fleurs, il n' a que la fleur d'Orange et celle de Roze de laquelle on puisse faire de l'eau, et s'il s'en trouve d'autre sorte elle est artificielle. Plusieurs ont voulu faire de l'eau de Jasmin et n'y ont pas réussi, la raison en est aisée à trouver, c'est qu'il faut que ce soit une fleur qui ait du corps pour pouvoir produire de l'eau. Autrement il faut que ce soient des fleurs qui sortent d'un Arbre aromatiqué, comme le Romarin, ou le Mirthe, desquels on peut se servir des feuilles qui ont beaucoup de force pour aider à la fleur. Exemple, frottez dans votre main une fleur d'Orange ou une Roze, et la sentez, vous trouverez qu'elle sentira plus fort qu'auparavant, il en est tout au contraire d'une fleur de Jasmin, ou d'une Tubéreuse, car bien loin de communiquer son odeur, elle se réduira en fumier, et sentira mauvais, c'est ainsi que chaque chose porte sa qualité. Il est aisé de là à juger que, quoyque l'on vende de l'eau d'oeillet, on ne peut pourtant en tirer de l'eau, puisque cette fleur n'a pas la force d'en produire ; mais parce qu'il tire sur l'odeur du Girofle que l'on a adouci en en tirant de l'eau, c'est par ce moyen que l'on a de l'eau qui a l'odeur de l'oeillet.

 

 

Eau d'Ange bouillie.

 

Dans un coquemart de terre où vous aurez mis trois pintes d'eau, vous y mettrez une livre de Benjoin concassé, une demi livre de Storax concassé, une once de Canelle pilée, demi once de clou de Girofle pilé, deux Citrons coupés en quatre, deux ou trois morceaux de Calamus. Ensuite vous mettrez le coquemart auprès du feu, et le couvrirez et le ferez bouillir jusqu'à la diminution d'un quart, puis vous verserez l'eau dans un bassin et la laisserez refroidir avant que de la serrer dans des bouteilles.

Si vous avez besoin de plus grande quantité de cette eau, remplissez le coquemart comme la première fois, et la faites bouillir de même, cette seconde eau sera preque aussi bonne que la première fois et vous les pourrez mêler ensemble.

Ensuite vous retirerez le Marc qui sera au fond du coquemart avant que d'être refroidy et le mettrez sécher, vous en ferez ensuite des Pastilles comme vous verrez dans les articles suivants, ou vous vous en servirez dans les compositions où il est nécessaire, ainsi que je l'ay dit dans le traité des Savonnettes.

 

 

Autre manière.

 

Vous mettrez dans le Coquemart trois chopines d'eau de fleurs d'Orange et trois chopines d'eau de Roze, vous y mettrez ensuite les mêmes drogues et la même quantité qu'à l'eau d'Ange précédente, à la réserve du Citron qu'il ne faut pas ; vous y ajouterez de plus une vessie de Musc. Vous la ferez cuire de la même manière , et après avoir tiré l'eau vous tirerez le marc, et le mettrez à sécher pour en faire des Pastilles à brûler.

 

 

Eau de mille-fleurs.

 

Vous mettrez dans une bouteille de verre une pinte de bonne eau d'Ange, vous pilerez ensuite douze grains de Musc dans le petit mortier et le délayerez avec un peu de cette eau d'Ange, et verserez le tout dans la bouteille que vous boucherez bien et que vous réserverez pour le besoin.

Vous pourrez au lieu de Musc y mettre un gros de vessie de Musc coupée par petits morceaux et elle sera bonne.

 

 

Eau d'Ange distillée au bain-marie.

 

Il faut avoir un Alambic de verre, qui est de trop pièces : savoir la bombe, le chapiteau et le matras, il faut aussi un fourneau pour y faire du feu de charbon et un chaudron ou autre vaisseau semblable assez profond pour mettre l'eau et l'Alambic ; vous collerez du papier double au tour de la bombe, à l'endroit où pose le chapiteau, et vous poserez le matras au bout de la canule pour recevoir la distillation.

Vous mettrez dans la bombe une pinte d'eau, vous y mettrez ensuite quatre onces de Benjoin concassé, deux onces de Storax concassé, demi once de Canelle pilée, deux gros de clou de Girofle pilé, un morceau de Calamus, un gros de vessie de Musc, et l'eau qui se distillera sera très odoriférante et bien claire, et le marc qui restera après la distillation faite sera mis à l'air pour sécher, et on le pourra employer parmi les Pastilles à brûler.

 

 

Eau d'oeillet.

 

Vous mettrez dans l'Alambic de verre au bain-marie comme dessus une pinte d'eau et deux onces de clou de Girofle concassé : et l'eau qui se distillera sera d'une odeur bien agréable, parce que la force du clou de Girofle étant adoucie au moyen de l'eau, tire plus sur l'oeillet que sur le Girofle.

 

 

Eau de Canelle.

 

Vous mettrez dans l'Alambic de verre comme dessus une pinte d'eau et deux onces de Canelle concassée, et l'eau qui se distillera en aura l'odeur bien naturelle.

 

 

Eau de Thym.

 

Vous mettrez comme dessus une pinte d'eau dans l'Alambic de verre avec deux poignées de Tain, et l'eau qui se distillera en aura l'odeur.

Toutes les herbes Aromatiques se peuvent distiller de la même manière. Comme ce sont des herbes fortes qui gardent leurs odeurs aussi bien étant sèches que vertes, il est aisé par la manière cy-dessus écrite d'en tirer de l'eau.

 

 

Eau de fleurs d'Orange distillée au refrigeratoire.

 

Vous mettrez infuser deux livres de fleurs d'Orange dans deux pintes d'eau l'espace de trois heures, ensuite vous mettrez le tout dans l'Alambic et ferez grand feu dessous, et vous mettrez un matras ou bouteille à long goulot pour recevoir l'eau qui se distillera de la canule. Vous aurez soin de fournir l'eau fraîche dans le refrigeratoire, et aussi-tôt qu'elle sera chaude de la renouveller, car c'est la fraîcheur d'en-haut qui attire la distillation, et qui empêche que l'eau ne sente le feu. Et pour empêcher qu'elle ne sente le fruit, il faut que vos fleurs soient fraîchement cueillies et soient bien fraîches. Et lors que votre eau sera tirée vous vous en apercevrez à ce que la distillation finira, et qu'elle commencera à sentir le brûlé. Et pour en tirer l'essence voyez les Articles des Essences fortes.

Si vous voulez que votre eau soit plus forte d'odeur, il ne s'agit que de mettre si peu d'eau que vous voudrez, car moins vous en mettrez et plus elle sera forte, mais il faudra pour éviter que les fleurs ne s'attachent au fond, mettre du sable au fond de l'Alambic et faire moins de feu.

 

 

Autre Manière.

 

Vous mettrez infuser deux livres de fleurs d'Orange sèches dans deux pintes d'eau pendant trois ou quatre heures, ensuite vous mettrez le tout dans l'alambic et le ferez distiller comme il est expliqué au précédent Article. L'eau qui en provient est propre à bien des choses car elle est bonne pour employer dans les Savonnettes, dans l'eau d'Ange, à purger le Tabac, et à toutes sortes de Peaux et Gants.

 

 

Eau de Roze.

 

Vous ferez infuser trois livres de Rozes dans deux pintes d'eau pendant deux ou trois heures, ensuite vous les mettrez distiller dans l'Alambic tout comme les fleurs d'Oranges fraîches, et vous y observerez toutes les mêmes circonstances, car l'une se fait comme l'autre et on peut diminuer l'eau si on veut la faire plus forte. Mais comme l'eau de Roze s'employe dans la purgation du Tabac par quantité, aussi bien que l'eau de fleurs d'Orange, il est nécessaire d'en tirer suffisamment quand c'est pour cet usage. Lors que ce sera pour l'employer autrement, vous la ferez si forte que vous voudrez ainsi que je l'ay dit cy-devant.

 

 

Eau de la Reine d'Hongrie.

 

Vous mettrez dans une bouteille de verre fort, deux pintes d'esprit de vin, deux bonnes poignées de feuilles de Romarin, une poignée de Thym, une demi poignée de Marjolaine de laquelle vous ne prendrez que la feuille, et autant de Sauge que de Marjolaine, bouchez bien la bouteille, et la mettez au Soleil l'espace d'un mois. Ensuite vous délayerez gros comme une fève d'Orcanet avec un peu d'esprit de vin en l'écrasant et le verserez dans votre bouteille et la remettrez cinq ou six jours au Soleil, et elle sera faite. Elle sera d'un beau rouge et aura beaucoup de vertu et sera d'une bonne odeur.

 

 

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Par Mélanie - Publié dans : Ancien Régime - Communauté : Les accros du naturel au quoti
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Dimanche 15 mai 2011 7 15 /05 /Mai /2011 14:14

 

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Retournons un moment à la Renaissance pour une nouvelle leçon de Simon Barbe, maître gantier-parfumeur.


 

Avertissements :

 

Toutes les Poudres blanches sont faites d'Amidon, qui sort du bled après que la farine en est tirée, et il n'y a pas plus d'apprêt à l'Amidon pour la Poudre de haut Prix, que pour celle de bas prix. Il ne s'agit que de le piler et le passer bien fin au Tamis : il est seulement nécessaire de s'y rendre sujet quand on le parfume aux fleurs, parce que de-là dépend la bonté de la Poudre, et particulièrement à celle de fleurs d'Orange et à celle de Roses communes, parce que si on est plus long-temps à la remuer qu'il n'est marqué dans son lieu, cette Poudre sera en danger d'estre gâtée, dautant qu'elle s'échauffera d'une manière qu'à peine on y pourra souffrir la main. Les fleurs seront réduites en fumier, et rendront l'Amidon tout moite et en plotte et sentira le pourry, ce que l'on évitera si l'on pratique ce que je marque dans les Articles ou j'en traite : cependant s'il arrivoit qu'elles fussent gâtées, il y faudroit remédier promptement de la manière qui suit. Il faudroit la remuer par tout défaisant avec les mains toutes les mottes qui se seroient faites, et sasser à l'instant toutes les fleurs et en remettre de fraîches, et les remuer de trois heures et elles se raccomodera. Il n'y a pas de danger aux autres fleurs parce qu'elles ne s'échauffent point, mais il faut toujours en avoir soin et n'y laisser les fleurs, que le temps qui est marqué dans leurs Articles. Il faut aussi savoir que toutes les fleurs ne sont pas capables de communiquer leur odeur à la poudre, et qu'il n'y a que les fleurs d'Orange, le Jasmin, les Rozes communes, les Rozes musquées et la Jonquille. Car toutes les autres fleurs ont l'odeur trop foible, et quoyque la Tubéreuse semble avoir l'odeur assez forte, néanmoins sa qualité ne permet point cela, et en un mot il est inutile de s'en servir pour les Poudres.

La Poudre de Chipre est faite de mousse de Chêne, la Poudre de Violette est faite de racine d'Iris, et celle de Franchipanne est faite moitié poudre de Chipre et moitié Amidon : il faut que ces sortes de Poudres soient faites l'Eté, autrement elles sont difficiles à faire à cause de l'humidité, et il les faut serrer dans un lieu sec. J'avertis que la mousse de Chêne de laquelle on fait la Poudre de Chipre, n'est pas celle qui croît aux pieds des Arbres , et qui est verte, et ressemble à de la frange, mais c'est celle qui croît sur les branches des vieux Chênes ; elle est blanche et faite en feuille.


 

Poudre de Roses communes.

 

Dans une caisse où il y aura vingt livres de poudre d'amidon, vous y mettrez une livre de feuilles de Roses, que vous mêlerez bien avec la main, en-sorte qu'il y en ait par tout, et de quatre en quatre heures vous ne manquerez pas de la bien remuer, afin que les fleurs ne s'échauffent point, et le lendemain à pareille heure que vous les aurez mises, vous les sasserez, et vous en remettrez d'autres en pareille quantité, et ainsi de même jusqu'à trois fois, pendant lequel temps vous laisserez la caisse ouverte depuis la première fois que vous y aurez mis les fleurs jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus, et la poudre sera faite.

 

 

Poudre de Roses musquées.

 

Comme l'on n'a pas les Rozes musquées en abondance comme les communes, il ne faut prendre du corps de poudre qu'à l'équivalent de ce qu'on a de fleurs, et faire en-sorte qu'il y en ait par tout, et laisser les fleurs dans laditte poudre vingt-quatre heures. Au bout du quel temps il faudra sasser les fleurs et en remettre de fraîches, et ainsi faire jusqu'à trois fois. Il n'est point nécessaire de remuer les fleurs, parce qu'elles ne s'échauffent point. La caisse doit demeurer fermée.

 

 

Poudre de fleur d'Oranges.

 

Dans une caisse où il y aura vingt-cinq livres de poudre d'amidon, vous y mêlerez une livre de fleurs d'Orange, vous ferez en-sorte qu'elles soient également mises par tout, et vous aurez soin de la remuer au moins deux fois le jour pour empêcher qu'elles ne s'échauffent, et au bout de vingt-quatre heures vous sasserez vos fleurs, et en remettrez de fraîches en même quantité et vous ferez ainsi pendant trois jours. Si l'odeur ne vous en paroît pas assez forte, vous en pourrez remettre encore une fois et elle sera faite. Il faut toujours tenir la caisse fermée, aussi-bien quand les fleurs y sont, comme lors qu'elles n'y sont plus.

 

 

Poudre de Jasmin.

 

Dans une caisse où il y aura vingt livres de poudre d'amidon, vous y mêlerez un millier de brins de Jasmin bien également, faisant un lit de poudre et un lit de fleurs, et vous laisserez ainsi vos fleurs l'espace de vingt-quatre heures sans les remuer, car le Jasmin ne s'échauffe pas. Ensuite vous sasserez vos fleurs, et en remettrez de fraîches en même quantité, vous continuerez ainsi l'espace de trois jours, et elle sera faite. Si vous souhaitez que l'odeur en soit plus forte, vous y remettrez des fleurs encore une fois.

 

 

Poudre de Jonquille.

 

Vous en userez pour la composition de cette poudre, comme à la poudre de Rozes musquées. Selon la quantité que vous aurez de fleurs vous prendrez de la poudre, en-sorte qu'il y ait des fleurs par toute la-ditte poudre, sans être pourtant trop confuses, et les ayant laissées vingt-quatre heures, sassez vos fleurs, et en remettez de fraîches, vous ferez ainsi l'espace de trois jours, et elle sera faite.

 

 

Poudre d'Ambrette.

 

Prenez cinq livres de poudre de Jasmin et cinq livres de poudre de Rozes musquées, et les mêlez ensemble. Ensuite emplissez ensemble un sas de cette poudre : versez dedans deux gros d'essence d'Ambre et la mêlez, puis sassez votre poudre, à la réserve des grumelots que l'essence aura formés. Remettez y les grumelots de la sus-dite poudre et continuez à sasser jusqu'à ce que vous ayez desséché et passé le tout. Puis mêlez bien le tout ensemble, et cela sera fait.

Quoique les Poudres Blanches soient parfumées aux fleurs, ce n'est pas encore assez, il faut faire un parfum comme cy-après, afin de les mettre dans leur perfection et pour lors il n'y manquera plus rien.

 

 

Parfum pour parfumer les autres poudres.

 

Prenez douze livres de poudre d'ambrette ou d'autre sorte si vous voulez, ensuite mettez dans le petit mortier un demi gros de Civette et gros comme une petite noix de sucre, et les pilez ensemble. Ajoutez-y de cette poudre et la passez au sas, et ce qui vous restera de grumelots, repilez les et les consommez et passés avec de la même poudre, et ayant tout passé vous consommerez de la même manière un gros de musc ; puis vous mêlerez bien le tout ensemble, et elle sera fait.

Vous pouvez mêler deux onces de cette poudre dans une livre de poudre de Jasmin ou de fleurs d'orange, cela fait un mélange d'odeurs fort agréable, et aide beaucoup à faire pousser les odeurs des fleurs.

 

 

Poudre purgée à l'Eau de vie.

 

Dans une caisse où il y aura dix livres d'amidon en poudre, vous y verserez une chopine d'Eau de vie et mêlerez bien le tout. Ensuite vous le laisserez sécher, et étant sec le pilerez et repasserez bien fin par le Tamis, et cela sera fait.

 

 

Poudre de Violette ou d'Iris.

 

Il n'y a point d'autre façon à faire que de piler l'Iris et le passer au Tamis, cette poudre est très bonne pour les cheveux, et elle sent naturellement la violette, et il n'y en a point d'autre de cette odeur, parce que la fleur n'a pas assez de force.

 

 

Poudre de mousse de Chesne, autrement dite de Chypre.

 

Il faut premièrement mettre tremper la mousse de Chesne dans beaucoup d'eau, l'espace de trois jours au moins, ensuite la retirer de l'eau et la bien exprimer, puis la laver encore par plusieurs fois jusqu'à ce que l'eau demeure nette, et pour lors vous la retirerez de l'eau et l'exprimerez bien et la mettrez sécher au Soleil, et vous aurez soin de la remuer de deux en deux heures, à mesure qu'elle sèchera, afin qu'elle ne s'échauffe pas, et étant bien sèche vous ferez ce qui suit.

Pour la mettre en poudre vous emplirez votre mortier de la-ditte mousse, et jetterez dessus un verre d'eau et la pilerez, elle ne manquera pas de se réduire en miettes, ce qui ne seroit pas si elle n'étoit humectée de la façon, et après l'avoir ainsi réduite, vous la remettrez sécher au Soleil, et étant bien sèche, vous la pilerez aisément au mortier et la passerez au Tamis tout le plus fin, et elle sera faite.

La dernière purgation que l'on fait à la poudre de Chipre, c'est de luy donner une fois ou deux les fleurs de Jasmin ou de Rozes musquées tout comme aux autres poudres. Elle ne prend pas pour cela l'odeur des fleurs comme l'amidon, mais cela la rend en état de prendre facilement les autres odeurs qu'on luy veut donner.

Comme on à Lyon la commodité des Trouilleurs, qui mettent toutes choses en poudre, les personnes de Lyon pourront par ce moyen la faire mettre en poudre sans en avoir la peine, pourvu qu'elle soit auparavant bien purgée et séchée ainsi que je viens de le dire.

 

 

Poudre de Frangipane.

 

Vous prendrez six livres de poudre de fleurs d'Orange et six livres de poudre de mousse de Chesne, que vous mêlerez ensemble, puis vous ferez chauffer le cul du petit mortier et le bout de son pilon assez chaud pour griller la salive ; vous y verserez une once d'essence d'Ambre et dans le même instant plein la main de la sus-dite poudre, que vous mêlerez bien avec le pilon, y ajoutant de la poudre jusqu'à ce que le mortier soit plein. En-suite vous renverserez votre mortier dans un sac, et vous remettrez encore de la même poudre par dessus, et la sasserez dans une caisse, afin que l'odeur ne s'évente pas, et ce qui restera de grumelots que l'essence aura formés, vous les remettrez dans le mortier, les pilant et mêlant comme auparavant en y ajoutant de la poudre, et enfin continuerez ainsi jusqu'à ce que le tout soit consommé et passé, puis vous ferez ce qui suit.

Vous mettrez dans le mortier un demi gros de Civette avec un morceau de sucre gros comme une noix, vous broyerez votre Civette avec le sucre, vous y ajouterez peu à peu de la poudre, en la mêlant avec le pilon. Ensuite vous la renverserez dans un sas et sasserez légèrement, puis vous remettrez dans le mortier les grumelots que la Civette aura formés, vous les repilerez y ajoûtant de la poudre comme auparavant, et continuerez ainsi jusqu'à ce que tout soit passé, puis vous mêlerez bien le tout ensemble et elle sera faite.

Cette poudre est d'une agréable odeur, la couleur en est d'un gris cendre, qui convient parfaitement bien à toutes couleurs de cheveux.

 

 

Autre manière.

 

Vous pouvez mêler de la poudre de Chipre avec de la poudre d'amidon en quantité égale, et leur donner les fleurs come à la poudre de fleurs d'Orange ou de Jasmin, et ensuite quand bon vous semble leur donner l'odeur de l'Ambre et de la Civette comme il est enseigné cy-dessus, et elle sera très-bonne.

 

 

Autre manière.

 

Ayant observé l'un des deux articles cy-dessus, si vous voulez la rendre musquée, il faut sur la même quantité de poudre, au lieu d'y mettre un demi gros de Civette, n'y en mettre que dix guit grains et y ajoûter un demi gros de Musc, et le broyer et consommer avec du sucre de la manière que l'on consomme la Civette, et l'odeur en sera très-bonne.

 

 

Manière de parfumer la poudre de Chypre comme à Montpellier.

 

Vous prendrez deux livres de poudre de mousse de Chesne toute pure, qui ait été purgée avec les fleurs, comme il est dit dans son article. Vous y consommerez dix-huit grains de Civette avec un peu de sucre, comme il est cy-devant enseigné. Ensuite vous y consommerez un demi gros de Musc de la même manière, ce qui étant fait, vous la mettrez sans une boîte bien close, elle sera d'une odeur admirable, il n'en faudra que très peu sur une perruque ou sur la tête pours sentir parfaitement bon.

 

 

Poudre fine à la Mareschalle propre à faire des pastes pour des Chaplets.

 

Vous prendrez deux livres de mousse de chesne, une livre de poudre d'amidon, une once de clou de Girofle en poudre, une once de Calamus en poudre, deux onces de Souchet en poudre, deux onces de bois vermoulu en poudre, mêlés bien le tout ensemble, et elle sera faite.

Il faut que ce soit du bois de chesne vermoulu, parce qu'il est rouge et qu'il donne une belle couleur à cette poudre.

 

 

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Par Mélanie - Publié dans : Ancien Régime - Communauté : nature et bien être
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