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  • : Le blog de Cameline
  • : Un blog sur les femmes et la féminité, sur leur beauté et leur histoire .... Un blog aux petits soins pour la peau, aux petits soins pour soi.
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Les blogs 2016 qui inspirent les femmes actives
22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 18:25

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Cherchons à savoir, Madame,

(Nul sujet n'est plus séduisant)

Comment les peintres de la femme

Jugent les modes d'à présent.

 

Seuls ils savent en quoi consiste

La pure beauté du grand art

Et Bertin, l'illustre modiste,

Eût pâli devant Fragonard,

 

Faites-nous donc vos confidences,

Messieurs les peintres … voulez-vous ?

Sur les modernes élégances

Nous brûlons de savoir vos goûts.

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Pour émerveiller le High Life

En notre siècle de teuf-teuf,

Comment faut-il qu'elle s'attife ?

Avec de l'ancien ou du neuf ?

 

Revenant aux lestes coutumes

Des modèles de Debucourt,

Doit-elle arborer leurs costumes,

Maillot collant et jupon court ?

 

Est-ce à l'immense jupe-cloche

Dont s'affublaient la Païva,

Lola Montès et Rigolboche

Que votre préférence va ?

 

Ou bien, délaissant dans leur boîte

Ces défroques de l'ancien temps,

Aimez-vous mieux la robe étroite

En honneur depuis deux printemps,

 

Ou certains pantalons de zouaves

Que plus d'un excentrique met,

Pastichant les modes suaves

Du paradis de Mahomet ?

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Comme on dit la bonne aventure

D'après lignes de la main,

Décrivez-nous donc en peinture

La Parisienne de demain.

 

Et pour peupler notre volière

D'autant de jolis oiseaux bleus,

Veuillez chacun mettre en lumière

La mode qui vous plaît le mieux

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source :

Enquête sur la mode féminine : High-Life Taylor, Paris, 1910, illustrations par Bernard Boutet de Monvel, Louis Rémy Sabattier et Maurice Leloir, en ligne sur Gallica

 

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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 14:12

 

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Aujourd'hui de nouveau je partage avec vous quelques images et textes issus de la revue La Grande Dame, qui exposent pour notre plus grand plaisir les nouvelles modes de l'année 1895.

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Plus qu'à aucune époque, les femmes ont l'amour de la parure, le goût du luxe et de tout ce qui est susceptible de les embellir.

On a pu en juger aux réunions printanières, au garden-party si brillant de l'ambassade d'Angleterre, dans les bals, aux grandes journées d'Auteuil, où elles sont apparues jolies et triomphantes, dans leurs coquets atours de soie, de linon, de mousseline et de dentelle. Couleurs claires, étoffes légères, ornements très flous, très vaporeux, tout, dans la mode de cette saison, semble ressusciter le raffinement des élégances de Trianon.

 

La mode est singulièrement excentrique cet été ; les chapeaux, les coiffures et les robes prennent des proportions si extravagantes qu'on se demande vraiment où s'arrêtera la folie de ce ballonnement gigantesque.

Les manches n'ont plus de limites et sont très diversement drapées et ornées. Les jupes ont une ampleur menaçante, et Worth, en les garnissant de broderie, en les incrustant de dentelle bise ou noire, en les coupant de quilles plissées d'un tissu différent, leur donne une allure nouvelle si gracieuse, que les plus enragées réactionnaires se sentent bientôt vaincues et charmées par ces chef-d'oeuvre de haute élégance.

Si les jupes et les manches prennent des dimensions fabuleuses, les fleurs ont aussi, cette saison, des proportions gigantesques. Virot a composé ainsi des pensées en paillettes, d'un effet merveilleux, et des pavots en dentelle dont la légèreté donne à la coiffure un charme inconnu.

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La mode se féminise de plus en plus : les étoffes sont souples et légères : les ornements, dentelles ou broderies, sont d'une finesse et d'une ténuité excessives. On sent qu'après s'être masculinisée dans ses costumes de sport, la femme veut redevenir vraiment femme et se parer, dans les autres circonstances de la vie mondaine, de tout le froufrou vaporeux que l'art industriel met au service de sa beauté.

 

Si les lainages gardent intégralement leurs droits dans l'habillement féminin, la soie, la jolie soie claire, chatoyante, les années précédentes, presque exclusivement réservée aux toilettes du soir ou aux robes d'intérieur, prend cette saison une large place dans les costumes de jour : taffetas glacés, rayés, brochés, chinés ou imprimés, de teintes moyennes aux reflets changeants, enfin toute la série des soies façonnées composera nos élégantes et fraîches toilettes de printemps.

Les barèges, les batistes écrues et brodées, les piqués blancs ou nankin, les linons incrustés de dentelle bise ou noire, viendront ensuite avec les costumes de courses, précurseurs des costumes de bain de mer. Il n'est plus question de foulard ; le taffetas est, cette année, le roi des tissus de soie.

Il faut encore signaler comme inédits les taffetas brodés à jours, les failles et les velours miroir cloutés de diamants, d'un effet splendide à la lumière.

 

La très grande majorité des toilettes se fera avec corsage de ton et de tissu différents de la jupe. La robe la plus simple prendra ainsi un cachet de haute élégance.

On combinera une jupe et des manches en lainage, en taffetas ou faille glacée, avec corsage de soie ou de fil, des batistes incrustées de tulle et brodés à jours, dont le flou et la transparence sont d'un très heureux effet. La note dominante est aux tissus crêpelés, vagués, froncés, de toutes teintes claires et foncées. Il y a des crépons double face noire et rouge, ou vert sur mauve. D'autres sont à large damiers estompés par un voile aérien crêpelé. 

 

Mais ce qu'apprécieront tout particulièrement nos femmes du monde, c'est l'aspect nouveau des jupes que Worth vient de créer. Imaginez une jupe dont l'ampleur, toujours plus grande, est savamment disposée et retombe tout autour de la femme, lui donnant de l'aisance et de la grâce dans les mouvements, en accentuant encore la finesse de la taille, maintenue et guidée par le nouveau corset Léoty.

Ces jupes, dont les plis sont maintenus à distances régulières, ont des ornements très divers : rubans, quilles de guipure ou de broderie, soufflets de soie plissée et mille autres fantaisies rappelant les ornements du corsage.

 

Quant aux manches, ce sont d'harmonieuses draperies, des mélanges de tissu de laine et de soie, de batiste et de velours, que relient des noeuds de rubans, des entre-deux de dentelle disposés sur la saignée du bras ; très courtes pour la toilette de bal, elles s'arrêtent au-dessous du coude pour la robe de dîner ou de five o'clock, et couvrent l'avant-bras en même temps qu'une partie de la main pour le costume de rue. L'ampleur est rejetée vers le coude, tandis que l'épaule est complètement dégagée et reste aussi retombante que possible.

 

Si les manches accusent des proportions étourdissantes, les corsages genre blouse, laissant à la taille toute sa sveltesse, sont eux aussi très variés de formes et d'ornements. On les fait de taffetas de teinte vive brodé à l'anglaise ou voilé de tulle et de gaze, soit brodé, soit endiamanté ou pailleté. Les plis de la blouse, la ceinture ou les revers sont retenus par de larges boutons en simili-diamants.

Le petit col drapé s'est légèrement modifié ; il s'orne d'un rabat en forme de collerette, fait en dentelle ancienne, en mousseline plissée, en linon incrusté de jours et de malines ; ce dernier genre est taillé en forme d'abat-jour.

 

Le seul vêtement admissible avec ces toilettes aux manches énormes, c'est encore la mante, mais une mante étonnante de fantaisie que l'imagination inventive de Worth a conçue avec l'art dont on se doute ; tantôt c'est un manteau de page en velours froncé formant ruché sur un empiècement et un devant incrusté de guipure, tantôt c'est un collet de drap rehaussé de guipure et de mousseline de soie, ou encore une tombée de dentelle ancienne, éclairée d'une pluie de jais retenue à un empiècement entièrement brodé de jais et de diamants noirs mélangés à des paillettes.

La veste, réservée aux sorties matinales, se portera assortie au costume ; elle se fait à basques courtes très amples avec de grands revers voilés de guipure pain brûlé ou de faille blanche entièrement brodée.

 

Une bien jolie nouveauté à signaler : ce sont les petites touffes de fleurs disposées en couronne, ornant les coiffures de soirée et de bal. Rien n'est aussi jeune, ni aussi seyant que ces fleurs ainsi semées dans les cheveux bouffants.

Les fleurs jouent un grand rôle dans la toilette féminine ; elles ne se contentent plus d'éclairer nos chapeaux de leurs couleurs fraîches et vives ; elles s'accrochent aux cols de nos robes, aux ruches de nos manteaux, aux tours de cou, en attendant qu'elles s'attachent aux sticks de nos ombrelles.

 

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Pour aller boire son verre d'eau obligatoire à la source, le costume de piqué blanc ou beige est le plus pratique et le plus charmant. Pour l'après-midi, à l'heure de la musique dans le parc, une élégante se montrera en toilette légère de mousseline, de taffetas, de gaze ou de linon.

Comme chaussure, c'est le soulier de peau blanche qui est adopté avec les toilettes claires : les bas de soie sont assortis à la teinte de la robe. Les gants longs de suède blanc sont retenus au coude par un ruban passé dans la peau qui se noue sur le bras. Ce ruban est généralement assorti à la nuance de la robe.

 

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Juin s'achève parmi les fêtes supra-élégantes, les dîners d'adieux, les courses interminables, les longs préparatifs indispensables à toute absence ; pour juillet, on s'apprête au départ.

 

Avec la température fantasque que nous subissons, la toilette d'une élégante voyageuse est singulièrement compliquée. Il lui faut tout prévoir : la chaleur et le froid, le soleil et la pluie.

Cependant je ne conseille pas un encombrement de bagages. Deux toilettes de voyage suffisent, l'une en cheviotte naturelle grise ou beige, ou en alpaga si on le préfère, l'autre en serge bleu marine avec veste ouverte sur la chemisette de nasouk, ou fermée et droite devant les basques très courtes et très ondulées. La petite toque de paille bleue ou marron ornée de taffetas glacé ou le chapeau de feutre avec voilette blanche sont les deux coiffures spécialement réservées aux voyages. Les gants de bicyclette en peau blanche ou grise pouvant se savonner facilement sont de préférence adoptés. Les souliers sont en cuir de ton naturel à talon bas.

 

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Cette saison, les mondaines ont adopté le gant crème, en chevreau glacé pour accompagner le costume trotteur, à l'heure de la promenade au Bois ; elles choisissent la même nuance, mais alors en peau de Suède, qui gante plus finement, pour mettre avec les robes de taffetas glacé, de linon ou de barège.

 

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Le Concours hippique va donner aux Parisiennes l'occasion de juger les modes de la saison.

Elles y verront des atours printaniers en des étoffes crêpelées aux reflets changeants, des robes de toile de laine très légère mélangée à des taffetas glacés, des toilettes de soie caméléon façonnée, rayée ou chinée et imprimée, aux nuances fondues, fuyantes, insaisissables.

Puis des collets excentriques en taffetas changeant, en faille de teinte vive, voilés de gaze brodée à jour ou de barège pailleté, enfin des chapeaux d'une étonnante fantaisie sortis du cerveau de nos modistes fées pour servir de cadre aux fins visages de nos Parisiennes et rehausser l'éclat et la délicatesse de leur teint.

 

Au Grand Prix de Paris, une des journées les plus réussies de la saison, si l'on en juge par la foule énorme qui avait envahi les tribunes et le pesage, on a pu voir une foule de toilettes en mousseline sur transparents de couleur, roses, bleus, mauve ou vert pâle, avec chapeau entièrement blanc orné de mousseline de soie plissée et de fleurs blanches, ou complètement noir en paille fantaisie, empanaché de plumes.

Ainsi étaient mises les princesses de Poix et Murat, la comtesse de Gallifel, Mmes de Ganay, Lemarrois qui rivalisaient d'élégance et de beauté.

 

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De même que le gant, l'ombrelle et l'en-cas sont des accessoires auxquels on ne saurait apporter trop de soin.

Beaucoup de coquettes Parisiennes ont autant d'ombrelles et d'en-cas qu'elles possèdent de toilettes ; l'élégance n'impose pas toujours un pareil luxe, mais elle exige cependant que cet accessoire de la toilette soit, sinon de teinte assortie à la robe, du moins de la couleur de ses ornements ou de ceux du chapeau.

 

Jamais on n'a imaginée l'ombrelle si coquette, mélangée de mousseline et d'incrustations de dentelle, de gaze froncée, les nervures et le bord soulignés par un mince cordon de violettes, de fleurs de pommier ou d'églantines. Le stick est en bois naturel avec pomme en métal précieux richement ouvragé, ou encore en bois teint et verni de la nuance de l'ombrelle : rose, vert pâle, bleu, mauve, terminé par une tête de canard sauvage, de perruche, ou simplement recourbé avec chiffre d'or incrusté.

 

Pour les promenades à pied et les courses dans l'intérieur de la ville, on choisira l'en-cas de préférence à l'ombrelle. On en fait cet été de fort jolis en taffetas fantaisie, avec monture très fine, terminée par une noix d'or, une olive de cristal émaillée d'or, un gland de lapis ou d'écaille avec le chiffre et les armes en perles fines et pierreries.

 

Si l'on sort en voiture, que l'on aille sur un champ de courses, au Bois, aux Champs-Elysées, ou dans les jardins d'un Casino à la mode, on s'abritera sous l'ombrelle de dentelles et de gazes vaporeuses, que nouent des rubans retenant des bottes de fleurs. Les manches sont très simples, bois laqué vert d'eau, bleu, saphir, blanc, rose ou mauve assortis à la nuance de l'ombrelle. Une tête de canard, de perruche, une boule d'or ou de lapis termine le stick, qui demeure veuf de bouffette de ruban ou de tout autre ornement.

 

Tous ces menus détails de la toilette ont bien leur importance ; c'est par eux que l'on reconnaît toujours la femme élégante et de goût raffiné.

 

 

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Virot bouleverse en ce moment le monde de nos chapeaux.

Plus d'ailes raides, mais des fantaisies d'oiseaux dans les ornements, des panaches souples de plumes d'autruche, des dentelles bises délicieusement chiffonnées, des rubans crânement noués, et surtout des fleurs, beaucoup de fleurs : roses, orchidées, pavots, violettes aux proportions gigantesques. Rien n'est plus seyant que les fleurs dans la coiffure de la femme ; mélangées aux dentelles, groupées en des cache-peigne, aux teintes vives, se mélangeant aux cheveux largement ondulés par un procédé nouveau lancé par un de nos coiffeurs mondains, et qui les rend plus bouffants qu'ils n'ont jamais été, il n'est rien de plus charmant au visage.

 

On verra le grand et le petit chapeau se disputer les caprices des Parisiennes.

Les pailles de fantaisie très fines, très légères et transparentes auront la vogue qu'elles méritent.

Les petites capotes, posées sur les cheveux moussus, sont très élargies par les garnitures : ailes de jais ou de dentelle, fleurs géantes et noeuds aux larges coques. Mais la saison printanière est celle qui s'approprie le chapeau rond, un peu délaissé durant l'hiver ; il reparaît en des formes très seyantes dans les mains de Virot qui s'entend si bien à les agencer à l'air du visage. De grandeur moyenne, ils se font beaucoup en paille de fantaisie de diverses couleurs, vert d'eau, pervenche, violette de Parme ou marron.

Le chapeau Louis XVI très nouveau en paille noire ou tabac, la calotte drapée d'une superbe soie ancienne fond rose, que fixe une boucle de strass, avec ses plumes en panache et des roses faisant cache-peigne, est une trouvaille élégante, singulièrement coquette.

 

Pour les sorties matinales, nous aurons le petit chapeau en paille de couleur orné de choux de ruban façonné, mélangé à des violettes et à des roses. Quelques ailes en aigrette, beaucoup de coques de ruban élargissant les bords, tel sera le mot d'ordre de la saison.

Le chapeau d'après-midi, c'est la grande capeline Louis XVI de Virot très diversement ornée de fleurs et de dentelle, de plumes et de ruban ; ces garnitures se mélangent de côté et derrière aux cheveux toujours très soufflés, très bouffants, ondulés avec art.

 

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Sources images et textes :

La Grande Dame, 1895, à lire sur Gallica

Images du Grand Prix à Longchamp en 1895, à voir sur Paris en Images

 

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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 23:32

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Tous les ans, les toilettes féminines  se présentent sous un nouveau jour : couleurs et formes, accessoires, forment un ensemble caractéristique d'une époque, qui dessine et transforme l'image du corps féminin au gré de la mode.

Pour présenter les nouvelles modes de l'année 1894, voici quelques images et extraits des chroniques de La Grande Dame,  revue de l'élégance et des arts.

 

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Les tissus :

 

Cette année, la note dominante est aux tissus très légers, souples et de nuances claires, unis ou façonnés ton sur ton ; il y a en ce genre des soieries tout à fait séduisantes : taffetas façonnés, imprimés ou brodés en relief, satins souples avec des impressions imitant les foulards, moires d'été antiques ou françaises, dans les teintes moyennes ou claire, taffetas sablés, enfin mille nouveautés bien tentantes.

Parmi les tissus de laine, crépons, serges d'été, lainages. Antigone et gigolette, draps Médicis, bures bretonnes, toiles d'Ecosse, veloutines unies et granitées, royal satin, il y en a de vraiment jolis et nouveaux comme disposition.

Il est à remarquer que tous les dessins imprimés, brochés ou brodés, ornant les tissus de laine ou de soie, sont d'une délicatesse extrême, d'une ténuité excessive.

 

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Les couleurs:


Les teintes sombres sont à l'index cette saison. Les Parisiennes n'admettent que les nuances très claires : le rose tendre, le gris, le vert d'eau, le soufre, le blanc, surtout le blanc, depuis les tons laiteux jusqu'au blanc cru du piqué ou de la mousseline qu'atténuent les nuances pain brûlé des manchettes, des cols et des empiècements de guipure de toutes formes, sur lesquels tranchent le collier et la ceinture de ruban d'une teinte vive.

 

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Les formes :


Quand aux formes, on peut dès à présent prédire une transformation apportée dans la coupe de nos jupes.

Sous l'impulsion de Worth, ce grand maître des somptuosités féminines, elles prennent un tout autre aspect. Tandis que le haut demeure plat et dessine les hanches, le bas est d'une ampleur incommensurable et forme de très nombreux godets.

Pour obtenir cet effet, ces jupes sont faites en deux parties, la première ajustée, la seconde taillée en abat-jour, prenant à mi-hauteur ; ce bas de jupe est orné de ruches de ruban ou de tulle disposées en cercles ou en angles. Il y a aussi la jupe drapée sur elle-même, ou encore celle que retiennent de côté des noeuds Louis XV.

Les corsages sont très garnis, et d'une manière assez amusante. Tout le corps est recouvert de guipure, ou découpé en boléro très court, fixé par deux choux devant ou replié sur lui-même pour former des revers coquillés. Le col est généralement drapé en velours de teinte vive, tranchant avec la nuance de la robe. Les manches sont de plus en plus capricieuses ; serrées à l'avant-bras, elles prennent la forme d'un gros noeud dont les bouts se rattachent à l'épaule, ou encore, taillées comme les pourpoints des chevaliers, elles s'élargissent sur des crevés très bouffants.

Les jaquettes, telles que Worth vient de les créer, sont pratiques et d'une incomparable élégance ; taillées dans des moires antiques, des failles souples, elles s'élargissent sur les hanches où viennent s'étager des volants de dentelle ; la dentelle se mélange également à la soie pour former des berthes d'un dessin absolument gracieux qu'encadrent des revers voilés de guipure crème. Les manches, devenues impossibles avec la forme des corsages, sont remplacées par des volants de soie et de dentelle superposés et diversement drapés, d'un effet très inattendu. A côté de ces jaquettes luxueuses, il y a une foule de gentils camails aux formes variées : les uns compoéss de biais de velours noir ou vert prairie, coupés par des bandes de satin noir incrustées de guipure de vieux Venise ; sur les épaules, le velours et la guipure simulent un capuchon agrafé devant sous un gros noeud alsacien. D'autres sont en moire rehaussés de guipure crème et de mousseline de soie mélangées avec un art exquis.

Au chapitre des dessous, il faut signaler les jupons de soie faits à soufflets, indispensables pour soutenir les jupes à godets dont l'ampleur deviendrait encombrante.

 

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Les chapeaux :


Comme complément de la toilette, il faut mentionner le chapeau que, cette saison, Virot orne de fleurs jouant plus que jamais au naturel : violettes de Nice, roses de mai, primevères, résédas, fleurs de serres ou plantes agrestes se mélangent au tulle pailleté, à la moire et à la paille qui commence à faire son apparition.

Les formes sont si diverses qu'il serait difficile de les raconter ; disons seulement que leur dimension est raisonnable, les ornements légers, peu volumineux, ni trop élevés, ni trop bas, et par cela forment un cadre jeune et charmant aux visages des coquettes, dont les cheveux aériennement bouclés et très bouffants sont maintenus par le voile, qui, lui aussi, suit les fantaisies capricieuses de la mode.

 

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L'éventail :


L'éventail est la pièce la plus importante de l'arsenal féminin. C'est une arme à la fois offensive et défensive, qui provoque l'ennemi timide et tient l'audacieux à distance.

Nous voulons que l'éventail soit élégant, gracieux, pimpant et coquet, d'un maniement facile et léger. Mais nous ne voulons pas qu'il dure trop longtemps, qu'il fasse époque dans la vie d'une femme, et que, d'une saison à l'autre, on le retrouve dans les mêmes mains. On le veut approprié à toutes les circonstances de la vie mondaine, en harmonie avec le reste de la toilette ; les élégantes en useront bientôt autant que de robes et de chapeaux.

L'éventail éphémère ne pourra donc avoir les qualités sérieuses que l'on exigeait de celui qui passait d'une génération à l'autre. L'éventail fin de siècle sait bien que l'on n'exige pas de lui tels mérites. On le prend sans souci ; on le quitte sans regret, comme on ferait d'une paire de gants. Il est généralement petit, style Louis XVI ou forme Empire.

Parfois on sème de fleurs aux nuances vives une dentelle légère ; parfois aussi on jette de paillettes d'acier un fond de tulle noir. A chaque mouvement de la main qui l'agite, l'éventail a des scintillements, comme le miroir aux alouettes.

Il y a aussi l'éventail à meurtrières qui, dans sa feuille sombre, ménage des vues, dissimulées par un lacis de fils légers, qui permet à la femme de voir sans être vue et d'observer la physionomie de celui qui lui parle sans lui montrer le visage de celle qui l'écoute. Ce sont là les trahisons de l'éventail.

Un autre éventail, très prisé et très recherché, mais qui n'est pas à la portée de tout le monde, c'est l'éventail artistique et littéraire, dont chaque repli de la feuille abrite une pensée amoureuse ou philosophique, un quatrain, une octave ou un triolet, une phrase musicale, ou deux coups de crayon d'un peintre, d'un poète, d'un musicien ou d'un romancier.

 

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Le sac :


Un accessoire de toilette féminine luxueux et pratique, c'est un gentil petit sac grand comme la main, dans lequel on place la bourse et le mouchoir brodé. Il se fait d'étoffe précieuse coulissée d'une chaîne d'or munie d'un anneau en brillants, dans lequel on passe le doigt, la main étant gantée.

 

 

 

 

Source images et textes :

La Grande Dame - Revue de l'élégance et des arts, 1894 - A lire sur Gallica

 

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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 21:31

 

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 22:24

 

 

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Nous voici le 1er janvier 1910. La revue "Femina" nous présente ce sport à la mode du patin à roulettes.

 

"C'est le jeu à la mode ; s'il pouvait se jouer chez soi, entre cinq et sept, ou après dîner, il ferait une terrible concurrence au bridge et aux puzzles ; mais voilà ! il lui faut de la place, du "développement" de l'horizon et force est de ne s'y livrer que sur les "rinks" appropriés ...

C'est aussi le jeu le plus gracieux et le plus fantaisite que femme puisse rêver.

Que l'on juge d'après ces jolies photographies, où l'on voit les plus souples attitudes de Mlle Régina Badet, la danseuse célèbre. Mlle Régina Badet, tout de suite, s'est passionnée pour le jeu nouveau et elle est certainement la plus légère et la plus éperdue rinkeuse de Paris.

Ajoutons que ce sport passionne les jeunes filles et que le patin à roulettes est en train de détrôner le patin à glace. La valse exécutée avec le patin à roulettes est particulièrement harmonieuse".

 

Maintenant admirez ci-dessous une affiche de 1910 vantant un Skating Rink parisien, avec "excellent orchestre" et "très bon buffet".

Et plus bas, une publicité datant de 1908.

 

 

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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 21:18

 

 

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Voici une très belle affiche que j'ai découverte grâce à Gallica : il s'agit d'une affiche publicitaire de 1897 dessinée par Jules Chéret.

 

 

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 21:58

 

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De quoi nous parle L'art d'être jolie en ce beau jour du 1er octobre 1904 ?

 

Au sommaire :

 Les supplices de la beauté. De cette article, les images en disent déjà longs, je les accompagnerais de quelques extraits de choix.

 Ce que disent les cheveux. Un article foisonnant de préjugés. Je vous en offre ici qui sont à frémir ...

 La fâcheuse acné. Vous en trouverez ci-dessous les recettes contre l'acné.

Mentons jolis.

 L'art d'engraisser. Quand les formes étaient à l'honneur.

Le geste charmant de la prière.

Beau visage, reflet de sage estomac.

 

     

       

Les supplices de la beauté

 

Si ce qu'on peut appeler la "culture de la beauté" n'emploie plus, comme dans le passé, des lotions composées d'huiles plutôt répugnantes et des pommades empestées, dont la seule application devait être un véritable supplice, les femmes qui, tenant à posséder quand même un "beau physique", entreprennent de corriger ce qu'elles peuvent avoir de défectueux, ou veulent à tout prix résister aux atteintes de l'âge, s'imposent souvent de véritables tortures.

 

La science moderne, extraordinairement ingénieuse, fait pourtant de son mieux pour parer à ces rigueurs ; mais, si l'on pénètre dans les coulisses de la beauté, on verra, non sans surprise, ce que coûte parfois de patience et même de souffrance physique la joie d'être belle.

 

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Ce que disent les cheveux

 

Chaque partie du corps a son langage.

Un des points sur lesquels s'arrête le plus l'observation de la physionomie est la chevelure, sorte de végétation animale dont la peau est le champ et qui participe nécessairement des qualités du sol où elle se croit.

 

La nuance foncée du système pileux, ainsi que son abondance, indiquent l'énergie morale et la force physique.

La couleur claire ou blonde serait l'indice, hormis les exceptions, d'une force et d'une énergie moins développées, de passions tendres, d'un esprit et d'un caractère pleins de douceur.

Les cheveux roux nous feraient pressentir la violence, la jalousie, la fougue. D'autres fois, cependant, au contraire, les rousses seraient particulièrement patientes, douces, tranquilles et d'une bonté remarquable. Ces contrastes qu'offrent les personnes rousses ont donné lieu au proverbe vulgaire : Les roux sont tout bons ou tout mauvais.

Les cheveux très épais et très rudes seraient le signe d'un esprit âpre et difficile, d'un caractère opiniâtre et brutal. Les cheveux doux et fins montreraient de l'esprit et du caractère.

 

 

 

La fâcheuse acné - Remèdes pratiques

 

Lotions :

- I. Eau distillée, 30 gr. - Goudron, 20 gr. - Teinture de benjoin, 2 gr. - Appliquez légèrement le soir. Ne se laver que le matin.

- II. Carbonate de potasse, 0,25 centigr. - Eau distillée de thym, 75 gr. - Employez à chaud.

- III. Ether sulfurique, 5 gr. - Alcoolat de romarin, 15 gr. - Essence de fenouil, 1 goutte - Eau de laurier-cerise, 35 gr. - Appliquez légèrement le soir. Ne se laver que le matin.

 

Pommades :

- I. (Très violente, pour les cas aigus). Magister de soufre, 12 gr. - Soufre sublimé, 8 gr. - Alcool rectifié, 20 gr. - Eau distillée de roses, 15 gr. - Mucilage de gomme adragante, 6 gr. - Appliquez soir et matin.

- II. (Moins violente). Poudre d'acide borique, 30 gr. - Magister de soufre, 10 gr. - Eau distillée de laurier-cerise, 40 gr. - Mucilage de gomme arabique, 12 gr.

 

 

 

L'art d'engraisser

 

La maigreur est pour la beauté une ennemie encore plus redoutable que l'embonpoint, car l'un grossit les formes, exagère, empâte les contours, l'autre les aplatit, les dessèche et les réduit aux lignes anguleuses qui caractérisent la laideur.

Dans aucun pays du monde, la femme maigre, montrant la saillie de sa charpente osseuse, n'éveilla le désir, n'inspira le désir, n'inspira l'amour ; tandis qu'en Orient, les femmes matelassées de graisse passent pour être belles et sont très recherchées.

(...)

S'est-on assez moqué des femmes maigres ? Il n'y a pas d'épithètes désobligeantes qu'elles n'aient reçues, désolées, impuissantes, abattues, essayant en vain de cacher le dommage, de se capitonner de leur mieux. Hélas ! elles savaient qu'une heure vient inexorablement où tous ces enjolivements factices cherchés par elles doivent tomber, où leurs épaules décharnées, leurs bras squelettiques doivent émerger nus des corsages tombés, où, au lieu des courbes gracieuses, si charmantes, elles n'offriront que des angles, une quantité d'angles.

Et pourtant la maigreur, si elle n'est pas outrée, n'est pas sans charme. Une femme "mince", aux formes graciles, peut être séduisante.

Les grands couturiers, maîtres en l'art de parer les corps féminins, firent même, ces derniers temps, triompher une mode qui mettait surtout en valeur les femmes maigres, les avantageant joliment.

 

 

 

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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 23:19

 

L'Art d'être jolie numéro 9 sort en kiosque le 24 septembre 1904.

Entre autres sujets dont je vous cite les liens en bas de la page, ce numéro nous vantent les bienfaits de la mer, et plus loin, nous parle d'un Club de beauté un peu spécial, aux conseils eux-aussi plutôt spéciaux ...

 

Bonne lecture ...

 

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La mer bienfaisante

 

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a beauté féminine ne peut que gagner à un séjour au bord de la mer. Son air vivifiant, en effet, convient à merveille à tous les cas d'étiolement, de faiblesse, de pâleur, de lymphatisme, autant d'états redoutés qui fanent trop tôt le corps et le visage.

Et non seulement une action tonique, salutaire, rafraichissante s'exerce sur le physique délabré, mais encore le moral est lui-même influencé. Les excursions en mer, les promenades sur le rivage, les parties de plaisir en barque où, d'une main inhabile, on essaie de manoeuvrer les rames, rendent la gaité et l'appétit. On se crée mille joies d'enfant avec la pêche et les coquillages. Enfin, la vue de cette immensité bleue, à l'aspect toujours changeant et qu'on ne se lasse pas de regarder, est infiniment reposante pour l'esprit fatigué, les nerfs usés.

Beaucoup recherchent les plages à la mode, où la vie est mondaine, bruyante, boulevardière, où des casinos, des courses, des salles de jeux, des fêtes de toutes sortes, et, par suite, le souci de continuelles toilettes apportent des distractions nombreuses et lassantes. D'autres, plus sages, savent trouver de petits coins à l'écart, en des sites grandioses ou charmants, où, aux bienfaits de la mer, vient s'ajouter le calme physique et moral.

Alors l'oeuvre souhaitée est complète, le corps se repose, l'esprit se détend et la beauté se retrempe dans un triple bain d'eau salée, d'air et de soleil.

(...)

 

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Un club de beauté

 

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l existe à Chicago un club original dont l'unique but est, pour toutes ses adhérentes, la conquête de la beauté.

Avec le plus grand sérieux, comme elles font toutes choses, les Américaines, de tout âge et de toute condition, s'y sont fait inscrire en foule.

Le prospectus de la Société, fort alléchant, déclare "qu'il suffit de se conformer aux statuts du club pour diminuer à coup sûr, et, souvent même, effacer, presque entièrement, cette infortune de la laideur physique que la nature inflige à un si grand nombre de ses enfants."

 

Un code de beauté.Image-3-copie-4.png

Créer la beauté est sûrement impossible, mais mettre en valeur ce qui existe de bien, amoindrir les défauts apparents, telle est la tâche de l'hygiène plastique entreprise par la nouvelle société.

Ce n'est, assure-t-elle, qu'une affaire de soins intelligemment et rationnellement compris.

Elle a dressé, à cet effet, un vaste programme de prescriptions que les adhérentes jurent sur la Bible d'observer scrupuleusement, et dont le principe fondamental est celui-ci : "La beauté est le reflet d'une parfaite santé et d'un équilibre complet." Code particulièrement curieux, surtout en ce que ses conseils ont une application plus morale que matérielle.

Il ne donne pas les recettes de crèmes merveilleuses pour conserver la fraîcheur du teint ou de lotions pour chasser les rides ; il ne cherche pas à redresser les nez de travers et à rétablir par la chirurgie l'harmonie des visages. Il prétend que la beauté de la femme est surtout une question d'hygiène générale. La vie calme, saine, fortifiante, sans excès d'aucune sorte, sans ridicules et cruelles précautions de coquetterie, est indispensable à qui veut être vraiment jolie. Les nerfs, ces malheureux nerfs, qui font déjà moralement tant de mauvaise besogne, en feraient aussi au point de vue physique, et la première règle pour garder la beauté serait de n'être pas nerveuse.

Et voici, dans cet ordre d'idée, quelques-uns des articles du code élaboré par ce club peu banal :

"Les adhérentes devront s'engager à ne plus lire de romans qui irritent les imaginations et développent une nervosité préjudiciable à la beauté, en produisant l'amaigrissement." Voilà, certes, un effet inattendu de la littérature.

"La sobriété est la première condition pour conserver un teint clair et séduisant ; les dames devront se contenter d'un litre et demi de boisson pour les vingt-quatre heures, soit deux verres par repas. Les grands dîners, à mets épicés, sont aussi très nuisibles et précipitent l'apparition des rides et autres signes de vieillesse. Quant aux soupers, ils sont formellement interdits ; car pour avoir le teint frais et clair, il faut que la digestion soit faite avant de se coucher ...

"Les adhérentes ne porteront pas de voilettes ; car ainsi protégée, la peau du visage, trop sensible, perd de sa vigueur.

"Pour éviter la fatigue des yeux, elles s'engageront à ne jamais lire au lit, ni en chemin de fer, etc, etc."

Et nombre d'aimables Yankees, pleines de foi dans cette méthode, s'efforcent de mener cette existence sévère qui leur permettre peut-être de trouver le mari de leurs rêves.

 

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Et pour en lire plus, voici les autres sujets de ce numéro de l'Art d'être jolie :

 

La beauté mathématique

 

Ce qui rend la bouche jolie

 

Le pied, bijou délicat

 

Le nu et la beauté

 

 

 

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 15:15

 

 

Le huitième numéro de L'art d'être jolie nous propose Bains parfumés, un article empreint de poésie qui ravira toutes les amoureuses du bain avec une foule d'idées pour se faire la peau douce et parfumée.

Je vous ai aussi retranscris Bizarres recettes de beauté sous la Renaissance, qui semblent tout droit sorties du grimoire d'une sorcière, et dont certaines sont vraiment atroces ...

 

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Bains parfumés

 

L'heure du bain est, pour la femme, une heure charmante. Son corps s'y délasse longuement, sa peau s'assouplit, ses chairs se raffermissent, et elle sort de là reposée, plus belle.

Mais, de tout temps, sa coquetterie chercha à poétiser encore davantage ce bain, en ajoutant à l'eau bienfaisante un complément indispensable : le parfum.

Les voluptueuses princesses d'Asie, les Athéniennes, les Corinthiennes et les dames romaines faisaient un fréquent usage de ces bains odorants. Aspasie, Laïs et Phryné, ces types de la beauté coquette en Grèce, se baignaient, chaque jour, dans une eau mucilagineuse aromatisée d'essence.

 

Bain fleuri de Diane

 

La tradition a conservé la poétique commune des jeunes filles d'Argos, connue sous le nom de "Bain de Diane".

Ce bain se prenait aux premiers beaux jours du printemps jusqu'au déclin de l'été, et pendant les rares journées encore ensoleillées de l'automne, le matin ou le soir, lors de fortes chaleurs, ou, au cas contraire, l'après-midi.

Les jeunes filles s'entouraient la taille d'une ceinture de roses et de menthe, le cou d'un collier de jasmin, les bras de bracelets de lavande, les jambes de jarretières de sauge. Une fois leur corps ainsi fleuri, elles entraient ensemble dans l'onde fraîche d'une rivière, en se tenant par la taille ou par la main. Durant une heure, elles y prenaient leurs ébats, puis, dénouant ces guirlandes, se séchaient au doux soleil.

 

Bain au lait d'ânesse de Poppée

 

Tandis que Cléopâtre faisait jeter dans son bain, à profusion, des roses de Poestum, la célèbre Poppée, afin d'être plus attrayante aux yeux de ses admirateurs, prenait chaque jour un bain entier de lait, et élevait à cet effet cinq cent ânesses qu'on ne nourrissait que d'herbes aromatiques.

Cinq cent esclaves n'avaient d'autre occupation que de soigner ces animaux, de traire leur lait et de préparer les bains de la princesse. Poppée, en sortant du bain, était épongée, essuyée, poncée et parfumée par les délicates mains de huit jeunes filles.

Après le bain, elle était transportée sur un somptueux lit de repos où elle restait environ une heure, enveloppée dans des draps qu'on avait préalablement exposés aux vapeurs de l'aloès et du benjoin.

 

Bain champêtre de la Belle Gabrielle

 

Elle faisait bouillir dans de l'eau de rivière du laurier, du thym, du romarin, du serpolet, de la marjolaine, de la lavande, du fenouil. Nul bain n'était, paraît-il, plus fortifiant et plus agréablement odorant.

Il serait bon cependant de moderniser un peu ce mélange en y ajoutant de l'alcool.

 

Bain au miel de Ninon de Lenclos

 

Ninon de Lenclos dut la conservation de ses charmes, jusqu'à l'âge le plus avancé, à l'usage de bains cosmétiqués dont elle avait pris à l'antiquité les recettes mystérieuses, jalousement gardées secrètes par elle.

L'une d'elles cependant fut révélée :

Faites fondre 250 grammes de sel de cuisine, 1000 grammes de carbonate de soude dans 1 kg d'eau de fontaine ; faites dissoudre, d'un autre côté, 1 kg 500 de miel dans 3 litres de lait. Versez d'abord la première solution dans l'eau du bain que vous agiterez en tous sens. Versez ensuite le mélange de lait et de miel, agitez de nouveau et entrez dans le bain.

 

Bain au champagne de Rose Chéri

 

Les bains de lait à l'iris de Mme Tallien sont devenus classiques. Sous le second Empire, une délicieuse actrice, Rose Chéri, mit à la mode les bains au champagne. La mousse blanche du vin pétillant était, assurait-elle, éminemment favorable à la beauté, et, suivant la saison, elle faisait jeter sur cette mousse joyeuse des bleuets, des oeillets ou des roses.

 

Bains aux fraises de la Païva

 

Cette célèbre reine de beauté prenait des bains de fraises et de framboises écrasées. Elle assurait leur devoir son exceptionnelle fraîcheur de peau. En voici la recette :

15 livres de fraises, 5 livres de framboises, 5 livres de son, 2 livres de poudre de grumeaux, le tout pilé et arrosé de 250 grammes d'eau de roses. Ce mélange réduit en pâte était peu à peu délayé dans l'eau. En sortant du bain, il fallait frotter la peau avec une éponge imbibée d'eau ordinaire et s'envelopper dans des draps parfumés au benjoin.

 

Les femmes, de nos jours, aiment avec passion les bains parfumés et chacune a sa recette qu'elle ne livre guère. Beaucoup prennent leur bain dans du lait, quelques autres dans du vin, certaines même dans du sang de boeuf.

 

Une danseuse russe célèbre, dont le teint frais est le cauchemar de ses rivales, se plonge chaque jour dans un bain où entrent 300 kilos de fraises, ce qui représente en hiver une petite fortune. Mme Réjane veut que la surface de l'eau disparaisse sous une couche de violettes fraîches. La Bellinzioni se baigne dans les feuilles de roses. Quant à la Tortojada, elle fait remplir sa baignoire de thé, parfumé d'essence de rose.

Il faut citer enfin, pour mémoire, certains bains de beauté particulièrement odorants, mais de façon plutôt pénible. Du XVIIIe siècle, on garda longtemps l'abominable recette de bains de bouillon fait avec des tripes de veau.

Il n'y a pas si longtemps même, le mari d'une actrice fort en vogue fit une demande en divorce basée sur cette étrange raison, que "sa femme prenait souvent des bains avec des substances animales, dans l'intention d'acquérir la beauté de sa peau et de plaire à d'autres qu'à son époux : puisqu'elle les prenait à son insu et qu'il n'en était averti que par la mauvaise odeur qui s'émanait d'elle".

 

Quelques conseils

 

N'allez pas chercher si loin de quoi parfumer votre bain. Il est difficile de conseiller les bains de fruits écrasés, même de fraises et de framboises, quelque odorants qu'ils puissent être. La peau, en effet, n'en absorbe rien.

Les fleurs simplement jetées, fraîches cueillies, sur l'eau pure sont plus poétiques qu'efficaces et leur poésie ne dure guère, elles ne tardent pas à faire triste figure.

 

Un bain "printanier" mérite cependant d'être cité. Cueillez au printemps trois poignées de coucous et de primevères sauvages et jetez-les dans l'eau de votre bain. Ces fleurs le parfumeront et le rendront très calmant.

 

L'eau de Cologne, l'eau-de-vie de lavande, l'eau de Portugal, l'eau de roses, la teinture de benjoin, l'essence de violette sont encore les parfums les plus simples et les plus agréables. Votre fantaisie pourra même faire d'harmonieux mélanges. Dosez à votre gré : il est difficile de prescrire les quantités. Voici pourtant une bonne formule :

Eau de roses, 1500 gr. ; teinture de benjoin, 50 gr. ; essence de thym, 30 gr. ; eau de Cologne, 30 gr.

 

Une autre est plus compliquée, mais excellente :

Faites infuser pendant une heure, à froid, quelques poignées de roses de Provins, ajoutez-y 5 gouttes d'essence de jasmin, 25 gouttes d'essence de menthe, 12 gouttes d'essence de lavande, 15 gouttes d'essence de sauge et 100 gr. d'alcool. Mêlez à l'eau de votre bain et baignez-vous durant un quart d'heure à très basse température.

 

Vous pouvez obtenir aussi les mêmes effets que d'un bain de lait - vraiment trop coûteux - en mélangeant simplement à l'eau d'un bain ordinaire une décoction de 2 kilogs de racine de guimauve et de 250 grammes d'hysope.

 

 

 

Bizarres recettes de beauté sous la Renaissance

 

La médication du temps passé, avec ses formules naïves et compliquées, réunissant les éléments les plus étranges, mélange pittoresque d'un peu d'observation et de beaucoup de superstitions grossières, nous fait sourire aujourd'hui que nous possédons une étonnante variété de produits pharmaceutiques, composés et employés de manière rationnelle et sûre. Ces recettes, souvent répugnantes, nous surprennent surtout lorsqu'il s'agit des soins de la beauté. Est-il possible que les élégantes du XVe siècle, à cette époque où la coquetterie tint une si large place dans la vie des femmes, aient osé mettre sur leur peau, pour embellir leur teint, de l'huile de lézard ou de la fiente de chat ?

 

Ces recettes pourtant, à en croire les chroniqueurs du temps, faisaient merveille et voici, présentées sans commentaires, les plus originales parmi toutes celles, si nombreuses, que la tradition nous a laissées.

 

Les yeux

 

- Pour les faire briller. - Prenez des escargots  et lavez-les huit fois dans de l'eau. Puis faites-les distiller dans un alambic. Prenez ensuite de la fiente de lézard, du corail rouge et du sucre candi. Distillez et mêlez au premier mélange. Vous pourrez en mettre, soir et matin, une goutte dans vos yeux.

- Contre les paupières qui collent. - Mélangez de la cire et du gingembre ; passez avec du sang d'anguille et appliquez le soir sur vos yeux.

- Contre le larmoiement des yeux. - Mélangez bien de la rue, le fiel d'une chèvre et du miel. Appliquez le soir le mélange sur vos yeux.

- Contre les yeux chassieux. - Mêlez de la chélidoine avec du lait de femme et appliquez sur les yeux.

- Contre l'irritation des yeux. - Prenez un limaçon rouge et faites-le cuire dans l'eau. Retirez la graisse et couvrez-en vos yeux, en vous couchant.

- Contre les boutons des sourcils. - Prenez un oeuf dur ; écaillez quand il est chaud et par quartiers. Appliquez-le, de suite, sur un linge blanc.

 

Les cheveux

 

- Pour avoir une douce chevelure. - Lavez-vous la tête trois fois par jour avec de la rosée de mai.

- Pour empêcher vos cheveux de tomber. - Prenez des racines sèches de choux et roulez-les dans de l'eau de fontaine jusqu'à ce qu'elles se ramollissent. Lavez la tête avec cette eau.

- Pour faire repousser les cheveux. - Prenez des sangsues et faites-les brûler, de façon à les réduire en poudre. Mélangez avec de la fiente, du miel et du mercure, et frottez les places dénudées.

- Idem. - Faites brûler dans une poêle de fer des mouches à miel. Ajoutez à la cendre ainsi obtenue même quantité de cendres de semence de lin calcinées. Cela fait, faites bouillir une bonne quantité de lézards dans de l'huile. Exposez cette huile au soleil pendant vingt jours, et ajoutes la poudre. Oignez vos cheveux avec l'huile ainsi obtenue.

- Idem. - Faites brûler des mouches dans un pot ; mélangez la cendre avec du jus de cerfeuil et des noisettes réduites en poudre, ainsi que du miel et de l'huile, le tout ensemble. Frottez-en la tête.

- Pour blondir les cheveux. - Faites infuser de la rhubarbe dans du vin blanc, et humectez souvent avec une éponge. Laissez sécher, sans essuyer.

- Pour noircir les cheveux. - Mêlez des feuilles de figuier noir réduites en poudre et des vers de terre. Brûlez avec une suffisante quantité d'amandes douces pour en faire une pommade.

- Dépilatoire. - Broyez dans un mortier de la chair de lièvre avec des orties marines jusqu'à consistance de cataplasme at appliquez.

- Idem. - Mêlez des cendres de salamandre avec de l'huile jusqu'à consistance de bouillie et appliquez.

- Idem. - Faites un cataplasme de fiente de chat broyée dans un mortier avec du fort vinaigre.

- Idem. - Laissez sécher du sang de thon sur la partie dont vous voulez faire tomber le poil.

 

La bouche

 

- Pour blanchir les dents. - Prenez du corail rouge, des noyaux de dattes, des semences de perles, des écrevisses calcinées, de la corne de cerf, de chacun un drachme, avec un scrupule de sel d'absinthe. Pulvérisez ces choses subtilement, et frottez vos dents avec cette poudre.

 

Le teint

 

- Pour embellir le teint. - Faites fondre une demi-livre de suif de taureau et une demi-livre de beurre frais dans un demi-setier d'eau de roses. Levez la graisse qui surnagera, et incorporez-y 6 onces (180 gr.) de céruse en poudre.

- Idem. - Prenez une jeune cigogne qui n'a pas encore volé, ôtez-lui les entrailles, et mettez dans le corps une once de camphre et une drachme d'ambre fin. Faites cuire jusqu'à trois bouillons. Appliquer le jus sur les joues.

- Idem. - Concassez dans un mortier 30 grammes de perles fines bien blanches, puis mettez-les dans un récipient de verre sur des cendres chaudes. Versez dessus du vianigre blanc distillé. Une fois les perles fondues, mêlez une quantité égale d'eau de fleurs d'orange. Lotionnez le soir.

- Idem. - Faites bouillir une douzaine de pieds de mouton bien propres. Recueillez la graisse qui surnage et mêlez deux drachmes de borax et de blanc de baleine.

- Idem. - Prenez trois chopines de lait de vache, autant de vin blanc, les coques et la glaire de 2 douzaines d'oeufs frais, la mie d'un petit pain, une poignée d'orge, une rouelle de veau coupée en morceaux et 4 oignons de lys. Distillez au bain-marie.

- Idem. - Laissez vingt-quatre heures une poule grise sans boire ni manger, puis prenez 30 grammes de talc calciné, autant de baume de Judée et d'argent dissous à l'eau-forte et pour trois sous de mie de pain tout chaud. Mêlez ces choses et faites-les manger à la poule, sans lui donner à boire, et aussitôt qu'elle les aura avalées, étranglez-la avec une ficelle. Plumez-la et mettez dans un alambic de verre pour la distiller. Il en sortira une eau merveilleuse pour le teint.

- Pour ôter les taches de rousseur. - Eteignez plus fois des pièces d'or rougies au feu dans du vin très généreux. Faites-y dissoudre un peu de tartre et humectez les taches avec ce vin ainsi préparé.

- Idem. - Prenez une demi-douzaine de petits chiens de lait ; ôtez-leur les entrailles, puis mettez-les dans un alambic, avec une bonne quantité de sang de veau pour en faire la distillation au bain-marie. Il en sortira une eau bienfaisante.

- Contre les dartres de la peau. - Faites des applications de fiente de pigeon mêlées avec du vinaigre.

- Contre le hâle. - Détrempez des fiels de coq, de poule, de lièvre et d'anguille dans du miel, et oignez le visage, en évitant de toucher aux yeux.

- Contre les verrues. - Humectez d'urine âcre de chien. Si cela ne suffit pas, appliquer du sang de rat tout chaud ou un mélange de vin et de fiente de chevreau, ou encore de la fiente de brebis appliquée avec du vinaigre.

- Contre les marques de petite vérole. - Prenez une livre de vinaigre blanc et une livre d'urine d'une jeune personne ne buvant que du vin, une demi-livre de suc de plantain, 15 grammes de borax, 15 grammes de gomme adragante, deux poignées de fleurs de roses et de fèves. Laissez infuser trois jours sur des cendres chaudes, distillez au bain-marie et appliquez sur le visage le liquide ainsi obtenu.

- Idem. - Faites fréquemment des applications de sang de lièvre tout chaud.

 

Les mains

 

- Pour embellir les mains. - Prenez 4 livres d'eau de pluie, une demi-livre de figues grasses, 1 livre de miel blanc, une demi-livre de graisse de poule, et faites bouillir. Ajoutez quelques noix muscades et quelques girofles ; coulez le tout.

- Pour faire grossir. - Nourrissez une poule avec de vieilles grenouilles bien grasses, coupées en morceaux et bouillies avec du froment ; mangez la poule, mais en faisant attention de ne manger que le membre correspondant à celui que l'on veut engraisser.

 

Il semble que les apothicaires du temps avaient été doués d'une puissance prodigieuse de résistance au dégoût, pour pouvoir conserver chez eux toutes ces substances répugnantes, et l'on se demande avec horreur ce que devait être le laboratoire où ils recueillaient les matières premières destinées à ces extraordinaires onguents.

 

 

 

Au sommaire de l'Art d'être jolie n°8, vous pourrez aussi lire :

 


 

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- La jolie femme doit-elle être grande ou petite ?


- Le front, portique du visage

 

- L'art de rire

 

- Le charme dans la démarche

 

- La science du joli retroussis

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 00:05

 

 

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Le numéro 7 de l'Art d'être jolie est publié le 10 septembre 1904. Je vous ai sélectionné au sommaire de ce numéro deux articles étonnants, avec comme toujours, des petites recettes d'antan : "La guerre aux taches de rousseur" et "Les belles épaules, triomphe de la femme".

 

 

 

 

La guerre aux taches de rousseur :

 

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Les "dards d'Apollon", comme les appelaient nos grand'mères, agacent les brunes, mettent en colère les blondes, font le désespoir des rousses. Ce sont de petites taches importunes qui, grosses comme des lentilles et d'une triste couleur safran, apparaissent soudain sur le visage, la poitrine, le dessus des mains, principalement aux points exposés à la lumière.

Malicieuses, elles semblent se plaire à gâter les plus jolis teints, à se placer de la façon la plus disgracieuse.

Leur durée est variable : parfois elles sont passagères, parfois elles sont chroniques ou même continuelles. Elles pâlissent en hiver et foncent en été.

 

D'où viennent-elles ?


Les longues stations au soleil, les exercices trop violents, les études trop assidues, les excès de tous genres sont autant de causes de ces taches redoutées.

Les médecins les attribuent, scientifiquement, à la présence du fer dans le sang. L'abus des ferrigineux couvre, en effet, souvent plus d'un beau front de ces lentilles jaunes.

D'autres prétendent qu'elles indiquent plutôt une constitution délicate, une circulation faible et lente.

Quoi qu'il en soit, les personnes qui en sont atteintes s'en désolent. Ces taches, en effet, sont rebelles à la thérapeutique et aux moyens internes. Elles ne peuvent être traitées par des remèdes locaux.

 

Hygiène préventive.


Quelques précautions très simples préviennent l'apparition des taches de rousseur.

Nos aïeules, très soigneuses de leur teint, portaient en été des masques de taffetas pour protéger leur épiderme. Sans aller jusque-là, portez à la campagne des voilettes paille. En tous temps, n'exposez votre visage au grand air qu'après l'avoir bien séché et légèrement poudrerizé.

En voyage, quand vous vous lavez, mettez dans votre eau quelques gouttes de teinture de benjoin. Le célèbre Lait virginal, si en faveur autrefois, n'était pas autre chose. Les eaux sulfureuses produisent quelque effet.

Un certain nombre de produits très simples peuvent être aussi employés, heureusement, contre les taches de rousseur dans la toilette : c'est l'eau de roses, le lait d'amandes, le blanc d'oeuf, l'eau de nénuphar, de lys blanc et de semences de melon.

Vous pouvez encore mêler, à parties égales, du miel fin et du jus de cresson. Passez ensuite dans un linge et frictionnez soir et matin.

En Roumanie, on se sert d'eau de fleur de lys où est dissous un peu de sel de tartre.

Les carottes sont recommandées contre les taches de rousseur. Mangez-les à toutes les sauces et le plus souvent possible. Les fèves fraîches cuites à l'eau, écrasées et appliquées en cataplasmes produisent aussi d'excellents effets.

Parfois, hélas ! contre ces taches rebelles, il faut user des moyens violents qui produisent une desquamation locale de la peau. Ne les employez que le soir et le matin à l'heure où la peau se trouve plus tendre et plus accessible aux remèdes et évitez, autant que possible, pendant ce traitement, de vous exposer au grand soleil. Il est rare alors que vous n'arriviez pas à faire disparaître ces importunes, en peu de temps.

Dans tous les cas, prenez patience et consolez-vous en vous disant que les taches de rousseur sont le privilège seulement des très jolies peaux.

 

Recettes pratiques

 

D'autrefois.


- Prenez 2 pommes, une poignée de fenouil et de céleri, 20 gr. de farine d'orge. Faites bouillir un quart d'heure dans 250 gr. d'eau de roses. Ajoutez encore 20 gr. de farine d'orge, 4 blancs d'oeufs frais et 30 gr. de graisse de cerf. Battez bien et mêlez, puis enduisez chaque soir les taches.

 

- Prenez à parties égales des racines de concombre et de narcisse. Faites sécher à l'ombre et réduisez en poudre très fine que vous mettrez dans de bonne eau-de-vie. Une fois par jour, lavez le visage jusqu'à ce qu'il commence à vous démanger. Lavez ensuite à l'eau de pluie.

 

- Prenez une poignée de cendres de bois neuf ; faites bouillir dans un demi-litre d'eau de pluie jusqu'à réduction de moitié, ensuite tirez au clair et passez dans un papier gris.

 

- Remède de Mme de Maintenon : Faites dissoudre 30 gr. de savon de Venise dans 15 gr. de jus de citron, puis ajoutez 8 gr. d'huile d'amandes amères et 8 gr d'huile de tartre et placez le tout au soleil jusqu'à consistance d'onguent. Ajoutez alors 3 gouttes d'huile de rhodium. Oignez les taches le soir en vous couchant et le matin, puis lavez avec une solution de fleurs de sureau et d'eau de roses.

 

D'aujourd'hui.

 

Remèdes simples pour les cas ordinaires :

 

- Son d'amandes, 60 gr. - Eau de fleur d'oranger, 250 gr. - Eau de roses, 250 gr. - Borax, 4 gr. - Teinture de benjoin, 8 gr. - Lotionnez chaque soir.

 

- Teinture de benjoin, 4 gr. et eau de roses, 50 gr. - Lotionnez soir et matin ou même plusieurs fois par jour.

 

- Borate de soude, 4 gr. - Eau de fleur d'oranger, 40 gr. - Eau de roses, 40 gr. - Lotionnez soir et matin.

 

- Faites dissoudre dans 1/4 de litre d'huile de térébenthine 7 gr. de camphre écrasé et ajoutez 2 gr. d'huile d'amandes douces - Applications le soir.

 

Remèdes plus violents :

 

- Mêlez à partie de teinture d'iode et 3 parties de glycérine - Applications légères le soir.

 

- Eau distillée, 250 gr. - Sublimé, 1 gr. - Sulfate de zinc, 2 gr. - Acétate de plomb, 2 gr. - Alcool, en petite quantité. - Ce remède, violent mais énergique, peut être employé pur ou coupé d'eau chaude, suivant la susceptibilité de la peau. Celle-ci, en effet, rougira puis pèlera. Ce remède est énergique, mais efficace.

 

 

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Les belles épaules, triomphe de la femme

 

Elles sont la beauté la plus durable, celle que les années, au lieu d'amoindrir, rendent plus accomplie encore. Il est rare, en effet, que chez la jeune fille les épaules soient parfaites, marmoréennes, d'une chute impeccable. Mais, à l'âge où le visage commence quelquefois à se fatiguer, les épaules ont toute leur splendeur.

Elles doivent être charnues, égales en hauteur, bien effacées, dégagées du cou et présentant deux courbes insensibles qui, partant de l'articulation de l'omoplate, vont se perdre dans la gouttière formée par l'épine dorsale.

Recouvertes d'une peau douce, unie, riches de lignes ondoyantes, elles valent par leur éclatante blancheur, une blancheur qualifiée d'"albâtre".

Mais parfois les épaules sont osseuses ou trop rondes ou d'une inégale hauteur et l'effet en est disgracieux.

Dans ce dernier cas, évitez avec soin le mouvement fâcheux qui abaisse une épaule alors que l'autre s'exhausse.

Quand, chez une jeune fille, les épaules tendent à s'arrondir, il faut lui faire porter fréquemment les coudes en arrière, les poser sur les hanches et avancer la poitrine. Recommandez-lui de dormir couchée sur le dos.

 

Les soins des épaules.


Pour garder aux épaules leur blancheur et leur poli, le meilleur moyen consiste à les vivifier chaque jour et en toute saison par des ablutions faites longuement avec de l'eau froide. Contractez cette habitude de très bonne heure.

Si vos épaules n'ont pas la blancheur du marbre ou si, malheureusement, avec les années, ce marbre cède la place au vieil ivoire, donnez à vos épaules une blancheur factice avec un peu de ce fard simple : Eau de roses : 1/4 de litre ; glycérine : 3 grammes ; nitrate de bismuth basique : 125 grammes.

Souvent, chez les jeunes filles, les épaules présentent des boutons arrondis, disséminés et durs, d'un rouge violacé, d'ennuyeux aspect. Elles s'en désolent avec raison.

Cette éruption est une variété d'acné qui disparaîtra avec un régime dépuratif et en même temps des lotions quotidiennes matin et soir, pendant quelques minutes, d'eau chaude contenant une solution d'alun à 3%.

Et bientôt elles pourront les montrer sans crainte, dans quelque séduisant décolletage, en tout leur éclat et leur fraîcheur.

Certaine impératrice d'Allemagne, aujourd'hui morte, eut dans ses jeunes années des épaules qui firent l'admiration de toutes les cours d'Europe. Une malencontreuse et grave maladie vint brusquement les flétrir. La souveraine ne voulut cependant pas perdre sa réputation, et son impériale coquetterie fit fabriquer en grand secret, chez un habile émailleur, une invisible et méconnaissable carapace, qui, dit-on, lui était un véritable martyre.

Mais, pour rester belle, elle supporta l'étau ...

 

 

Source : Gallica

 

 

 

 

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