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Les blogs 2016 qui inspirent les femmes actives
8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 22:47

 

La justice armée - Le Secret des Secrets

 

Lors de mes explorations des trésors de Gallica, mon attention a été captée par les enluminures d'un manuscrit rassemblant deux textes : Le Secret des Secrets, suivi du Bréviaire des Nobles. La précision et la finesse du trait, les couleurs vives demeurées intactes, dépeignent des visages d'un autre temps, témoignant d'autres quotidiens : coiffures, vêtements, décors et mobiliers d'un autre âge.

 

 

Après quelques recherches, j'ai découvert que ce manuscrit de la fin du Moyen Age, est une sorte de manuel de morale aristocratique. Il traite de l'art de bien gouverner et de bien se gouverner. Composé dans les années 1420 par Alain Chartier, poète, diplomate, orateur et écrivain politique, il est illustré par l'enlumineur Jean Poyer.

 

Le premier titre de ce recueil reprend un texte célèbre au Moyen Age : Le secret des secrets, dit du Pseudo Aristote. Il s'agit d'un traité de morale et d'hygiène, sous la forme de conseils écrits par Aristote pour son disciple l'empereur Alexandre.

 

C'est le livre du gouvernement des rois et des princes appelé le Secret des Secrets.

Lequel fit Aristote et l'envoya a l'empereur Alexandre.

 

S'ensuit le bréviaire des nobles ...

 

Ce texte est suivi d'un poème, le Bréviaire des nobles. Alain Chartier y présente sa conception de l'idéal chevaleresque. Le manuscrit connut un grand succès aux XVe et XVIe siècles, et les gentilshommes se devaient de l'apprendre par cœur.

 

La noblesse

Pour entendre comme sont nobles faitz,

Douze vertuz monstrent cy leur affaire,

Doncques qui veult estre noble parfaiz

Ses heures die en cestuy breviaire.

 

Au nom de la Noblesse elle-même s'adressant aux gentilshommes, le poème décrit sous forme de ballades illustrées les douze vertus sans lesquelles il n'y a pas de vraie noblesse, du point de vue de son auteur : Foi, Loyauté, Honneur, Droiture, Prouesse, Amour, Courtoisie, Diligence, Netteté, Largesse, Sobriété et Persévérance.

 

Foi

 

Povre et riche meurt en corrupcion,

Noble et commun doivent à Dieu service ;

Mais les nobles ont exaltacion

Pour Foy garder et pour vivre en justice.

 

Loyauté

 

En Noblesse sont les droiz contenuz

De loyauté ou ceulx doivent entendre,

Qui ces deux poins ont par cueur retenuz :

Servir leur roy et leurs subgez deffendre.

 

Honneur

 

Hault honneur est le tresor de Noblesse,

Son espargne, sa privee richesse,

Et ce que cueur noble doit desirer :

Son seur conduit*, saguide et son adresse,

Son reconfort, son plaisir, sa liesse,

Et le mirouer ou il doit se mirer.

(* sauf-conduit)

 

Droiture

 

Raison, equité, mesure,

Loy, Droiture

Font les puissans hommes durer.

Et honneste nourriture,

Par nature,

Fait bon cueur amesurer

Et tout meffait forjurer,

Et jurer.

 

Prouesse

 

D'oultrage mort celui qui vit par oultrage

Raison le veult et Dieu le nous témoigne.

Donc doit armmer homme de haut lignage.

Honneste mort plus que  vivre en vergoigne.

 

Amour

 

C'est l'enseigne du haut cueur honnorable.

Qui de ce fait ad ce qu'il ayme part

C'est la bonté qui soi mesmes espart

Et qui acquiert aucun bien pour le sien

Haine porte le feu dont elle sait

Qui n'a Amour et amis il n'a rien.

 

Courtoisie

 

Car la noblesce s'estaint

Des que la vie est honteuse,

Et langue oultrageuse,

Pensee envieuse

Et main perilleuse

Font homme estourdis

En faiz et en diz.

 

Diligence

 

Que vault homme qui muse et se pourmaine,

Et veult avoir mol lit et pance plaine,

Et demourer a repos et a couvert,

Et passe temps sepmaine après sepmaine,

Et ne lui chaut en quel point tout se maine,

Qui soit perdu ne qui soit recouvert,

Qui veult qu'on soit davant luy descouvert,

Et qu'on die qu'il est noble à merveille.

Mais qui noble est, il appert de quoy sert

Diligence qui les vertuz esveille.

 

Netteté

 

S'il pense bien et advise,

Et sur soy mesmes regarde,

Celuy ou tous prennent garde.

Laid parler et trop mesdire

Sont une vile devise

Sur homme ou chascun se mire

Et ou tout le monde vise.

Honnesteté est requise

Pour tenir en sauvegarde

Celui ou tous prennent garde.

Par netteté et courtoisie,

D'ordure se contregarde

Celui ou tous prennent garde.

 

 

Largesse

Seule cette vertu, pour une raison inconnue, n'est pas illustrée.

 

Riche qui laisse honneur pour les despens,

Tout bien lui faille et son honneur lui fonde.

A Largesse voit on le cueur des gens ;

C'est l'enseigne des vertuz en ce monde.

 

Sobriété

 

De faire exces ne peut il bien venir.

Ne courss ne los* n'en peut estre meilleur ;

Ains en pert on manière contenir,

Voix alaine legierté et couleur.

Et tousjours a gloton quelque douleur,

Et est pesant, replet, et gras et ort**.

Sa vie abrege et approche sa mort.

Nul n'en a deuil, homme ne le regrette.

(*louange)

(**sale)

 

Persévérance

 

Excellante haulte vertu divine

qui tout parfait, accomplit et termine,

Royne puissante, Dame Perseverance,

Cil qui retient ta loyale doctrine,

Sans forvoyer le droit sentier chemine

De los, de pris, de paix, de suffisance,

Car tu vains tout par ta ferme constance.

 

Sources :

Le secret des secrets suivi du Bréviaire des nobles - Gallica

Une mise en image du discours moral à la fin du Moyen Age : le cas du manuscrit du Secret des secrets et du Bréviaire des nobles enluminé par Jean Poyer, de Pascale Charron, 2013 - pdf

Lectures françaises de la fin du Moyen Age, de Frédéric Duval, éd. Librairie Droz, 2007

Article de Wikipédia Le bréviaire des nobles

De la lecture des livres françois, par Marc Antoine René de Voyer Argenson, André Guillaume Contant d'Orville, Contaht d'Orville André Guillaume, éd. Moutard, 1780

 

 

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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 11:30

 

 

Le teint :

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Louis Guyon, en 1664, conseille que "pour entretenir la beauté de la face, il faut deux fois la semaine oindre la face d'huile de myrrhe, ou se laver la face quand on va se coucher d'eau de fleurs de Tillot".

Et plus loin : "Ceux qui ont un beau teint n'ont besoin d'aucun remède. Mais ils le doivent seulement conserver un bon régime et se contregarder des choses externes qui y peuvent nuire, comme la chaleur d'un grand feu, la trop grande chaleur du soleil, un grand froid, la fumée, poussière, tristesses, fâcheries, pas trop jeûner, veiller, dormir ou se colérer : car par ces choses, et autres occasions, le beau teint tournera en une grande laideur."

 

Les taches de rousseur :

 

Elles sont considérées comme des imperfections, et on utilise divers ingrédients pour les faire disparaître.

Ainsi les oeufs de poule, qui amollis dans le vinaigre, sont ensuite mélangés à de la farine de moutarde sauvage.

Ou encore la même farine associée à de la poudre de gingembre et de l'encens blanc.

 

Les boutons :

 

On trouve dans les recettes contre les boutons des éléments comme ll'alun et l'absinthe, ainsi que le vif-argent.

 

Les rides :

 

Selon Roger Bacon, au XIIIeme siècle, les rides peuvent apparaître précocément suite à une exposition à un froid très rigoureux, ou à une chaleur intense.

Pour combattre les rides, de la violette et de la mauve sont mises à bouillir dans du vin. Il faut alors placer le visage au-dessus de la vapeur qui s'en dégage.

 

La blancheur de la peau :

 

La couleur de la peau ne devant pas être hâlée, les femmes ont recours à des fards pour obtenir un teint clair et immaculé. Chez les plus coquettes, même les mains sont gantées, les gants pouvant être parfumés.

La recherche d'un beau teint pâle passe surtout par l'application de blanc sur la peau. Plus le blanc sera profond, meilleure sera la recette.

Aldebrandin conseille de passer le soir une préparation à base de farine, puis au matin d'"estuver" le visage, puis de lui appliquer une poudre colorante blanche permettant d'obtenir l'effet désiré. Parmi ces ingrédients, on compte la farine, le marbre blanc, le corail blanc, le cristal blanc, et même la céruse à base de plomb.

On peut aussi trouver des recettes à base de noyaux de pêche séchés et réduits en poudre, ou de savon délayé avec de la mie de pain, qu'on applique sur le visage lavé.

Si la peau est rugueuse, le fard blanc de froment est préconisé : du froment est mis à macérer dans de l'eau bien propre pendant "quinse jurs" puis broyé et passé à travers une étamine. Le tout est appliqué sur le visage lavé au préalable à l'eau de rose.

Avec l'âge, le visage devient "mult discoloré" et se farder devient une nécessité. Dans "L'ornement des dames" une recette est proposée, à base de froment, de blanc d'oeuf et de graisse.

 

Le regard :

 

Les sourcils sont idéalement bruns et ne doivent pas être trop grands. Si l'espace entre les sourcils n'est pas suffisant, il est conseillé de les "ostez".

Pour protéger les cils et éviter leur chute, on pile de la gomme de ciste avec un pilon chaud et de l'huile.

Et si les paupières sont gonflées et rouges, il convient de faire une préparation à appliquer le soir au coucher sur un linge ou sur la taie d'oreiller. Suivant les recettes, du jus de verveine ou de fenouil est mélangé à un jaune d'oeuf.

Pour décolorer les cernes sous les yeux, une procède à une friction à l'eau chaude et un fard colorant à base de froment.

 

Les dents :

 

La blancheur des dents est primordiale pour séduire, à une époque où l'hygiène concerne essentiellement les parties visibles du corps.

Les recettes sont destinées à préserver les gencives et leur couleur, blanchir les dents et avoir une bonne haleine.

Aldebrandin conseille d'éviter de manger successivement des aliments très froid puis très chauds. Il préconise surtout de se garder "de vomir souvent", ce qui abîme les dents.

Hildegarde de Bingen quant à elle conseille d'utiliser au matin de l'eau pure gardée en bouche une heure durant, afin d'amollir le dépôt autour des dents, ce qui les rendrait plus solides.

Et comme pour le visage, les ingrédients utilisés pour blanchir les dents sont de couleur blanche : marbre blanc, "coral blanc", os de sèche, sont réduits en poudre pour constituer des pâtes abrasives dont on frictionnera les dents. Ensuite ces dernières seront lavées au vin, et les gencives "frotés d'un drapiel d'escarlate".

Dans "L'ornement des Dames", une recette consiste en un mélange de farine d'orge, de poudre d'alun et de sel, amalgamés avec du miel fondu.

 

Les mains :

 

Comme tout ce qui découvert et à la vue de tous, les mains doivent être blanches, et elles seront l'objet de soins attentifs.

Pour les adoucir, on utilise l'huile d'amande douce ou le miel.

 

Les cheveux :

 

Après la blancheur du teint, la chevelure est la deuxième préoccupation en ce qui concerne les soins de beauté.

Les cheveux seront de préférence longs et blonds. Ils incarnent la beauté féminine et sont décrits dans la littérature comme des rayons de soleil tant ils resplendissent. Le roux aussi est apprécié, quand il n'est pas associé au malin.

 

Ainsi, beaucoup de femmes cherchaient à teindre leurs cheveux ou à les décolorer, même si un grand nombre de teintures se révélaient dangereuses.

Pour teindre les cheveux en blond, Aldebrandin préconise de "faire cuire en lessive" de la paille d'avoine ou des fleurs de genêt, et "vo teste laver".  Filippo Degli Agazzari conseille d'exposer les cheveux au soleil de nombreuses heures.

Pour décolorer les cheveux, on procèdera à un premier lavage au moyen de savon cuit avec du safran, puis on effectuera un second lavage avec de l'alun dissout par ébullition. Pour être efficace, cette préparation sera laissée toute la nuit.

La couleur rousse pourra être obtenue avec le safran et l'alcaune.

Pour teindre les cheveux en noir, on trouve une recette ressemblant à celle de l'encre dite gallo-ferrique, à base de rouille de fer, de noix de galle, de brou de noix, et de l'alun, le tout étant mis à bouillir dans du vinaigre.

Enfin, pour maintenir la couleur de cheveux châtains afin de cacher les cheveux blancs, on utilisera la noix de galles, ou "tan de chastaine", trempée dans de l'eau de pluie puis cuite avec des feuilles de noyer.

 

Pour que les cheveux aient de la tenue, ils sont parfois crêpés. Dans le but de les épaissir, Aldebrandin conseille l'orpiment réduit en poudre et mélangé à de l'huile d'olive, tandis que "L'ornement des Dames" propose plutôt l'huile de laurier.

Pour favoriser la pousse des cheveux, la "brionnie" cuite dans le vin est employée.

 

L'entretien régulier consiste en une "bonne lessive" à base de savon, qui se fera de préférence le samedi, jour où "les femmes ont coutume de se laver les cheveux", après le grand ménage hebdomadaire.

Les cheveux seront ensuite peignés et recoiffés, tressés ou attachés en chignon en-dessous de la coiffe.

 

Pour éliminer les pellicules, qui "funt les chevrous porrir", les préparations sont composées de feuilles ou fleurs de genêt, de semence d'ortie, ou de jus de mauve, mélangées à du vinaigre.

 

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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 11:25

 

 

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Pour parvenir à la beauté dépeinte par les poètes et pour séduire les hommes, les femmes du Moyen Age ont recours à certains artifices.

De la littérature de l'époque, il ressort que seuls les riches paraissent satisfaire leur soif de beauté, et les élégantes peuvent passer beaucoup de temps à leur toilette.

 

A l'époque, la femme se doit d'avoir la peau aussi blanche et immaculée que possible, et certaines femmes s'estimant trop "noires" sont prêtes à tout pour atteindre cet objectif. Elles demandent aux médecins des drogues pour les blanchir, lesquelles souvent font partir la peau en même temps que la "noirceur".

Les élégantes utilisent également des teintures pour leurs cheveux et se parfument.

De même, la femme use de subterfuges quand la jeunesse est passée, car alors elle n'est plus considérée comme attirante.

En outre, la préoccupation de l'hygiène, comme la propreté des mains et des dents, est retrouvée autant dans les traités écrits par les médecins que dans les pratiques populaires.

 

Les femmes de tous milieux, nobles ou campagnardes, connaissent d'innombrables recettes de beauté pour rehausser leur apparence, au grand dam des clercs et des moralistes qui dénoncent ces pratiques.

Les recettes connues à l'époque, comme celles de "L'ornement des Dames" écrit au XIIIeme siècle, consistent en toutes sortes d'onguents, de crèmes à base de saindoux, d'huile d'olive ou de lait d'amande, mais aussi de lotions à base de plantes macérées ou bouillies, comme la mauve, la violette ou la fleur de sauge.

Pour obtenir la couleur blond roux des cheveux tant recherchée, l'emploi de safran ou de crocus est largement prôné.

La pharmacopée apparaît très étendue, végétale, mais aussi minérale (sel, sel gemme, sel d'ammoniac, orpiment, c'est-à-dire le trisulfide d'arsenic), ou animale (axonges diverses, graisse de boeuf, lézard, sangsues, etc). Certains ingrédients, hautement toxiques, sont utilisés couramment, tels que l'arsenic, mais aussi le mercure ou la céruse à base de plomb.

La plupart des cosmétiques sont fabriqués à la maison, suivant des recettes transmises oralement. Pour autant, il semble que l'apothicaire ait été le pharmacien autant que le salon de beauté de cette époque.

 

La Vieille du "Roman de la Rose", dans la partie écrite par Jean de Meun à la fin du XIIIeme siècle, donne des conseils aux femmes pour séduire les hommes. Ces conseils traitent aussi bien des différentes parties du corps que de la manière de se vêtir. La femme recourra aux faux cheveux, aux teintures, fards et onguents, afin de mettre en valeur les avantages qu'elle possède ou au contraire cacher ses imperfections.

Ainsi, elle va se décolleter si elle est pourvue d'une gorge appétissante, porter une robe légère si ses épaules sont un peu lourdes, porter des gants ou soigner ses mains si celles-ci ne paraissent pas belles et nettes. Une pièce de toile serrée soutiendra une poitrine un peu tombante. La chaussure cachera un pied laid, une chausse fine une grosse jambe. Si elle a une mauvaise haleine, elle devra se détourner du nez des gens et ne pas parler à jeun. Elle rira la bouche fermée, surtout si ses dents sont mal rangées. Il existe même un art de pleurer.

 

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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 11:20

 

"La femme au temps des cathédrales", de Régine Pernoud, Le livre de poche, 1980

 

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"La vie des femmes au Moyen Age", de Sophie Cassagnes-Brouquet, Editions Ouest France, 2009

 

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"Histoire des femmes en Occident - Le Moyen Age", de Georges Duby et Michelle Perrot, Edition Plon, 1990

 

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"La femme au Moyen Age", de Jean Verdon, Edition Jean-Paul Gisserot, 2006

 

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  "Vie quotidienne  de la femme médiévale", de Florent Véniel, éditions Heindal

 

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"Esthétiques et soins du corps dans les traités médicaux latins à la fin du Moyen Age", Médiévales

http://medievales.revues.org/document869.html

 

"Le Roman de la Rose", de Guillaume de Lorris et Jean de Meun, fin du XIIIeme siècle

 

"Les cours de médecin en françois, contenant le miroir de la beauté et santé corporelle", de Louis Guyon, 1664

 

"Trois livres de l'embellissement et ornement du corps humain", traduit du latin par Jean Liebault et faict françois, 1582

 

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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 11:15

 

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Au Moyen Age, la beauté féminine, tantôt redoutée, tantôt désirée, représente un objet de phantasme pour les laïcs, comme pour les religieux.

 

Connaissance du corps féminin au Moyen Age et apparition de la cosmétique dans la littérature :

 

Jusqu'au haut Moyen Age en Occident, la médecine occidentale repose sur la médecine antique, et le corps féminin est mal connu. 

Après le savoir et le souci d'embellissement de l'Antiquité, on voit réapparaître l'idée des soins de beauté vers la fin du XIIeme siècle, inspirée des nouvelles sources que constituent les textes arabes de Rhazès et Avicenne, traduits à Tolède. L'influence de ces auteurs va entraîner une recherche croissante de l'ornement et l'embellissement, et des chirurgiens français notamment (Henri de Mondeville, chirurgien de Philippe le Bel, et Guy de Chaubac) vont s'intéresser à la cosmétique.

On retrouve des références à la cosmétique dans la littérature médicale à cette période sous forme de recettes, essentiellement pour la peau et les cheveux, avec des formules d'onguents, mais aussi  de dépilatoires, de teintures, etc.

Les premiers ouvrages sont conçus à Salerne. Ainsi le "Catholica magistri Salerni", un traité datant du milieu du XIIeme siècle, et dont le premier livre commence avec un chapitre consacré aux cheveux et les moyens de les faire pousser, de les rendre blonds ou dorés, et de les préparer à recevoir une teinture.

A la même époque est écrit, toujours à Salerne, le "De ornatu mulierum" ("L'ornement des Dames"), qui propose des recettes pour soigner les cheveux et améliorer son teint, pour prévenir les rides et guérir les dartres, blanchir les dents, s'épiler, etc.

On trouve également parmi ces oeuvres le "Régime du corps", d'Aldebrandin de Sienne.

De même, dans sa "Chirurgie", Henri de Mondeville donne des recettes de fards, de dépilatoires, d'onguents, de teintures capllaires, de pommades, de savons et de drogues, destinés à s'embellir et se rajeunir.

Cependant,  même si les médecins s'intéressent au domaine des soins de beauté, ce sujet pose un problème d'importance pour l'époque. En effet, les soins de beauté et le souci d'embellissement sont condamnables d'un point de vue moral et chrétien, car ils sont signes de vanité contre l'oeuvre de Dieu.

 

 

Tandis que certains médecins dispensent des conseils aux femmes pour s'embellir et que les poètes vantent les beautés féminines, les Pères et les moines, de la fin du XIIeme jusqu'au XVeme siècle, donnent aux femmes leurs propres conseils dans une littérature didactique et pastorale.

Pour ces derniers, la femme qui se farde, change la couleur de ses cheveux, et cherche à dissimuler les marques de l'âge, ou qui se vêt somptueusement, est une créature qui, à l'instar de Lucifer, prétend améliorer, et donc conteste, l'apparence que le Créateur lui a donné, finissant par se croire capable d'influer sur les lois du temps régies par Dieu seul. Les femmes qui apparaissent dans la société avec un corps orné et fardé passent alors pour subvertir les règles sociales, amenant corruption et désordre dans la communauté. D'ailleurs, le mot fard est issu du verbe médiéval "farser", qui signifie tromper.

Celles qui écoutent les conseils de ces religieux et qui les pratiquent, apprennent peu à peu à s'éloigner des charmes du monde et des désirs du corps pour vivre recluses entre les murs d'une maison ou d'un monastère, dans le but de privilégier la précieuse intériorité de leur âme par rapport à l'extériorité de leur corps, en accord ave l'ordre voulu par Dieu.

 

Les canons de la beauté féminine au Moyen Age :


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La beauté de la femme au Moyen Age est décrite avant tout par les poètes, non pas dans l'objectif de peindre la réalité, mais dans celui de mettre en valeur ce que la femme doit posséder pour provoquer les sentiments qu'ils veulent inspirer par leurs textes. Chez ces auteurs, les canons de la beauté féminine restent les mêmes du XIIeme au XVeme siècle.

 

La femme idéale aux temps féodaux est dépeinte dans la littérature sous les traits de l'Iseult de Tristan, de la reine Guenièvre, de l'Eve d'Autun, ou encore de la belle Hélène. 

La beauté idéale est celle de la jeunesse, celle de la pucelle. Le corps de la jeune fille symbolise la pureté et la blancheur de l'innocence. La femme, par la suite, n'est plus aussi attirante, tandis que la vieille femme est considérée comme le symbole de la laideur.

Le visage est le siège et la demeure de la beauté. C'est lui qui est découvert, à la vue de tous, sans être caché comme le sont les autres parties du corps.

L'idéal de beauté est clair et blond, alors que les femmes vivent majoritairement en plein air et proches de la nature, et ont donc le plus souvent un teint hâlé.

"Le teint est ce qui se remarque le mieux, celui qui se présente en premier." (Jean Liébault, 1582)

"La beauté parfaite du teint dépend principalement de trois points, à savoir de la vive couleur qui doit être blanche, vermeille, semblable à la couleur de rose incarnate. Secondement, de l'étendue égale, bien vive et polie de toutes parts. Tiercement, de la pureté, netteté, ténuité et transparence du cuir de la face." (Louis Guyon, 1664)

Les cheveux aussi retiennent l'attention, longs, blonds et fauves comme de l'or, ondulés ou frisés.

La blancheur de la peau et la blondeur des cheveux ondulés s'allient à la pâleur du teint, rehaussée par le rose des joues et le vermeil des lèvres. L'éclat des yeux est comparé à celui des étoiles ou des diamants. Les dents blanches et éclatantes ressemblent à de l'ivoire. Les sourcils fins et bruns embellissent un front large et dégagé. Le corps est svelte, élancé, la taille bien prise aux hanches étroites et au ventre saillant, les seins hauts placés, les chevilles fines.

 

 

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