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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 22:20

marie antoinette s garden by kurisutaru kisu-d2zw199

 

Marie-Antoinette avait ses appartements au château de Versailles, mais elle possédait aussi son domaine propre à Versailles : le Petit Trianon.


Louis XV avait fait bâtir ce palais de plaisance en 1768, à un kilomètre du château, à l'extrémité du parc du grand Trianon. L'architecte Ange-Jacques Gabriel avait conçu ce palais dans un nouveau style épuré "à la grecque", alliant sobriété, ordre et perfection, avec un richesse élégante des boiseries.

Louis XVI lui fit cadeau du domaine en 1774 :

"Vous aimez les fleurs ? Eh bien j'ai un bouquet à vous donner : c'est le petit Trianon".  Nul cadeau ne pouvait être plus agréable à Marie-Antoinette, à cette amie de la campagne et des fleurs.

 

le petit trianon

"Le beau rêve en effet, ce palais et ce jardin enchantés, où Marie-Antoinette pourra ôter sa couronne, se reposer de la représentation, reprendre sa volonté et son caprice, échapper à la surveillance, à la fatigue, au supplice solennel et à la discipline invariable de sa vie royale, avoir la solitude et avoir l'amitié, s'épancher, se livrer, s'abandonner, vivre !"(1)

 

p366118-Versailles-Le Petit Trianon[1]Car "la Cour l'avait ennuyée, et elle voulait, devenue reine, s'en affranchir le plus possible.

Elle aimait l'intimité, les jeux libres, le jardinage ; à quelques pas du solennel Versailles, elle allait pouvoir satisfaire ses goûts.

La simplicité des moeurs et des plaisirs qu'elle avait connue dans son enfance à Vienne, et tant de fois regrettée depuis, Trianon devait la lui rendre.

 

Elle aurait, comme toutes les femmes de son royaume, le gouvernement d'une maison et d'un jardin ; elle comptait en bannir les censeurs, les médisants, les imposteurs, faire un choix parmi ses courtisans et n'admettre que des amis."(2)

 

chambre de ma petit trianon



Chemin

Elle a alors donné à ce petit palais son propre style, avec grâce et raffinement, élégance et légèreté, style qui sera copié par l'aristocratie provinciale, ainsi que dans toute l'Europe.


De ce lieu, elle dit "Ici, je suis moi". Marie-Antoinette marqua ses lieux de sa présence, imposant ses goûts pour en faire son domaine.


Elle aimait y retrouver les plaisirs d'une vie simple et champêtre, loin des fastes et de l'étiquette de Versailles, et ce fut son refuge de 1780 à 1789. Elle y trouve un havre d'intimité. Personne n'y entre sans son invitation. Elle s'y sent libre, et peut y satisfaire son amour de la nature et du théâtre.


 

theatre-de-Marie-Antoinette.jpg

 

Son architecte lui conçut en 1780 son propre théâtre, où Marie-Antoinette se produisait sur scène jusqu'en 1785, dans un bâtiment relié au Petit Trianon par une galerie en treillage, elle-même menant au Jardin anglais.

"Les opéras qu'elle affectionnait le plus étaient ceux où dominait une action champêtre : le joli drame de Nina lui fit verser bien des pleurs. Dans ses appartements, on ne voyait ni tableaux d'histoire, ni de batailles, et elle disait elle-même avec abandon : "Ne mettez que des fleurs, des paysages et des Watteau"." (3)


Au Petit Trianon, elle organisait des repas et des fêtes, et le théâtre et l'opéra y tenaient une grande place. "C'était les grands jours de Trianon, envahis quelques heures plus tard par la foule, mais il reprenait bien vite son charme de retraite et son recueillement de solitude."(1)

 

Chateau de Versailles Belvedere 

Elle a fait créer aux abords de son palais un Jardin anglais, jalonné du Pavillon français, du Belvédère (son salon de musique), du Temple de l'Amour, autant de buts de promenade que d'occasions de haltes. Elle souhaitait un parc qui ressemble à un paysage naturel, orné de chemins sinueux, de bocages et de cascade, sans artifice pompeux ni froide géométrie.


tour dominant le grand lac hameau


De même, en 1787, elle y fit construire dans ce domaine le Hameau, constitué de chaumières fleuries réunies autour d'un lac, où elle souhaitait vivre proche de la nature, ainsi qu'un étang artificiel et un Rocher, lesquels surplombaient avec le Belvédère la promenade. Près d'une petite cascade, fut édifiée une Grotte artificielle où la Reine pouvait se réfugier sans être vue, assise sur la mousse.


ma hameau2

Avec sa ferme et ses fermiers, son moulin, ses moutons et sa basse-cour, elle pouvait s'imaginer bergère ou paysanne. La vie s'y écoulait dans une douce atmosphère de bonheur.

Autour de la maison de la Reine, plus grande et plus belle que les autres, se trouvent aussi un boudoir, un colombier, une laiterie, et cet ensemble forme comme un petit village aux façades rustiques à colombages, traversé par un petit ruisseau. Un peu plus loin, c'est la maison du jardinier, la grange et le poulailler, et les vaches paissent dans les prairies.

Mais le Hameau, aménagé à grands frais, était très mal considéré par le peuple, à une époque où les paysannes n'étaient pas vêtues de mousseline, et s'épuisaient aux champs, dans un climat rigoureux, aux récoltes insuffisantes et sources de famines.


Petit Trianon by bukephalas

 

Elle aimait beaucoup les fleurs, dont elle faisait orner meubles et décors. Roses, épis de blés, fleurs de jasmin et de muguet ... les fleurs des champs et toute la nature étaient source d'inspiration. Partout on retrouvait ces fleurs : peintes, tissées, sculptées ou ciselées par les meilleurs artistes et artisans. 


"Mon Dieu la charmante promenade : que ces bosquets parfumés de lilas, peuplés de rossignols, étaient délicieux : il faisait un temps magnifique, l'air était plein de vapeurs embaumées, des papillons étalaient leurs ailes d'or aux rayons de ce soleil printanier. Je n'ai, de ma vie, passé de moments plus enchanteurs que les trois heures employées à visiter cette retraite. La Reine y passait la plus grande partie de la belle saison et je le conçois à merveille." (4)

 

les-jardins-du-petit-Trianon---Versailles1e--2-


Extrait de la lettre à Marie-Antoinette à sa mère l'impératrice Marie-Thérèse, du 19 septembre 1780 :

"Je me suis établie à Trianon pour huit à dix jours, afin de faire les matins des promenades à pied qui sont essentielles pour ma santé ; cela n'était pas possible à Versailles. Trianon n'est qu'à dix minutes de chemin en voiture, et on peut aisément y venir à pied. Le Roi parait s'y plaire beaucoup ; il y vient souper tous les jours, et vient me voir le matin comme dans mon appartement à Versailles. J'ai choisi ce moment-ci pour mon séjour ici, parce que c'est le mois où le Roi chasse presque tous les jours et où il a le moins besoin de moi. Ma santé et celle de ma fille sont très bonnes."(5)

 

1786

A Trianon, devenu "la maison de campagne de Marie-Antoinette, sa retraite et ses amours", c'était une "autre vie, sans faste et sans contrainte.

"Plus de cour, qu'une petite cour d'amis, que sa vue basse n'avait point besoin de reconnaître avec le lorgnon caché au milieu de son éventail ; plus d'ennuis, plus de couronne, ni de grands habits : la Reine n'était plus la Reine à Trianon, à peine y faisait-elle la maîtresse de maison.

'La Reine, en robe de percale blanche, en fichu de gaze, en chapeau de paille, courait les jardins, allait de sa ferme à la laiterie, menait son monde boire son lait et manger ses oeufs frais, entraînait le Roi, du bosquet où il lisait à un goûter sur l'herbe, tantôt regardait traire les vaches, tantôt pêchait dans le lac, ou bien, assise sur le gazon, se reposait de la broderie et du filet en épuisant une quenouille de villageoise.

"Ces jeux faisaient le bonheur de Marie-Antoinette. Que d'enchantement pour elle, que d'illusion dans ce rôle de bergère et dans ce badinage de la vie des champs !

"Marie-Antoinette goûtait de préférence la promenade nocturne. Elle aimait trop les soirées passées au dehors, sous les grands arbres, dans l'air calme des nuits d'ét"é(1)


fete hameau

"Trianon ! ce Trianon où son ombre erre encore aujourd'hui ; où le silence de l'écho, l'oubli de la nature, parle comme une scène vide, et rappelle les beaux jours de Marie-Antoinette.

"Aujourd'hui encore, le visiteur, qui croit n'y chercher que les émotions de l'histoire, ralentit involontairement son pas dans le détour des allées désertes et se laisse prendre à l'enchantement des yeux."

 

"Dans la verdure, voici le petit palais blanc. (...) Poussez un bouton de porte ciselée. Entrons maintenant dans la maison, visitons les pièces inhabitées, d'où se sont enfuis le bruit des rires et l'écho du clavecin. Dès le seuil, on est transporté dans le monde d'autrefois..." (1)

 

enfilade

 
Sources :

 

Le site du château de Versailles.

Voyager comme Ulysse

(1) "Histoire de Marie-Antoinette", d'Edmond et Jules Goncourt, 1859

(2) "La Reine Marie-Antoinette", de Pierre de Nolhac, 1889

(3) "Mémoires secrets et universels des malheurs et de la mort de la reine de France", de Gaspard Louis Lafont d'Aussonne, 1824

(4) "Mémoires de la Baronne d'Oberkirch", publiées par le Comte de Montbrisson, 1853

(5) "Lettres de Marie-Antoinette", publiées par Maxime de la Rocheterie et le Mis de Beaucourt, 1895-1896


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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 07:00

 

marie-antoinette coppola

Quelques vidéos à voir sur le net ...

 

Sur le site de l'Ina :  

 
Présentation à Cannes du film Marie-Antoinette de Sofia Coppola
19 20 France 3. Edition nationale - 24/05/2006 - 02min41s

Reportage consacré à la présentation, au festival de Cannes, du film "Marie-Antoinette" de la réalisatrice Sofia COPPOLA. Commentaire sur des images factuelles du tournage et un extrait du film ponctué des interviews de Sofia COPPOLA, de la comédienne Kirsten DUNST et de Dominique LE GROS, conférencier au château de Versailles. Plateau en situation avec l'envoyée spéciale Nathalie HAYTER.

 

Versailles - la nuit du 5 au 6 octobre 1789

Diffusé le 29/03/1959 - 13min05s

Versailles de nuit. Un trentaine de figurants et un commentaire off pour évoquer la dernière nuit libre des souverains : la nuit du 5 au 6 octobre 1789.

 


La dernière rose ou les fantômes de Trianon

Tribunal de l'impossible - 10/02/1968 - 01h21min24s

En août 1901, deux enseignantes anglaises rencontrent la reine Marie-Antoinette en visitant les jardins de Trianon.Alors qu'elles se promènent et rêvent dans cet endroit célèbre, Miss MOBERLY et Miss JOURDAIN perdent soudain le contact avec la réalité pour vivre une fantastique aventure : elles rencontrent la reine Marie-Antoinette qui, dit-on, hante ces lieux. Voyage dans le temps ? Incursion dans la mémoire ? Ces deux demoiselles, l'une romantique, l'autre réaliste, ont-elles réellement vécu quelques instants en compagnie de la reine de France où ont-elles seulement rêvé cette scène troublante ? Elles mettent dix ans à se convaincre elles-mêmes, après avoir fait des recherches historiques qui semblent confirmer leurs dires. Puis, aidées de quelques amis, elles rédigent un livre destiné à faire connaître cette extraordinaire aventure.


Les coulisses de Versailles
 

 ON S'OCCUPE DE VOUS - 30/04/1999 - 04min36s
La restauration, le coût, les aides privées et l'entretien du château de Versailles. - Présentation par Pierre ARIZZOLI CLEMENTEL, Conservateur, des pièces déjà restaurées : Chambre du Roi, Chambre de Marie-Antoinette. - Interview du responsable des parquets du château (un hectare) explique comment il les entretient.

 

Les délices du royaume

Téléfilm en quatre parties, retraçant la vie de Marie Antoinette, de son mariage avec le dauphin de France, à sa mort sur l'échafaud en 1793. Les auteurs ont voulu retrouver le vrai visage de la reine et ils déroulent le fil de sa vie, vue à travers ses yeux, dans des décors authentiques, aménagés : Versailles, Champs-sur-Marne, la rue du Bac, Senlis, Saint-Sulpice, Vincennes. Dans ce premier épisode, on voit la très jeune Marie-Antoinette auprès de sa mère, l'impératrice Marie-Therèse, à Vienne. Elle quitte son pays en 1770 pour épouser le dauphin, futur Louis XVI. Elle ne donnera un héritier à la France qu'en 1777. On la voit subir la rigidité du mode de vie à la cour de Versailles et attirer dès son arrivée l'inimitié d'une partie de la cour. Elle se heurte en particulier à la comtesse du Barry, maîtresse de Louis XV. A la mort de celui-ci en 1774, Marie Antoinette devient à 18 ans reine de France et de Navarre. 

 
Marie Antoinette

IT1 20H - 28/06/1975 - 06min34s

Reportage sur le tournage, à Versailles, de la dramatique Marie-Antoinette sous la direction de Guy LEFRANC. Le réalisateur raconte les problèmes rencontrés pour tourner dans ce lieu prestigieux et les difficultés pour préserver l'authenticité de l'histoire.Petit détour historique sur la vie de Marie-Antoinette puis interviews de Geneviève CASILE et Corinne LE POULAIN sur leur rôle.  


Michèle Morgan, sa fascination pour Marie-Antoinette

Cinépanorama - 24/01/1959 - 02min05s

Séquence fiction où Michèle MORGAN déambule dans le château de Versailles. En voix off, elle parle de son attirance et de sa fascination pour le personnage de Marie-Antoinette qu'elle a interprété au cinéma dans "Marie-Antoinette, Reine de France" de Jean DELANNOY.


Portrait de la reine Marie Antoinette

JA2 20H - 14/10/1993 - 02min59s

A l'occasion de la commémoration en 1993 de l'exécution de la reine Marie Antoinette, le 16 octobre 1793, retour sur le destin de ce personnage historique. - Objets lui ayant appartenu : le soulier de Marie-Antoinette. - Gravure représentant sa fin tragique par décapitation. - Portraits de Marie-Antoinette. - Broderie de Marie-Antoinette. - Christ en ivoire et ambre - Gravures du procès et de la fosse commune où elle a été enterrée.


Sur Dailymotion :


C dans l'air- Si Marie-Antoinette m'était contée


Lettre d'adieu de Marie-Antoinette

Extrait de la lettre d'adieu de la reine Marie-Antoinette à sa belle soeur, madame Elisabeth, écrite le 16 octobre 1793 à 4h et demie du matin, quelques heures avant son exécution.

Lue par Grétel Delattre

Archives Nationales

 

Louis XVI et Marie-Antoinette

 Extrait du documentaire «La petite musique de Marie-Antoinette» (réalisation : Olivier Simonnet, production : Camera Lucida / Arte France / Château de Versailles).


Bande annonce du film Marie-Antoinette, de Sofia Coppola
 Marie-Antoinette (The Strokes-What Ever Happened ?)

 

Secrets d'histoire, émission diffusée sur France 2 en 2008 :

Stéphane Bern consacre une émission à Marie-Antoinette, au moment où le Petit Trianon ouvre ses portes au public après sa restauration, et nous fait découvrir l'intérieur de ce lieu unique.
Secrets d'histoire - Marie-Antoinette intime ... 1
Secrets d'histoire - Marie-Antoinette intime ... 2
Secrets d'histoire - Marie-Antoinette intime ... 3

Secrets d'histoire - Marie-Antoinette intime ... 4
Secrets d'histoire - Marie-Antoinette intime ... 5

Secrets d'histoire - Marie-Antoinette intime ... 6

 

Documentaire diffusé sur Arte :

Allemagne, 2004, 53mn

Marie-Antoinette n'était-elle vraiment qu'une femme insouciante courant à l'aveuglette vers son destin ? Pas si sûr… Gabriele Wengler brosse un portrait contrasté de la dernière reine de France, guillotinée en 1791 à l'âge de 38 ans.

Marie-Antoinette, de Versailles à l'échafaud 1
Marie-Antoinette, de Versailles à l'échafaud 2
Marie-Antoinette, de Versailles à l'échafaud 3

 

Marie-Antoinette, la véritable histoire :

Docu-fiction/Biographie - 1h30

2006 - France/Québec

(Réalisation de Francis Leclerc et Yves Simoneau)

 Marie-Antoinette, la véritable histoire 1
Marie-Antoinette, la véritable histoire 2
Marie-Antoinette, la véritable histoire 3
Marie-Antoinette, la véritable histoire 4
Marie-Antoinette, la véritable histoire 5

Marie-Antoinette, la véritable histoire 6


  

Sur YouTube :

 


Château de Versailles - Le petit Trianon enfin restauré

   

Le Hameau, ferme idéale de Marie-Antoinette

Le Hameau fut la ferme idéale de Marie-Antoinette. De 1783 à 1789, un fermier de Touraine veilla sur les cultures et sur les animaux tandis que la reine recevait les grandes sommités dans sa "chaumière à surprises".
Extrait du documentaire "Versailles Secret : le chantier continue»
Production : Eclectic production (2004)
Réalisation : Frédéric Wilner


Le premier portrait de Marie-Antoinette 

A Innsbruck, un palais abrite le premier portrait officiel de Marie-Antoinette, réalisé par Elisabeth Vigée-Le Brun, son artiste attitrée et son amie personnelle. On y découvre une femme élégante, une des plus jolies femmes célèbres de l'époque.


Marie-Antoinette et Louis XVI accèdent au pouvoir 

A la mort de Louis XV, le nouveau roi n'a que 20 ans et Marie-Antoinette 19 ans. Trianon devient leur refuge, à l'abri du protocole et de la cour.
Extrait du documentaire "Le petit Théâtre de Marie-Antoinette" - Dvd édité par Armide


Salle de bain de Marie Antoinette 



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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 20:00

 

La-pharmacie-rustique-XVIIIe.jpg

 

L'hygiène au XVIIIeme siècle :

   

Au XVIIIeme siècle, l'importance de l'hygiène était sous-estimée, l'eau ayant été longtemps considérée comme dangereuse pour la santé et source de maladies.


Toutefois, peu à peu, l'eau revint à l'honneur dans la toilette.

C'est ainsi que sous Louis XV, apparaissent les cabinets de toilette, avec les premières baignoires (sabots et tubs) et les tables de toilette, avec des objets de toilette en faïence.

La toilette portait essentiellement sur le visage, les mains et la coiffure, parties non couvertes par les vêtements.

Cependant, si on se lavait peu, se contentant généralement d'une toilette sommaire avec un pot à eau et sa cuvette, on pratiquait fréquemment le bain au sein de l'aristocratie, dans le boudoir ou le cabinet de toilette, une pièce retirée qui permettait de préserver l'intimité. Ainsi Marie-Antoinette qui avait pour habitude d'y prendre parfois son café matinal dans son bain, ou d'y dicter son courrier en humant des parfums.


L'air dans Paris était plus que vicié en ce siècle. Des rues étroites et mal aérées, des maisons trop hautes, la proximité des habitations avec les égoûts et les cimetières, donnaient à Paris une atmosphère renfermée, pesante et malsaine. Les immondices exhalaient des odeurs fétides, la boue était partout présente. Les excréments étaient évacués dans les égoûts et les ruisseaux, eux-mêmes se déversant dans la Seine, dont l'eau était ensuite puisée par les porteurs d'eau, destinée à la consommation des habitants ...

Chanceux alors ceux qui pouvaient se permettre des promenades à la campagne, afin d'y respirer un air plus pur.

 

Extraits choisis des lettres de Marie-Antoinette :


Extrait d'une lettre de Marie-Antoinette à son frère Léopold II, du 29 mai 1790 : 

"Je crois qu'on va nous laisser profiter du beau temps en allant quelques jours à Saint-Cloud, qui est aux portes de Paris (la famille royale y passa en effet une partie de l'été 1790). Il est absolument nécessaire pour nos santés de respirer un air plus pur et plus frais.

Et dans une lettre à sa soeur l'archiduchesse Marie-Christine écrite le même jour : " et au moins pourrons-nous nous promener un peu. Il y aura au moins du calme pour les yeux et les oreilles, car ici, c'est tous les jours des scènes nouvelles d'horreurs qui

se passent sous nos yeux. (...) Je ne désire qu'un ordre de choses qui remette le calme et la tranquillité dans ce malheureux pays, et prépare à mon pauvre enfant un avenir plus heureux que le nôtre ; car, pour nous, nous avons vu trop d' horreurs et trop de sang pour être jamais véritablement heureux."(1)

Dans une autre lettre de Marie-Antoinette à Léopold II, datée du sept novembre 1790 :

"Notre santé continue à être bonne ; mais elle le serait bien davantage si nous pouvions seulement apercevoir une idée de bonheur à l'entour de nous, car, pour nos personnes, il est fini pour jamais, quelque chose qui arrive."(2)

 

La santé de Marie-Antoinette :

 

Le-medecin--le-chirurgien-et-l-apothicaire--XVIIIe.jpg

La Reine avait ses médecins et ses chirurgiens personnels, son premier médecin étant Lassone, remplacé en 1789 par Vicq d'Azir.

 

"Le premier médecin Lassone, pour lui donner plus de force et remplir ses désirs maternels, lui avait conseillé un voyage aux eaux de Forges, très renommées au XVIIeme siècle, où trois sources ont pris les noms du roi Louis XIII, d'Anne d'Autriche et de Richelieu. 

Lassone ordonnait souvent à la reine l'usage du petit-lait mêlé avec une décoction de laitue.  

La reine faisait parfois usage de l'acier, mais la sensibilité de ses nerfs rendait difficile une longue continuité de ce tonique, un peu trop actif pour  elle. Joseph Marie François de Lassone, 1770

Dès cette époque (1780) elle prenait les  eaux de Vals, si connues aujourd'hui, pour dissiper ses embarras de rate et elle s'en trouvait bien. 

Somme toute, elle n'était sujette qu'à des incommodités légères, ne réclamant que des ménagements. Son médecin prétendait qu'elle était d'une complexion sanguine ; elle souffrait souvent de faiblesses d'entrailles.

Lassone lui faisait prendre aussi du lait d'ânesse pour sa poitrine.

Marie-Antoinette aimait, comme on le sait, faire de petits cadeaux : tantôt elle envoyait des parfums, des élixirs à ses amies, tantôt elle fournissait sa mère d'une eau appelée Eau Divine que Marie-Thérèse trouvait "trop forte"."(1)

 

 

Marie-Antoinette précise, tout au long de ses lettres, l'importance pour sa santé de prendre du repos et de veiller peu, quand elle est malade ou en convalescence.

 

Les remèdes favoris en cette époque étaient le lait d'ânesse, le fer (préparé avec de la  limaille de fer), la saignée, le quinquina, les eaux minérales et les purgatifs, et tous ces traitements faisaient partie de ceux appliqués à la Reine, de même que les sangsues (pour la fièvre et le mal de gorge).

 

 

pots-a-lait.jpgLe lait à l'époque était "considéré à la fois comme un excellent aliment, et souvent un des plus puissants médicaments et il faut convenir que la médecine n'a pas à sa disposition de moyen plus agréable et souvent plus efficace" (3). Pour le régime du lait, conseille Moreau, "il vaut toujours mieux le prendre seul avec du pain" : "J'ai guéri une personne qui avoit la poitrine en très mauvais état, en la mettant au lait pour toute nourriture, elle a continué et a été parfaitement rétablie. Il faut essayer le lait chaud, si le lait froid est mal digéré, parfois le contraire, d'autres fois y ajouter du sucre. Le lait est meilleur quand l'animal paisse dans des terrains pas trop humides."


La Reine suivait souvent un régime de petit-lait que son médecin Lassonne lui conseillait pour soigner le rhume. "Le petit-lait est purgatif, diurétique et diaphorique, altérant et légèrement nourrissant. Il peut s'employer dans les maladies aigües, et constituer à lui seul un traitement, utilisé pour les affections catarrhales des bronches et du tube digestif." De plus,"les bains de petit-lait sont un sédatif puissant".(4)


Le lait d'ânesse est particulièrement recommandé à la reine pour traiter la fièvre, le rhume et la toux, pour ses propriétés particulières. Et toujours selon Moreau, il a des vertus analeptiques et nutritives, ainsi que laxatives. "Il est prescrit au printemps ou à l'automne. On donne communément le lait d'ânesse une fois par jour, depuis une demie livre jusqu'à une livre. On le prend ou le matin à jeun, ou le soir en se couchant, au degré de chaleur où on trait le lait. On y ajoute quelquefois un morceau de sucre, mais cette addition est assez inutile, le lait d'ânesse étant naturellement très doux. On conseille au malade de rester tranquille après l'avoir pris, et même de dormir quand il a l'estomac faible. On ne lui donne rien à prendre que trois heures après, temps où le lait est passé. On a coutume de mettre à la pâture l'ânesse qui doit le fournir, ou de la nourrir, autant qu'il est possible, de fourrage vert, surtout de tiges presque mûres de froment ou d'orge. On doit encore la bien étriller plusieurs fois par jour, et lui fournir une bonne litière."(3)

 

L'Eau Divine, pour Antoine Dejean, "outre que son parfum est exquis, fortifie le cerveau, le coeur et l'estomac, aide à la digestion".(5)

 

Les inoculations de "levain de variole", alors à la mode, étaient faites au château de Marly pour prévenir la famille royale de la petite vérole.


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08_quinquina.jpg 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Les pilules d'ipécuanha sont également prescrites à la Reine, pour soigner son rhume et sa toux.

Ces pilules sont fabriquées à partir de racine de Bryone, réputée alors pour le traitement "des maladies chroniques qui dépendent de la congestion des humeurs,  et dans les maladies aigües, comme évacuant général des premières voies. Elle est à volonté vomitive ou purgative, et elle est toujours dépurative des humeurs du sang. Elle a la propriété particulière d'exciter puissamment la sécrétion des urines ; elle est calmante".(6)

 

Le quinquina était lui aussi fréquemment utilisé, pour sa  puissante action tonique, et ses propriétés antiseptique et antispasmodique.


Marie-Antoinette dans ses lettres évoque parmi les remèdes qu'on lui donne les eaux de  Carlsbad (pour la fièvre tierce), et celles de Vals (pour des "embarras au niveau de la rate depuis sa fièvre tierce").

On peut lire dans le "Manuel des eaux minérales naturelles que "Les eaux sont consommées soit pures, soit diluées avec du lait ou du petit-lait, ou du lait d'ânesse .

Les eaux de Carlsbad (Bohême) prises en boisson, excitent les organes digestifs, produisent une légère purgation avec des selles assez liquides, mais sans colique. Elles favorisent les sécrétions urinaires et cutanées, et sont utiles dans les diverses  affections chroniques du bas-ventre. Elles sont employées en boisson ou en bain. 

Les eaux de Vals (en Ardèche) à une certaine dose, tantôt excitent les intestins et provoquent une purgation plus ou moins abondante, tantôt elles portent leur action sur les reins et augmentent beaucoup la sécrétion urinaire. Les personnes menacées de fièvre peuvent les prendre seules ou coupées avec du lait." (7)

 

(1) "Lettres inédites de Marie-Antoinette et de Marie-Clotilde de France" , publiées et annotées par le Comte de Reiset en 1876

(2) "Lettres de Marie-Antoinette", publiées par Maxime de la Rocheterie et le Mis de Beaucourt, 1895-1896

(3) "Encyclopédie méthodique", de Jacques-Louis Moreau, 1787

(4) "Essai théorique et pratique sur la cure de raisin à Vevey", d'Henri Curchod, 1860

(5) "Traité des odeurs", d'Antoine Dejean, 1764

(6) "Lettre à Messieurs les membres de la société royale de médecine de Paris, d'Harmand de Montgarny, 1783

(7) "Manuel des eaux minérales naturelles", de P. Patissier et A.-F. Boutron-Charlard, 1837

 

 

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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 07:00

 

francois_boucher_robe-a-la-francaise.jpgAu XVIIIeme siècle sous le règne de Louis XVI, deux élégantes exercent une influence majeure sur l'Europe entière : la reine Marie-Antoinette et sa marchande de modes Rose Bertin.

Cette période est riche par le nombre et la variété des robes créées.

La mode avait en ce siècle une influence forte sur les Français, et elle reflétait aussi bien la richesse et la classe sociale que les attitudes sociales et politiques ainsi que les arts.

 

La Cour, après le règne de Louis XV, garde le goût des toilettes luxueuses, et Marie-Antoinette, malgré la simplicité de son éducation à Vienne, adopte cette tendance. Et entre 1776 et 1778, le luxe à la Cour de France lors des grandes cérémonies frisait l'insolence : d'immenses robes à paniers étaient couvertes de falbalas, de pierreries et de perles, et même les souliers étaient brodés de diamants.

Elles sont volumineuses par leur panier, rendant difficile le passage dans les couloirs étroits.

 

Vers 1780, on revient à la simplicité, et Marie-Antoinette donne l'exemple, en portant des robes légères de percale ou de taffetas. Et avec le goût du retour à la nature prôné par Jean-Jacques Rousseau, les falbalas, garnitures et broderies sont moins répandus, de même que les robes à panier volumineux, qui sont remplacés par les tournures consistant en deux canevas matelassés de crin.

 

En 1783, un changement radical s'opère : "Jamais les femmes ne se sont mises avec autant de simplicité. Plus de robes riches, plus de garnitures, plus de manchettes à trois rangs. Plus de folles coiffures. Un chapeau de paille avec un ruban, un mouchoir sur le col, un tablier à la maison"(1). Les couleurs claires sont en vogue, notamment dans les toiles de Jouy à fond blanc.

 

En 1786, le mouvement vers la simplicité s'accentue. "Il n'est plus guère d'usage aujourd'hui pour les femmes de porter des robes de grande parure. On ne porte plus de ces grands paniers, ni de ces robes traînant d'une aune à terre"(2). Les robes ne sont plus ornées de garnitures, de falbalas ou de bouillons.

Cette même année, la mode anglaise va inspirer les élégantes en France, imitant les hommes. Ainsi, elles vont porter la redingote masculine et la cravate.

 

Vers 1788, les jupes ont un rang de volants et on porte une large ceinture ornée d'une grosse boucle sur le devant. C'est aussi la mode des écharpes de taffetas ou de cachemire passées sous le bras, croisées dans le dos et ramenées par-devant en nouant les extrémités.

Et dans les dernières années du règne de Louis XVI, les femmes portent le caraco étroit et la robe à l'anglaise.

 

Les talons des chaussures sous Louis XVI sont moins hauts, et ils sont le plus souvent gainés de cuir blanc. Les coquettes fortunées ne portent plus que des souliers de soie, de couleur mordorée ou gorge-de-pigeon.

 

Les principaux types de robes sont la robe à la française, la robe à la polonaise, la robe à la lévite et la robe à l'anglaise.

Le corsage était généralement décolleté. Il s'agrafait par-devant, et l'agrafe était masquée par un noeud de ruban.

Le corps à baleines ou corset était muni d'aiguillettes qui maintenaient le second jupon.

Le corsage de dessous, avec ou sans manche, ressemblant à un gilet, était toujours apparent par-devant.

 

La robe à la française :


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Elle dérive de la robe battante existant sous Louis XV, sorte de robe de chambre du Baroque. C'est une robe à paniers, en vogue sous Louis XV. Sous Louis XVI, deux paniers s'étalaient à la hauteur des hanches. La jupe était ornée d'un volant de dentelles, de rubans et de bouillons de gaze. Elle pouvait présenter des plis Watteau.


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La robe à la polonaise :

 

Cette robe fut très en vogue entre 1776 et 1787. C'est une variante de la robe à la française.

Les manches étaient "en sabot", s'évasant légèrement et garnies d'un brassard d'où pendaient souvent des manchettes de dentelles ou de gaze bouillonée, et ce brassard se serrait à intervalles réguliers avec des rubans ou des rangs de perles. Le corsage, très ouvert, tenait à la double jupe, le devant et le dos étant d'une pièce jusqu'en bas de la robe.

La jupe possédait trois volants (les ailes et la queue), qu'on pouvait retrousser à volonté, par un jeu de rubans intérieurs. Elle pouvait donc être courte, laissant entrevoir les chevilles, ou rester flottante.


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La robe à la circassienne est une variante de la robe  à la polonaise. Elle possède trois pans qui peuvent être également retroussés. C'est la forme et la disposition des manches qui caractérisent cette robe : très courtes et en entonnoir, descendant jusqu'aux poignets, ou encore s'arrêtant à la saignée du bras, elles sont ornées de manchettes.


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Les caracos et chemises :

 

A la polonaise ou à la française, les caracos sont des robes coupées sous les hanches, s'agrafant par-devant. Les manches sont en sabot.

 

A partir de 1781, Marie-Antoinette avait coutume de porter la gaulle, ou chemise de la reine, qui est en fait une robe d'intérieur, de gaze ou de soie. Cette robe tombait droit, et était très décolletée.


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La robe à la lévite : 

 

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C'est une robe à la lévite longue, traînante et tenue par une ceinture. La lévite est une redingote masculine. La robe redingote est le plus souvent ouverte par-devant, elle peut aussi être fermée et boutonnée du haut en bas par de gros boutons en métal.

 

La robe à l'anglaise :

C'était une robe à la taille très ajustée et à la queue trainante. Le corsage est le plus souvent fermé par des lacets ou des compères, deux pièces taillées en gilet, et il se termine en pointe.

La vogue de ce type de robe annonce l'évolution vers la robe d'une seule pièce, de même que la disparition des paniers, qui seront remplacés par la tournure.


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Peu à peu, les  robes reviennent donc à des formes plus naturelles. 

Les robes sont ajustées et légères. 

Marie-Antoinette achète ses accessoires (dentelles, rubans, plumes, bonnets et chapeaux), ses vêtements et ses coiffures auprès la marchande de modes Rose Bertin, qui continue à fournir une clientèle parisienne.

Les tissus offrent des bouquets de couleurs, en faveur des tons pastels, des verts d'eau et des lilas, des roses pâles, ornés de multiples motifs floraux. Ce sont de lourds brocards, de riches taffetas, des soies de Lyon, des imprimés de Jouy, ou plus simplement du coton léger.

Elle porte des robes légères de percale ou de taffetas, et se chausse de souliers de soie dotés de petits talons.

L'éventail fait partie de ses accessoires favoris, qu'lle porte souvent en public, comme toutes les élégantes de l'époque.

 

 En 1781, la Comtesse d'Ossun (Geneviève de Gramon) devient sa dame d'atours, elle même ayant sous ses ordres une première dame des atours, chargée de l'entretien des vêtements de la Reine, deux femmes pour les repasser et les plier, ainsi que deux valets de garde-robe et un garçon de garde-robe.

 

couv_gazette_atours-copie-1.jpg"Les archives de l'Empire possèdent un curieux volume qui porte sur un de ses plats de parchemin vert : A madame la comtesse d'Ossun. Garde-robe de la Reine, gazette pour l'année 1782. Ce sont, collés à des pains à cacheter rouges sur le papier blanc, les échantillons de robes portés par la Reine de 1782 à 1784. C'est comme une palette de tons clairs, jeunes et gais, dont la clarté, la jeunesse, la gaîté ressortent davantage encore, quand on les compare aux nuances feuille-morte et carmélite, aux couleurs presque jansénistes des toilettes de Mme Elisabeth, que nous montre un autre registre. Reliques coquettes, et comme parlantes à l'oeil, où un peintre trouverait de quoi reconstruire la toilette de la Reine à tel jour, presque à telle heure de sa vie ! Il n'aurait qu'à parcourir les divisions du livre : Robes sur le grand panier, robes sur le petit panier, robes turques, lévites, robes anglaises, et grands habits de taffetas ; grandes provinces du royaume que se partageaient Mme Bertin, garnissant les grands habits de Pâques, Mme Lenormand, garnissant de broderies de jasmins d'Espagne les robes turques couleur boue de Paris, et la Levêque, et la Romand, et la Barbier, et la Pompée, travaillant et chiffonnant, dans le bleu, le blanc, le rose, le gris perle semé parfois de lentilles d'or, les habits de Versailles et les habits de Marly qu'on apportait chaque matin à la Reine dans de grands taffetas." (3)

On peut d'ailleurs se procurer cette gazette sur Amazon ou encore par exemple sur le site Boutiquesdemusées.


 

(1) "Le tableau de Paris", 1783

(2) "Cabinet des modes"(1785-1789)

(3) "Histoire de Marie-Antoinette", d'Edmond et Jules Goncourt, 1858

Autres sources :

"L'histoire du costume", collectif, éditions Flammarion, 1996

"Histoire du costume en Occident", par François Boucher, éditions Flammarion, 1965, édition mise à jour en 2008

 


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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 20:00

 VigeeLebrun MarieAntoinette versailles 1780

 

Le XVIIIeme siècle a été le siècle d'un  renouveau du parfum, avec un retour assidu de son usage.

 

En cette époque, l'univers des odeurs était  différent de celui qui est le nôtre aujourd'hui, et l'air était chargé d'effluves malodorantes que l'on ne supporterait plus aujourd'hui. 

 

On donnait aux arômes de nombreuses vertus, notamment au niveau médical, et dans un but de protection et de purification, on usait et abusait du parfum.

Sous Louis XV, la Cour de Versailles est surnommée "la Cour parfumée", tant les couloirs en étaient  imprégnés.

Le parfum y était omniprésent, du corps au linge, de l'habillement aux  accessoires. "Etre propre, c'est être parfumé"(1).

On met des sachets ou des pétales de rose dans les plis et revers des vêtements et des chapeaux. Les gants, les mouchoirs, les éventails, sont abondamment parfumés. Des rubans parfumés sont disposés dans des "déshabillés de senteur" doublés de peau parfumée et garnie de tissus aussi parfumés, et seront choisis le matin par la belle pour compléter sa parure.

 

Le parfum au XVIIIeme siècle est utilisé sous de multiples formes : eau de senteur, poudre, gant cosmétique, huile ou vinaigre, pâte odorante ... Et de même qu'on parfume le corps et les vêtements, on diffuse des fragrances dans l'habitation, avec les brûle-parfums, cassolettes et pot-pourris.


Sous Louis XV, on choisissait des senteurs puissantes, animales, telles que le musc et la civette.

 

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 Marie-Antoinette, quant à elle, appréciait ces odeurs vives et fortes, et leur préférait les  senteurs florales, légères et délicates, comme celles de la rose et de la violette. C'est ainsi que les senteurs champêtres et naturelles, douces et fruitées revinrent à la mode, ce qui est encore le cas de nos jours.

 

La reine avait son propre  parfumeur,  Jean-Louis Fargeon.

Il lui créait des parfums ainsi que de nombreux produits de soin. Il deviendra d'ailleurs par la suite le parfumeur attitré de Napoléon.  

Pour Marie-Antoinette," il confectionnait des eaux spiritueuses à base de rose, de violette, de jasmin, de jonquille ou de tubéreuse obtenues par distillation en présence d'esprit de vin, après infusion plus ou moins prolongée. Il les intensifiait avec du musc, de l'ambre ou de l'opopanax." (2) Ces parfums étaient employés à parfumer l'air, au moyen de pastilles à brûler ou de pot-pourris fleuris. Ils étaient aussi u tilisés en sachets parfumés, qu'affectionnait la Reine.

Elle aimait les parfums légers, ses préférences allant aux fragrances de rose, de lis, de violette et d'oeillet, avant de prendre goût aux parfums plus prononcés.

De même, il lui préparait des gants parfumés, lesquels étaient fabriqués en peau idoine.

Fargeon composa à la demande de Marie-Antoinette un parfum qui devait évoquer le Trianon. C'est ainsi qu'il conçut le Parfum de Trianon, dont la rose était la note principale, autour de laquelle se retrouvaient les fleurs d'oranger, la lavande, le cédrat et la bergamote, et enfin le galbanum. Au coeur de ce parfum : les effluves de l'iris et la violette, ainsi qu'une pointe de jonquille. A ce bouquet il mêla le jasmin, le lys et la tubéreuse. Pour le fond de sa préparation, il choisit la vanille, le cèdre et le santal, l'ambre et le musc, ainsi qu'un peu de benjoin.

Marie-Antoinette, ainsi que la Cour royale et la noblesse, se fournissait également chez le parfumeur gantier Jean-François Houbigant, qui avait établit sa boutique "A la corbeille de fleurs" à Paris en 1775, rue Faubourg Saint-Honoré.  

 

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Quelques recettes choisies dans la "Toilette de Flore" :

 

Eau divine :  

"Pour la faire, prenez au commencement du mois de Mars deux onces, de chacune des racines de vrai Acorus, de Bétoine, d'Iris de Florence, de Souchet long, de Gentiane, de Scabieuse, une once, de Cannelle et autant de Santal citrin, deux gros de Macis, une once de baies de Genièvre, six gros de Coriandre ; pilez ces drogues et ajoutez-y les zestes de six beaux citrons et de six belles oranges de Portugal : mettez le tout dans un grand vaisseau avec dix pintes de bon esprit de vin, remuez bien le tout, ensuite bouchez bien exactement le vaisseau, jusqu'à la floraison des fleurs ; et dans le temps que chaque fleur est dans sa force, mettez-y alors une demi-poignée, de chacune des fleurs suivantes : Violette, Jacinthe, Giroflée jaune, Jonquille, Rose rouge, Rose pâle, Rose blanche et musquée, Oeillet, Orange, Jasmin, Tubéreuse, Romarin, Sauge, Thym, Lavande, Marjolaine, Genêt, Sureau, Millepertuis, Souci, Camomille, Nicotiane, Muguet, Narcisse, Chèvre-feuille, Bourrache, Buglosse. Il faut trois saisons pour voir fleurir ces fleurs, le printemps, l'été et l'automne, ce qui fait un temps considérable. Chaque fois que vous mettez une partie de vos fleurs, vous mêlerez le tout ensemble ; vous userez ainsi depuis la première jusqu'à la dernière des fleurs, mettez le tout dans une cucurbite couverte de son chapiteau, bien luttée, mise dans un bain-marie au feu tempéré, rafraîchissez souvent, vous en tirerez cinq pintes d'esprit d'une rare qualité, soit pour remède, soit pour l'odeur : cette Eau est une des meilleures."

 

Eau de la Reine de Hongrie :

Vous mettrez dans un alambic une livre et demie de fleurs de Romarin bien fraîches, fleurs de Pouliot, de Marjolaine, de chacun une demi-livre ; et par-dessus tout cela trois pintes de bonne Eau-de-Vie. Ayant bien bouché l'Alambic pour empêcher l'évaporation, vous la mettrez durant vingt-huit heures en digestion dans le fumier de cheval, bien chaud, ensuite vous le ferez distiller au bain-marie.

L'usage de cette Eau est d'en prendre une ou deux fois la semaine le matin à jeun, la quantité d'un gros, avec quelqu'autre liqueur ou boisson, de s'en laver le visage et tous les membres où l'on se sent quelque douleur ou débilité. Ce remède renouvelle les forces, dissipe les nuages de l'esprit, fortifie la vue, et la conserve jusqu'à une vieillesse décrépite, fait paroître jeune la personne qui en use, est excellente pour l'estomac et la poitrine, en s'en frottant par-dessus.

 

Eau de Senteur :

Prenez Basilic, Menthe, Marjolaine, Racine d'Iris, Hyssope, Sariette, Mélisse, Lavande, Romarin, de chacune une poignée, Cloux de Gérofle, Canelle, Noix muscade, de chacun une demi-once, trois ou quatre Citrons en rouelles assez épaisses, faites-les tremper dans une bonne quantité d'Eau de Rose pendant trois jours, puis distillez le tout au bain-marie, à petit feu ; la distillation faite, ajoutez-y un scrupule de Musc. Ou bien :

Prenez Marjolaine, Thym, Lavande, Romarin, petit Pouliot, Roses rouges, Fleurs de Violettes, Oeillet, Sarriette, écorce d'Orange rouge ; faites tremper le tout dans du Vin blanc, jusqu'à ce que les matières seroient précipitées au fond du Vin, puis distillez deux ou trois dans un Alambic. Gardez l'Eau dans des bouteilles bien bouchées, et le mare pour des parfums.

 

Eau d'Ange, qui embaume par son agréable odeur :

Mettez dans un grand Alambic les drogues suivantes. Benjoin, quatre onces, Storax, deux onces, Santal citrin, une once, cloux de Gérofle, deux gros, deux ou trois morceaux d'Iris de Florence, la moitié d'une écorce de Citron, deux Noix muscades, Canelle, demi-once, deux pintes de bonne Eau de Roses, une chopine d'Eau de Mélisse, vous mettrez le tout dans un Alambic bien scellé, et vous le distillerez au bain-marie ; cette distillation est une Eau d'Ange exquise.

 

Eau Couronnée :

Mettez dans huit pintes d'Eau-de-Vie une demi livre de Violettes épluchées, deux onces de racine d'Iris, une demi-livre de Jonquille double, quatre onces de felurs d'Orange épluchées, quatre onces de Roses musquées blanches, six onces de Tubéreuse, deux gros de Macis, un gros de cloux de Gérofle ; deux onces de quintessence de Bergamotte, deux onces de quintessence d'Orange du Portugal ; toutes les fleurs doivent être cueillies dans leur saison : il faut observer de mettre avec la Violette, l'Iris pilée, le Macis et le Gérofle, d'y ajouter ensuite les fleurs dans leur saison, et de ne mettre la quintessence qu'après la Tubéreuse, qui est la dernière fleur. Toutes les fois que vous mettrez une nouvele fleur, vous remuerez le tout, et boucherez très-exactement le vaisseau. Huit jours après que vous y aurez joint la Tubéreuse, mettez le tout dans une Cucurbite, couvrez-la de son chapiteau, luttez exactement et faitesen la distillation au bain-marie. Ayez soin de rafraîchir souvent : adaptez et luttez le Récipient, mettez-le dans une terrine pleine d'Eau, afin que les esprits en tombant se refroidissent, pour la conservation de sa force et de son parfum. Vous retirerez de cette opération quatre pintes de bon esprit de vin, que vous pouvez présenter à ceux qui ont le goût le plus fin, ils en seront parfaitement satisfaits.

 

Eau de Lavande :

Prenez des fleurs de Lavande récentes ou sèches, arrosez-les de Vin ou d'Eau-de-Vie, ou d'Eau de Rose, et faites-les y infuser, après quoi vous les distillerez. L'Eau sera plus odorante, si vous faites sécher les fleurs au soleil dans une phiole de verre bouchée, et qu'ensuite vous jettiez du Vin blanc par-dessus.

 

Eau des Dames :

Prenez deux poignées et demie de Roses rouges, fleurs de Romarin, de Lavande, d'Aspic, de chacun une poignée, brins de Thym, fleurs de Camomille, de petite Sauge, de Pouliot, de Marjolaine, de chacun une poignée ; faites tremper le tout dans du vin blanc pendant vingt-quatre heures, puis mettezle dans l'Alambic ; arrosez le de bon vin blanc, et répandez par -dessus la poudre suivante, composée d'une once et demie de Cloux de Gérofle choisis, une once de Maniguette, Benjoin, Storax, Calamite, de chacun deux gros, l'Eau distillée doit être gardée dans un vaisseau bien bouché. (3)

 

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Sources :

(1) "Jean-Louis Fargeon, parfumeur de Marie-Antoinette", d'Elisabeth Feydeau, 2005, Editons Perrin 

(2) "Le parfum des origines à nos jours", de Annick Le Guérer, 2005, Editions Odile Jacob

(3) "Toilette de Flore, à l'usage des Dames", de Pierre Joseph Buc'hoz, 1771

(Dans cet ouvrage, Buc'hoz, médecin botaniste, donne de nombreuses recettes de beauté de l'époque. Marie-Antoinette le rencontra dans son jardin de Trianon, où il dessinait des plantes)   

  


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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 15:20

Marie-Antoinette--coiffure-dite--de-la-Reine-.jpg


Aux alentours de 1775, la coiffure féminine est très élégante et reste encore assez simple, agrémentée de multiples boucles en tire-bouchons s'étageant sur les côtés. 

On peut en voir deux exemples ci-dessous, dans le portrait de Marie-Antoinette et le buste de madame du Barry.  Quand les cheveux sont relevés, ils dégagent la nuque et s'élèvent haut sur le front : c'est ce qu'on appelle la coiffure à physionomie élevée. Si les cheveux tombent sur les épaules, il s'agit des dragonnes

On trouvait aussi la coiffure à la hérisson, où les cheveux sont relevés, crêpés et frisés à la pointe.


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Puis vint la mode des coiffures compliquées, monumentales et excentriques, avec les poufs et les panaches.


"La femme française s'était livrée en ces années à une folie de coiffure sans exemple, et si générale qu'une déclaration, donnée le 18 août 1777, agrégeait six cents coiffeurs de femmes à la communauté des maîtres barbiers-perruquiers.

"La tête des élégantes était une mappemonde, une prairie, un combat naval. Elles allaient d'imaginations en imaginations et d'extravagances en extravagances, du porc-épic au berceau d'amour, du pouf à la puce au casque anglais, du chien couchant à la Circassienne, des baigneuses à la frivolité au bonnet à la candeur, de la queue en flambeau d'amour à la corne d'abondance. Et que de créations de couleurs pour les énormes choux de rubans, jusqu'à la nuance de soupirs étouffés et de plaintes amères !

"La Reine se jette dans cette mode. Aussitôt les caricatures et les diatribes de passer par-dessus toutes les têtes, et de frapper sur la jolie coiffure aux mèches relevées et tortillées en queue de paon, dans laquelle elle s'est montrée aux Parisiens. La satire, qui permet tant de ridicules à la mode, est impitoyable pour le quesaco que la Reine montre aux courses de chevaux, pour les bonnets allégoriques que lui fait Beaulard, pour la coiffure de son lever, courant Paris sous le nom de Lever de la Reine."(1)

 

Les poufs désignaient des gazes et faux cheveux inserrés dans la chevelure, ornés ensuite de divers accessoires selon le goût de chacune. Ainsi, le Pouf à la Belle Poule, du nom d'une frégate, ou le pouf au sentiment, exposant bibelots, oiseaux, fleurs, poupées ou légumes.

 

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Son coiffeur personnel fut d'abord Lanseneur, puis ce sera Léonard Autié, dont les coiffures déclenchaient l'admiration.

Les coiffures à la mode sont alors toujours plus hautes, plus complexes et plus monumentales. Elles sont garnies de fleurs, de fruits ou de légumes, et de plumes, telles de véritables oeuvres d'art. Quand la reine perdit ses cheveux, Léonard lança la mode de "la coiffure à l'enfant", aux cheveux courts et bouclés.

 

"Il survint chez Marie-Antoinette une alopécie dont les chroniqueurs n'ont pas manqué de faire mention : "Depuis la couche de la Reine, écrit Bachaumont en juin 1780, les cheveux de Sa Majesté tombent et l'art est continuellement occupé à réparer les vides qui se forment sur sa tête auguste. Cette princesse, lasse de contrarier la nature, semble vouloir s'y abandonner entièrement. Elle n'a plus qu'un chignon plat, terminé par une boucle en boudin, à peu près comme les perruques d'abbé, et déjà différentes femmes de la cour, empressées de se conformer aux goûts de leur souveraine, ont sacrifié leur superbe chevelure. On appelle cette coiffure "à l'enfant"."(2)

 

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  Dans ses mémoires, la baronne d'Oberkich évoque sa propre coiffure en 1782 :

"J'essayai pour la première fois une chose fort à la mode, mais assez gênante : de petites bouteilles plates et courbées dans la forme de la tête, contenant un peu d'eau, pour y tremper la queue des fleurs naturelles et les entretenir fraîches dans la coiffure. Cela ne réussissait pas toujours, mais lorsqu'on en venait à bout, c'était charmant. Le printemps sur la tête, au milieu de la neige poudrée, produisait un effet sans pareil (...). Madame la comtesse du Nord avait sur la tête un petit oiseau de pierreries qu'on ne pouvait pas regarder tant il était brillant. Il se balançait par un ressort, en battant des ailes, au-dessus d'une rose, au moindre de ses mouvements. La reine le trouva si joli qu'elle en voulut un pareil."(3)


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Le comte de Vaublanc décrit lui aussi la mode vers 1780 :

"Au-dessus du front s'élevaient des cheveux bien crêpés, bien roides, bien graissés et bien poudrés. Cette coiffure était à angles droits, saillants et rentrants, et avait un air menaçant, comme une fortification. Pour accompagner ces bastions on mettait des deux côtés, et sur le cou de grosses boucles bien roides, bien graissées et bien poudrées, bien tenues par des broches de fer, et qui avaient le charme de salir sans cesse le cou.

"Au-dessus des fortifications dont j'ai parlé on plaçait un coussin de taffetas noir, rempli de crin. Ce coussin, qui perdait promptement sa propreté primitive, était attaché à la fortification par de longues épingles de fer qui devaient attacher le nombre immense des ornements qui relevaient toute cette coiffure, des rubans, des fleurs, des nattes en cheveux, des boudins en cheveux. Les cheveux de derrière, bien graissés aussi, et encore plus poudrés que le reste, étaient relevés, tantôt en plusieurs nattes ou tresses, tantôt en un chignon volumineux qui faisait peur à tous les meubles et à tous les habits qui s'en approchaient. Comme tous ces cheveux du derrière de la tête avaient une irrégularité choquante dans la partie d'en haut, on fourrait, dans l'espace qui se trouvait entre le coussin et les cheveux, de grandes cocardes de crêpe ou de taffetas, pour cacher ce vilain commencement de nattes, de tresses et de chignon volumineux.

"La poupée ainsi coiffée avait du rouge sur les joues et quelques mouches. Le bon ton voulait que le rouge fût très épais, qu'il touchât les paupières inférieures des yeux. Cela, disait-on, donnait du feu aux yeux. On tenait tant à ce rouge que toutes les femmes avaient dans leur poche une boîte plus ou moins riche, dans laquelle étaient les mouches, le rouge, le pinceau, et surtout le miroir. Plusieurs dames renouvelaient, sans façon, à leur aise, leurs belles joues rouges partout où elles se trouvaient.

"J'oubliais de dire qu'une mode impérieuse força bientôt toutes les femmes à substituer une poudre rousse à la poudre blanche ; elle produisait une saleté abominable sur le front, le cou et les épaules. Tout cet échafaudage était surmonté d'une touffe de plumes blanches plus ou moins élevées.

"La mode vint alors des voitures anglaises ; l'impérial intérieur était très bas, en sorte que les dames d'une taille élevée étaient forcées de se mettre à genoux dans la voiture pour ne point briser leurs plumes. J'ai vu une dame qui non seulement était à genoux dans la voiture, mais encore pasait la tête par la portière. Quand une femme ainsi panachée dansait dans un bal, elle était contrainte à une attention continuelle de se baisser lorsqu'elle passait sous les lustres, ce qui lui donnait la plus mauvaise grâce qu'on puisse imaginer." (4)

 

Voici la page d'un site très intéressant qui décrit de manière détaillée les différentes coiffures des femmes sous Louis XVI : coiffures historiques

 

Coiffures-de-Marie-Antoinette.jpgLes coiffures étaient également poudrées, afin de parfumer et donner une teinte aux cheveux, après les avoir crêpés et graissés, et de maintenir la coiffe. 

Ces poudres étaient constituées d'amidon, de farine ou de craie, puis colorées (blonde avec de l'ocre de Rome, rouge avec de l'orcanette ou de la poussière de bois de chêne vermoulu, ou de manière plus répandue, grise avec de la braise de bois blanc écrasée, aux nuances argentées). Elles étaient alors parfumées, le plus souvent au jasmin, la rose, la jacinthe, la jonquille ou la fleur d'oranger.

 

Quelques recettes :

 

Huile parfumée aux fleurs pour les cheveux :

"L'huile d'Olive, celles d'Amandes douces et de Noisette sont les seules dont on se sert pour perfumer les cheveux aux fleurs. Pilez des Amandes à l'eau chaude, lorsqu'elles seront sèches, réduisez-les en poudre, passez-les par un gros sas, et faites un lit de poudre d'Amandes et un lit de fleurs dans une caisse ; après avoir continué de cette manière pour vous servir de ce que vous en voulez parfumer, et après avoir laissé les fleurs du matin au soir, vous passereez vos mêmes fleurs, alors vous les renouvellerez, en remettrez de fraîches et répéterez cette même opération pendant huit jours. Quand vos Amandes auront bien pris l'odeur de la fleur que vous aurez choisie, vous les mettrez dans des toiles neuves, et ferez des paquets pliés deux à deux, plis contre plis et exactement pressés, pour tirer l'huile qui sera parfumée de l'odeur de la fleur.

 

Moyen de faire croître et revenir les cheveux :

"Prenez racines de vigne vierge, racines de chanvre et trognons de choux tendres, de chacun deux poignées ; faites-les sécher, puis brûler ; ensuite faites une lessive avec les cendres : avant de se laver la tête de cette lessive, il faut la frotter avec du miel, et continuer l'un et l'autre trois jours de suite."

 

Pour empêcher les cheveux de tomber :

"Mettez en poudre de la graine de persil, poudrez-vous en la tête pendant trois soirs différents, vous recommencerez chaque année, et vos cheveux ne tomberont jamais."(5)

 

Sources :

(1) "Histoire de Marie-Antoinette", d'Edmond et Jules Goncourt, 1858

(2) "Moeurs intimes du passé", d'Augustin Cabanès, 1933

 (3) "Mémoires de la baronne d'Oberkirch", d'Henriette Louise von Waldner Oberkirch (baronne d') et Léonce Montbrisson (comte de), 1869

(4)Mémoires de M. le comte de Vaublanc", de Vincent Marie Viennot de Vaublanc et François Barrière, 1857

(5) "Toilette de Flore, à l'usage des Dames", de Pierre Joseph Buc'hoz, 1771

(Dans cet ouvrage, Buc'hoz, médecin botaniste, donne de nombreuses recettes de beauté de l'époque. Marie-Antoinette le rencontra dans son jardin de Trianon, où il dessinait des plantes)    

  

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 23:10

1783-vigeeMarie_Antoinette_in_Muslin_dress-copie-1.jpg

 

 

Le maquillage et la parure sont des signes particuliers à la richesse. A Versailles, ces signes sont d'autant plus accentués, le rouge plus vif, la coiffure plus élevée, les robes et bijoux plus sophistiqués.


"Toutes les femmes étaient poudrées. C'était l'époque des coiffures monumentales, folie du goût français. Marie-Antoinette adoptait la mode plus qu'elle ne la dirigeait. Le soir, elle ne portait pas les poufs extravagants qu'on lui construisait sur la tête. Mais ses plumes de bal étaient juchées sur des échafaudages de cheveux." (1)

 

Lettre à l'impératrice Marie-Thérèse, écrite le 13 juin 1776 :

"Il en est de la coiffure pour les femmes comme de tous les articles de l'habillement et de la parure, excepté le rouge que les personnes âgées conservent ici, et souvent même un peu plus fort que les jeunes. Sur tout le reste, après quarante-cinq ans, on porte des couleurs moins vives et moins voyantes ; les robes ont des formes moins ajustées et moins légères ; les cheveux sont moins frisés et la coiffure moins élevée."(2)

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Fard et maquillage :

 

 Le rouge appliqué sur les lèvres pouvaient contenir des  produits toxiques comme le plomb ou le mercure, qui empoisonnaient les femmes qui en usaient.

Marie-Antoinette se fournissait en rouge chez Mademoiselle Martin (Rose Bertin) bien que parfois, c'est son parfumeur, Fargeon, qui lui en procurait. Ce dernier proposait neuf nuances de rouge à base de carmin, dont la recette de base est composée de carmin, de talc pulvérisé, dont la quantité rendra le rouge plus ou moins clair, d'huile d'olive et de gomme d'adragant.


Cérat de Galien (pommade pour les lèvres) :

"Prenez huit onces d'huile de rosat et une once de cire blanche ; faites fondre dans un vase de verre ; agitez avec une spatule de bois. laissez refroidir et lavez bien avec de l'eau claire." (3)

 

Autre pommade pour les lèvres :

"Prenez Cire jaune, deux onces et demie, huile d'Amandes douces, quatre onces, on fait fondre la cire dans l'huile ; on laisse refroidir le mélange, il acquiert un degré de consistance considérable ; on râcle légèrement la Pommade avec une spatule, et elle se ramollit beaucoup, on la met à mesure dans un mortier de marbre ; lorsqu'on l'a toute raclée, on l'agite dans le mortier avec un pilon de bois, pour faire disparoître une infinité de petits grumeaux, qui proviennent de ce qu'on l'a ratissée un peu trop brusquement, on serre la Pommade dans un pot.

Elle est adoucissante, bonne pour les gerçures, pour les crevasses des mains et du sein, et pour adoucir la peau."(4)

 

Avant de se farder, l'élégante commence par frotter sa figure avec une eau de nénuphar, de fraise ou de lis, ou encore au moyen d'"éponge préparée pour le visage".


Huile pour nettoyer la peau :

"Prenez une pinte de Crème, jettez dedans les fleurs de Nénuphar, de Lis, de Fèves, de     Roses ; faîtes bouillir le tout au bain-marie ; il en sortira une huile que vous conserverez dans une phiole et que vous exposerez au serein pendant quelques temps."(4)


Eponges préparées pour le visage :

"Laissez tremper quelque temps dans l'eau les plus belles et les plus fines éponges que vous trouvere, lavez-les bien, faites-les sécher, et remettez les tremper dans de l'Eau-de-vie du matin au soir ; ensuite exprimez-les, et faites encore tremperdans de l'Eau-de-vie, laissez-les sécher. Et enfin pour la dernière fois faites-les encore tremper dans de l'Eau de fleurs d'Orange, environ onze à douze heures. Lorsqu'elles seront exprimées et sèches, elles seront parfaites pour laver le visage."(4)

 

Puis elle applique des fards blancs et rouges sur les joues avec des pinceaux.

Les Dames de la Cour étaient abondamment fardées, comme laquées, au moyen du blanc, afin d'obtenir une blancheur d'albâtre. Parfois, un léger trait noir cernait les yeux, et les cils et sourcils étaient brossés et pommadés.

La pose de "mouches" complète alors l'ornement du visage. Ces petites pastilles de taffetas gommé servent d'abord à camoufler les imperfections, notamment celles dues à la petite vérole, mais aussi à faire ressortir la blancheur de la peau. Le plus souvent rondes, elles peuvent aussi prendre la forme d'étoile, de fleur, de lune, ou parfois être ornées de petits diamants.

 

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Cosmétiques :

 

Jean-Louis Fargeon, "maître gantier-parfumeur", préparait également des cosmétiques afin d'embellir l'éclat de la beauté et réparer les torts de l'âge ou de la nature.

Marie-Antoinette aimait prendre soin de son teint. "L'Eau cosmétique de pigeon nettoyait la peau, l'Eau des charmes faite avec les larmes de la vigne qui coule en mai, la tonifiait. L'eau d'ange la blanchissait en purifiant le teint (...). Elle enduisait ses mains de la Pâte royale qui  en maintenait la douceur et prévenait des gerçures. Elle adorait les pommades à la rose, à la vanille, à la frangipane, à la tubéreuse, à l'oeillet, au jasmin, aux mille-fleurs. Pour le bain, elle usait de savonnettes aux herbes, à l'ambre, à la bergamote ou au pot-pourri, et pour maintenir l'éclat des ses dents, elle commandait des poudres et des opiats."(5)

 

Sur les "toilettes", pièces de tissu parfumées posé sur une table, l'attirail des cosmétiques se déployait devant la femme coquette : "poudres et essences contenues dans des boîtes de porcelaine, d'agate, de métal précieux et dans de petits flacons piriformes de cristal de roche, de verre ambré, d'or ou d'argent émaillé".(1)

 

Pendant longtemps les traités de parfumerie évoquaient non seulement les moyens de se  parfumer, mais aussi d'entretenir un visage lisse au teint éclatant, des mains douces et blanches, une bouche à l'haleine parfumée. Antoine Dejean, dans son "Traité des odeurs" en 1764, précise qu'"il ne suffit pas aux parfumeurs de flatter le sens de l'odorat, il faut qu'ils conservent la beauté de la peau, surtout celle du visage, pour lui rendre tout le lustre qu'il doit avoir".(6)

Le "lait virginal" surtout est utilisé à cet effet. On trouve aussi des "bandeaux pour le front" et des "cornettes de nuit", coupées dans une toile préalablement imbibée d'eau de rose et enduite de pommade faite "de graisse de chevreau, de porc ou de pied-de-mouton, de cire et d'huile de courge"(7). En agissant toute la nuit, ils adoucissent la peau et la nourrissent, et préviennent les rides.

 

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Lait virginal, propre pour nettoyer la peau :  

"Prenez parties égales de Benjoin et de Storax. Laissez fondre dans suffisante quantité d'esprit de vin, qui prendra une couleur rougeâtre, et qui exhalera alors une odeur très-suave. Quelques personnes y ajputent un peu de Baume de la Mecque. Versez-en quelques gouttes dans de l'Eau Commune bien claire ; elle blanchira aussitôt en l'agitant ; les Dames s'en servent avec succès pour se nettoyer le visage."(4)

 

Eau de beauté :   

"Prenez égale quantité d'Eau d'Argentine et de Rhubarbe, et sur chaque demi-livre ajoutez deux gros de sel Ammoniac. On en met avec une plume ou un pinceau trois ou quatre fois par jour, sur les rougeurs ou sur les dartres."(4)

 

Eau de la Fontaine de Jouvence : 

"Prenez une once de Souffre vif, deux onces d'Oliban et de Myrrhe, six gros d'Ambre, une livre d'Eau de Rose ; faites distiller le tout au bain-marie, et vous lavez avec cette Eau le soir avant de vous coucher. Le lendemain matin lavez-vous avec la seconde d'Eau d'Orge, votre visage paroîtra rajeuni.

On prétend aussi que l'Eau distillée des pommes de Pin toutes vertes, ôte les rides et rajeunit."(4)

 

On prépare des poudres ou des onguents pour prendre soin de ses mains, ou encore des "gants cosmétiques", gras et parfumés, à porter également la nuit.

Afin d'obtenir des dents blanches et une bonne haleine, il existe toutes sortes d'eaux, de poudres, d'opiats, pommades et pastilles. Et des eaux colorées en rouge à la cochenille sont destinées à rendre les gencives plus rouges, afin de faire ressortir la blancheur des dents.

 

Gants parfumés :

"Prenez une once de Storax liquide, une once de bois de Rose, autant d'Iris de Florence, et une demi-once de bois de Santal Citrin. Broyez bien le tout et joignez-y les terres qui doivent servir à colorer vos Gants, outre un peu de gomme. Versez ensuite de l'Eau de Rose et de fleurs d'Orange égale quantité, pour délayer cette composition, de laquelle vous chargerez vos Gants. Lorsqu'ils seront secs, frottez-les et les renfermez ; vous les passerez de nouveau avec une petite gomme, dans laquelle vous mêlerez un peu d'Iris de Florence en poudre, après quoi vous les redresserez et rendermerez pour une dernière fois, après les avoir laissé sécher.(4)

 

Pour nettoyer les dents et les gencives : 

"Prenez une once de Myrrhe bien pilée, deux cuillerées de Miel blanc du meilleur, et un peu de Sauge verte bien pulvérisée, et vous en frottez les dents soir et matin."(4)

 


Sources :

 

(1) "La Reine Marie-Antoinette", de Pierre de Nolhac, 1889

(2) "Lettres de Marie-Antoinette", publiées par Maxime de la Rocheterie et le Mis de Beaucourt, 1895-1896

(3) "L'art du parfumeur", de Jean-Louis Fargeon, 1801

(4) "Toilette de Flore, à l'usage des Dames", de Pierre Joseph Buc'hoz, 1771

(Dans cet ouvrage, Buc'hoz, médecin botaniste, donne de nombreuses recettes de beauté de l'époque. Marie-Antoinette le rencontra dans son jardin de Trianon, où il dessinait des plantes)   

(5) "Jean-Louis Fargeon, parfumeur de Marie-Antoinette", d'Elisabeth Feydeau, 2005, Editons Perrin

(6) "Traité des odeurs", d'Antoine Dejean, 1764

(7) "Le parfum des origines à nos jours", de Annick Le Guérer, 2005, Editions Odile Jacob

 

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 20:38

Vigee-Lebrun_Marie_Antoinette_1783-detail-copie-1.jpg

 

De nos jours encore, l'image de la dernière reine de France reste très controversée.

Tandis que les uns la considèrent comme une princesse frivole, capricieuse, égoïste et insouciante, les autres l'encensent et louent ses charmes associant la beauté et la noblesse. 

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"Derrière la Reine, il y a certes la Femme, la Mère, mais surtout une personne joyeuse et paradoxalement en souffrance qui apparaît derrière l'icône. Une Reine mal comprise, et qui peut-être n'en avait pas l'étoffe (...). Sa passion pour les Arts et l'esthétique en général certes ne l'avantage pas à Versailles dans son rôle de souveraine et vis-à-vis du peuple, mais redonne à la femme son trait essentiel : un besoin d'exister et de vivre sa vie comme elle l'entend envers et contre tous."(1)

 

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A ses quinze ans, elle est décrite par Madame Campan : "éclatante de fraîcheur, elle parut mieux que belle à tous les yeux. Sa démarche tenait à la fois du maintien imposant des princesses de sa maison et des grâces françaises ; ses yeux étaient doux, son sourire aimable"(3).

De même, Burke disait de la dauphine qu' "elle étincelait comme l'étoile du matin, toute pleine de vie, d'éclat et de bonheur."

"Par un contraste singulier (...), la gaieté couvrait ce fond ému, presque mélancolique de la Dauphine ; sa gaieté folle, légère, pétulante, remplissait tout Versailles de mouvements et de vie. Son rire ne faisait qu'aller et venir dans le vieux palais." (2).

 

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Quand elle devient Reine de France,elle n'est plus la jolie ingénue.


"Elle est la reine, une reine dans tout l'éclat, dans toute la fleur et toute la maturité, dans tout le triomphe et tout le rayonnement d'une beauté de reine.

Elle possède tous les caractères et toutes les marques que l'imagination des hommes demande à la majesté de la femme : une bienveillance sereine, presque céleste, répandue sur tout son visage ; une taille que madame de Polignac disait avoir été faite pour un trône, le diadème d'or pâle de ses cheveux blonds, ce teint le plus blanc et le plus éclatant de tous les teints, le cou le plus beau, les plus belles épaules, des bras et des mains admirables, une marche harmonieuse et balancée, ce pas qui annonce les déesses dans les poèmes antiques, une manière royale et qu'elle avait seule de porter la tête, une caresse et une noblesse du regard qui enveloppaient une cour dans le salut de sa bonté, par toute sa personne, enfin ce superbe et doux air de protection et d'accueil ; tant de dons, à leur point de perfection, donnaient à la Reine la dignité et la grâce, ce sourire et cette grandeur dont les étrangers emportaient le souvenir à travers l'Europe comme une vision et un éblouissement."

Cette description d'une reine de légende et parfaite, faite en 1858, par Edmond et Jules de Goncourt (2) dépeint bien l'image idéale et rêvée que Marie-Antoinette laissait alors à nombre de français, et montre l'importance qu'elle tenait dans leur coeur.

Et dans le même ouvrage, on apprend que la "Reine servait le talent et intercédait pour le génie. Le meilleur temps de la Reine, ses plus belles heures, étaient données aux travaux charmants, aux plaisirs aimables de l'art, à cet art surtout, la musique. La Reine protégeait les grands musiciens et recherchait leur amitié. L'amour de la musique l'avait menée à l'amour du théâtre. Le théâtre est le grand plaisir de Marie-Antoinette."

 

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Elle-même chantait et jouait du clavecin et de la harpe. Elle était sensible, gaie et enjouée, aimant les plaisirs, les jeux, et était passionnée par les spectacles et les bals.

D'apparence frivole, elle n'oubliait toutefois jamais qu'elle était reine. Bien que n'ayant pas un rôle réel au niveau politique, elle se préoccupait des pauvres, des enfants malades, et des relations de la France avec les autrespays. Et c'est dans l'idée de la représentation de la monarchie qu'elle expose fêtes et dépenses, offrant à sa Cour le spectacle du luxe et du plaisir, maladroitement dans le contexte de pauvreté du royaume.

Mais son goût du théâtre, du déguisement et du jeu, lui permettent d'une certaine manière de prendre la vie  comme un jeu, et c'est comme tel qu'elle jouera sa fuite à Varennes, annonçant le dénouement tragique.

 

 

Sources :

(1) Le site Marie-antoinette, la Femme et les Arts  de Michaëla Degui 

(2) "Histoire de Marie-Antoinette", d'Edmond et Jules Goncourt, 1858

(3) Mémoires de Madame Campan


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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 13:10

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Imaginez, à la lecture des lignes ci-dessous, quelques heures de la vie quotidienne de Marie-Antoinette à Versailles. Suivez la, Dauphine puis Reine, dans le récit de ses journées.

 

 

Une journée de la Dauphine à Versailles :

Lettre à l'Impératrice Marie-Thérèse (sa mère), écrite le 12 juillet 1770 (extrait des "Lettres de Marie-Antoinette") :


La Dauphine, Joseph Krantzinger vienne1771

 

"Votre majesté est bien bonne de vouloir bien s'intéresser à moi et même de vouloir savoir comme je passe ma journée.


Je lui dirai donc que je me lève à dix heures ou à neuf heures et demie, et, m'ayant habillée, je dis mes prière du matin ; ensuite je déjeune, et de là, je vais chez mes tantes (les tantes, ou Mesdames, étaient les trois filles non mariées de Louis XV : Mme Adélaïde, Mme Victoire, Mme Sophie) où se trouve ordinairement le Roi (c'était habituellement dans l'appartement de ses filles qu'il allait prendre son café le matin).

Cela dure jusqu'à dix heures et demie ; ensuite à onze heures je vais me coiffer.


A midi on appelle la chambre, et là tout le monde peut entrer, ce qui n'est point des communes gens. Je mets mon rouge et lave mes mains devant tout le monde ; ensuite les hommes sortent et les dames restent, et je m'habille devant elles.

A midi est la messe ; si le Roi est à Versailles, je vais avec lui et mon mari et mes tantes à la messe ; s'il n'y est pas, je vais seule avec Monsieur le Dauphin, mais toujours à la même heure.

Après la messe nous dînons à nous deux devant tout le monde, mais cela est fini à une heure et demie, car nous mangeons fort vite tous deux.


De là je vais chez Monsieur le Dauphin, et s'il a affaires je reviens chez moi, je lis, j'écris ou je travaille ; car je fais une veste pour le Roi, qui n'avance guère, mais j'espère qu'avec la grâce de Dieu elle sera finie dans quelques années.

A trois heures je vais encore chez mes tantes, où le Roi vient à cette heure-là ; à  quatre heures  l'abbé vient chez moi ; à cinq heures tous les jours le maître de clavecin ou à chanter jusqu'à six heures.

A six heures et demie je vais presque toujours chez mes tantes, quand je ne vais point me promener ; il faut savoir que mon mari va presque tous les jours avec moi chez mes tantes.  

A sept heures on joue jusqu'à neuf heures, mais quand il fait beau je m'en vais promener, et alors il n'y a point de jeu chez moi, mais chez mes tantes.  


A neuf heures nous soupons, et quand le Roi n'y est point, mes tantes viennent souper chez   nous ; mais  quand le Roi y est, nous allons souper chez elles ; nous attendons le Roi, qui vient ordinairement à dix heures trois quart, mais moi en attendant me place sur un grand canapé et dors jusqu'à l'arrivée du Roi ; mais quand il n'y est pas nous allons nous coucher à onze heures.


Voilà toute notre journée. (...) Je vous supplie, ma très chère mère, de pardonner si ma lettre est trop longue, mais c'est mon seul plaisir de m'entretenir avec elle. Je lui  demande encore pardon si la lettre est sale, mais je l'ai dû écrire deux jours de suite à la toilette, n'ayant pas d'autre temps à moi."

 

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Une matinée de la Reine à Versailles:

(extrait de "Histoire de Marie-Antoinette", d'Edmond et Jules Goncourt)


Gautier-Dagoty - Marie-Antoinette détail 1775

 

"Je dirai une des matinées de la Reine à Versailles, telle qu'une de ses femmes de chambre nous l'a conservée (...).


La Reine se réveillait à huit heures.

Une femme de garde-robe entrait et déposait une corbeille couverte, appelée le prêt du jour, et contenant des chemises, des mouchoirs, des frottoirs.

Pendant qu'elle faisait le service, la première femme remettait à la Reine, qui s'éveillait , un livre contenant un échantillon des douze grands habits, des douze robes riches sur paniers, des douze petites robes de fantaisie pour l'hiver ou l'été. La Reine piquait avec une épingle le grand habit de la messe, la robe déshabillée de l'après-midi, la robe parée du jeu ou du souper des petits appartements ; et bientôt arrivaient, dans de grands taffetas, les vêtements du jour ...


La Reine prenait un bain presque tous les jours. Un sabot était roulé dans sa chambre.

La Reine, dépouillée du corset à crevées de rubans, des manches de dentelles, du grand fichu, avec lesquels elle couchait, était enveloppée d'une grande chemise de flanelle anglaise.

Une tasse de chocolat ou de café faisait son déjeuner, qu'elle prenait dans son lit lorsqu'lle ne se baignait pas.

A sa sortie du bain, ses femmes lui apportaient des pantoufles de basin garnies de dentelles et plaçaient sur ses épaules un manteau de lit en taffetas blanc.


La Reine, recouchée, prenait un livre ou quelque ouvrage de femme. C'était l'heure où, la Reine couchée ou levée, les petites entrées avaient audience auprès d'elle ; et de droit entraient le premier médecin de la Reine, son premier chirurgien, son médecin ordinaire, son lecteur, son secrétaire de cabinet, les quatre premiers valets de chambre du Roi, leurs survivanciers, les premiers médecins et premiers chirurgiens du Roi.


A midi la toilette de présentation avait lieu. La toilette, ce meuble et ce triomphe de la femme du XVIIIe siècle, était tirée au milieu de la chambre. La dame d'honneur présentait le peignoir à la Reine ; deux femmes en grand habit remplaçaient les deux femmes qui avaient servi la nuit. Alors commençaient, avec la coiffure, les grandes entrées. Des pliants étaient avancés en cercle autour de la toilette de la Reine pour la surintendante, les dames d'honneur et d'atours, la gouvernante des enfants de France. Entraient les frères du Roi, les princes du sang, les capitaines des gardes, toutes les grandes charges de la couronne de France. Ils faisaient leur cour à la Reine, qui saluait de la tête. Pour les princes du sang seuls, la Reine indiquait le mouvement de se lever, en s'appuyant des mains à la toilette. Puis venait l'habillement de corps. La dame d'honneur passait la chemise, versait l'eau pour le lavement des mains ; la dame d'atours passait le jupon de la robe, posait le fichu, nouait le collier.

Habillée, la Reine se plaçait au milieu de sa chambre, et environnée de ses dames d'honneur et d'atours, de ses dames du palais, du chevalier d'honneur, du premier écuyer, de son clergé, des princesses de la famille royale qui arrivaient suivies de toute leur maison, passait dans la galerie et se rendait à la messe, après avoir signé les contrats présentés par le secrétaire des commandements, et agréé les présentations des colonels pour prendre congé.


La Reine entendait la messe avec le Roi dans la tribune, en face du maître-autel et de la musique.

La Reine, rentrée de la messe, devait dîner tous les jours seule avec le Roi et en public ; mais ce repas public n'avait lieu que le dimanche.

Le maître d'hôtel de la Reine, armé d'un grand bâton de six pieds orné de fleurs de lis d'or et surmonté de fleurs de lis en couronne, annonçait à la Reine qu'elle était servie, lui remettait le menu du dîner, et, tout le temps du dîner, se tenant derrière elle, ordonnait de servir ou de desservir.


Après le dîner, la Reine rentrait dans son appartement, et, son panier et son bas de robe ôtés, s'appartenait seulement alors, autant du moins que le lui permettait la présence en grand habit de ses femmes, dont le droit était d'être toujours présentes et d'accompagner partout la Reine.


La Reine espérait se sauver de tant d'ennuis à Trianon. Elle voulait fuir là cette toilette, la cour des matins, et le dîner public, et les jeux de représentation si ennuyeux du mercredi et du dimanche, et les mardis des ambassadeurs et des étrangers, et les présentations et les révérences, les grands couverts et les grandes loges, et le souper dans les cabinets le mardi et le jeudi avec les ennuyeux et les prudes, et le souper de tous les jours en famile chez Monsieur.

La Reine pensait qu'à Trianon elle pourrait manger avec d'autres personnes que la famille royale, unique société de table, à laquelle toute Reine de France avait été condamnée jusqu'alors ; qu'elle y aurait, comme une particulière, ses amis à dîner sans mettre tout Versailles en rumeur. Elle songeait à se faire habiller là dans sa chambre par mademoiselle Bertin, sans être condamnée à se réfugier dans un cabinet par le refus de ses femmes de laisser entrer mademoiselle Bertin dans leurs charges. Son mari au bras, sans autre suite qu'un laquais, elle parcourrait ses Etats ; et même, à table, s'il lui prenait fantaisie, elle jetterait au Roi des boulettes de mie de pain sans scandaliser le service."

 

versailles


Marie-Antoinette doit donc se soumettre aux obligations que lui impose son rôle de reine, mais elle s'habitue difficilement ces contraintes, plus sévères que celles que demande l'étiquette autrichienne.

Elle recherche une certaine intimité qu'elle trouvera en présence de sa coterie, les amis qu'elle s'est choisis, ou dans ses Cabinets au Petit Trianon ou au Hameau.


 


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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 07:00

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Marie-Antoinette est née à Vienne en Autriche le 2 novembre 1755, dans le palais de Hoffburg.

Quinzième enfant et dernière fille de l'empereur d'Allemagne François de Lorraine et de l'impératrice d'Autriche Marie-Thérèse, elle est baptisée sous les prénoms de Maria Antonia Josefa Johanna.

 

1767-1768 Meytens vienne

Elle sera archiduchesse d'Autriche, princesse impériale, princesse royale de Hongrie et de Bohême, elle deviendra dauphine de France, puis Reine de France et de Navarre et épouse de Louis XVI, roi de France.


N'étant pas destinée au départ à régner, elle ne reçut aucune instruction politique, et son éducation était axée sur le maintien, la danse et la musique.

Mais les circonstances politiques en décidèrent autrement. En effet, sa mère Marie-Thérèse mit le mariage de ses enfants au service de la politique de l'Empire, et il fut décidé que Marie-Antoinette épouserait le futur Louis XVI, dans l'objectif d'une réconciliation franco-autrichienne entre les Bourbons et les Habsbourg.

 

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Louis Auguste Dauphin1769

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marie-Antoinette arriva à Paris en avril 1770, à l'âge de quatorze ans, au château de la Muette. La cérémonie du mariage eut lieu le 16 mai 1770 à Versailles.

A son arrivée à Versailles la jeune Marie-Antoinette est célébrée pour sa beauté et sa grâce, tandis qu'elle déclenche l'hostilité d'une partie de la cour, pour laquelle elle reste une étrangère et une ennemie, la surnommant "l'Autrichienne". En outre, elle s'habitue difficilement à sa nouvelle vie, si éloignée de ce qu'elle a connue à Vienne, qui était plus libre et plus simple.


Première mécène du royaume, d'une grande culture artistique, elle joua un rôle important dans l'évolution des arts, tels que la musique et le théâtre, ainsi que dans les domaines des arts décoratifs et de la mode.

D'autre part, elle cherche à se distraire et à oublier qu'elle n'est pas encore mère, et semble délaisser son rôle de reine, sortant tard le soir pour assister à des fêtes ou des bals, aimant s'amuser sans se soucier des conséquences, et son comportement lui vaut maintes critiques. 

 

Elle devient reine de France et de Navarre à l'âge de 18 ans, à la mort de Louis XV le 10 mai 1774. Louis XVI a alors 19 ans.


Gautier-Dagoty - Marie-Antoinette 1775

 

Après huit années de mariage dans l'attente d'un héritier, Marie-Antoinette donne naissance à son premier enfant en 1778.

Elle eut en tout quatre enfants : Marie-Thérèse-Charlotte, Louis Joseph Xavier François, Louis-Charles  et Sophie-Béatrice (qui meurt à l'âge de onze mois).


Louis XVI lui ayant confié l'organisation des divertissements de la cour, Marie-Antoinette met en place des représentations de théâtre, des concerts, des jeux (billard et jeux de cartes) et des grands bals. Elle aime à s'entourer de sa coterie, cercle d'amis privilégiés,  cherchant ainsi à échapper à la cour et aux contraintes liées à son rôle de reine. Elle dépense des sommes extravagantes pour l'organisation de ces divertissements, mais aussi pour ses toilettes et pour l'aménagement son domaine du Petit Trianon.

 

1785 ds les jardins du petit trianon adolf ulrich wertmüll

Elle s'attire les jalousies, est vivement critiquée pour son caractère dépensier, et est  soupçonnée de vouloir favoriser l'Autriche. C'est ainsi que peu à peu, elle cumule les ennemis, y compris à la cour de Versailles, et s'attire les foudres de l'opinion publique, devenant un objet privilégié des pamphlets et estampes satiriques. Rendue responsable du déficit de la France, elle est affublée du nom de "Madame Déficit".


Adolf Ulrik wertmüller 1788

Après la prise de la Bastille en 1789, la famille royale vient s'installer à Paris. L'abolition des privilèges est votée et la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen est adoptée. En novembre, Louis XVI devient le roi des Français.

 

Prise de la Bastille

roi des français et reine de france

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais les évènements se précipitent, et le couple tente finalement une évasion le 20 juin 1791, stoppée le lendemain par leur arrestation à Varennes-en-Argonne.

En septembre, Louis XVI accepte la monarchie constitutionnelle, mais le 10 août 1792, c'est l'insurrection, et le roi et sa famille sont enfermés à la prison du Temple.

La convention vote en décembre la mort pour le roi, qui est exécuté le 21 janvier 1793.

La reine est ensuite séparée de ses enfants et elle est transférée en août à la Conciergerie. Elle comparaît en octobre devant le Tribunal révolutionnaire où elle est condamnée à mort pour haute trahison.

La condamnation est prononcée le 16 octobre 1793 vers 4 heures du matin. Le jour-même, Marie-Antoinette est amenée mains liées sur une charette  jusqu'à la place de la Révolution, actuelle place de la Concorde, et elle est guillotinée vers midi.

 Elle avait trente-huit ans. 

 

kucharski à la tour du temple

 

 

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