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Les blogs 2016 qui inspirent les femmes actives
5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 14:47

 

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13 août 1904. Voici déjà le numéro 3.

Au sommaire cette fois-ci : les rides, le sourire, les ongles, le parfum.

 

Je pense que vous apprécierez tout comme moi les recettes de crèmes et lotions anti-rides, de même que celles destinées aux soins des ongles. En plus d'être délicieuses à lire, elles donnent de précieuses idées pour concocter ses propres cosmétiques.

Toutefois, je me permets de vous rappeler d'user de tous ces conseils avec prudence, et d'employer les produits inhabituels avec l'avis du médecin ou du pharmacien.

J'ai aussi particulièrement aimé l'article sur l'art de se parfumer, qui donne des conseils ingénieux, dans un texte empreint de poésie.

 

 

La guerre aux rides, coups de griffes du temps ...

 

Si j'eusse créé le genre humain, j'aurais mis les rides des femmes au talon. Ninon de Lenclos.

 

Faibles et timides d'abord, les rides se glissent une à une aux coins des yeux. La première est sans conséquence ; on fait peu attention à la seconde ; mais à la troisième, la beauté jette un cri d'alarme. En effet, le redoutable trio annonce le cortège sans fin de toutes celles qui s'établiront peu à peu sur le front, sous les yeux, autour de la bouche, sous le menton, à l'entour du cou.

Epoque triste, pressentiment de l'approche d'une puissance ennemie qui porte ses coups dans l'ombre, et qui ne s'arrêtera plus, dès qu'elle aura commencé à nuire.

Toutes les femmes maudissent les rides, atteinte à ce qui leur est plus sensible peut-être encore que leur beauté : leur jeunesse.

 

D'où viennent les rides.

L'âge pourtant n'est pas le seul coupable. De fâcheuses habitudes donnent fréquemment à la peau du visage ces plis disgracieux, qui, matériellement, sont produits par la disparition du tissu adipeux cutané et la perte d'élasticité de l'épiderme. Ainsi les grimaces, les ricanements, la colère, trop répétés, produisent des rides. Une vie factice, faite de veilles, en creuse aussi, de même que l'abus des fards, coquetterie souvent inutile et qui a vite fait de faner le visage. De nombreuses maladies enfin, l'anémie surtout, ont ce désastreux effet.

Certaines peaux, toutefois, sont, par nature, plus rebelles ou plus accesibles au danger.

 

Comment s'en défendre ?

N'attendez pas les rides, prévenez-les. Dès leurs premières atteintes, combattez-les par quelques soins intelligents. Les rides qui ne sont pas celles de l'âge, peuvent être atténuées. On arrive à les faire disparaître, en forçant la peau à travailler, par des irritants, des frictions, des massages. Vous éviterez les plissements de front, les façons de rire disgracieuses, les sourires artificiels, stéréotypés qui impriment de fâcheux plis aux côtés du nez.

Nous donnons plus loin un certain nombre de recettes, d'autrefois et d'aujourd'hui, contre les rides. Ce sont des pommades ou des lotions à appliquer le soir en se couchant ; mais, chez la plupart, l'effet est salutaire surtout à la suite de massages.

Ce massage de la peau est le meilleur remède. Employez tout simplement un peu de coton imprégné d'une des crèmes astringentes indiquées plus loin. Frictionnez légèrement sous l'oeil en sens inverse des rides ; puis, en remontant doucement, massez les pommettes et le tour du nez. Frictionnez en rond l'angle externe de l'arcade sourcilière, la tempe et la racine du nez. Avec un tampon plus fort, massez largement et plus vigoureusement les joues, le menton et les maxillaires, en en remontant les chairs en sens inverse des rides.

Certaines personnes emploient, pour ces massages de petits tampons en caoutchouc durci, en bois ou en ivoire. Mais le traitement le plus efficace est le traitement électrique par les massages avec des courants continus.

Dans tous les cas, évitez que votre visage soit saisi par le froid vif, toujours nuisible. Ainsi, en sortant d'un endroit surchauffé, comme est un théâtre, une salle de bal, mettez sur vos joues et votre front, avec une petite houppe de poche, un peu de poudre de riz protectrice.

Il y  a peu à faire contre les rides de la vieillesse. A quoi bon, d'ailleurs ? Elles ont leur charme. Il serait téméraire de vouloir retendre une peau fatiguée. Laissons le système torturant des belles d'autrefois qui se distendaient les chairs du visage à l'aide de pinces, mystérieusement dissimulées.

 

Recettes pratiques

 

D'autrefois :

 

- Pommade du moyen âge : Prenez des sucs d'oignons de lys blancs, du miel de Narbonne, de chacun 60 gr. ; de la cire blanche fondue, 30 gr. ; mêlez en pommade et appliquez toute la nuit.

 

- Secret du moyen âge : Faites rougir une pelle : jetez dessus de la poudre de myrrhe ; recevez-en la fumée sur votre visage en vous couvrant la tête avec une serviette, pour rassembler la fumée et l'empêcher de se dissiper. Réitérez trois fois. Ensuite, faites chauffer de nouveau la pelle. Quand elle sera bien chaude, vous l'arroserez de vin blanc avec un pulvérisateur. Vous en recevrez ainsi la vapeur sur votre visage et vous recommencerez trois jours de suite, matin et soir.

 

- Pommade du XIVe siècle : Faites durcir 6 oeufs frais ; ôtez-en les jaunes, et mettez à leur place de la myrrhe et du sucre candi en poudre, en parties égales. Rejoignez et exposez sur une assiette devant le feu. Il en ressortira une pâte que vous incorporerez avec 30 grammes de bonne graisse de porc. Enduisez la peau chaque matin, laissez sécher, puis essuyez.

 

- Lotion du XVIIIe siècle : Mêlez 15 grammes de teinture de benjoin à 30 grammes de bouillon de veau, sans herbe, ni sel. Imbibez des compresses que vous appliquerez pendant la nuit.

 

D'aujourd'hui :

 

Lotions contre les rides :

 

- Alcool, 12 grammes et blanc d'oeuf, 15 grammes ; appliquez pendant la nuit.

 

- Alcool, 12 grammes ; benjoin, 2 grammes ; storax, 2 grammes ; baume de Judée, 5 gouttes. Mettez 5 à 6 gouttes de ce mélange dans un demi verre d'eau. Lotionnez la peau en vous couchant le soir. Lavez le lendemain la place à l'eau fraîche.

 

- Faites bouillir de l'eau d'orge, passez, ajoutez quelques gouttes de baume de la Mecque ; agitez longtemps pour qu'il s'incorpore à l'eau. Avant de vous en servir pour lotionner le visage, préparez celui-ci, autant que possible, en le lavant à l'eau de pluie.

 

- Sulfate d'alumine, 4 grammes ; eau de roses, 200 grammes ; lait d'amandes épais, 50 grammes.

 

Crème contre les rides :

 

- Teinture de benjoin, 5 grammes ; fleurs de lavande fraîches, 1 kilog. ; axonge, 1 kilog. ; cire blanche, 100 grammes ; borax en poudre, 8 grammes. Faire fondre l'axonge, jetez-y les fleurs, laissez reposer, refondez, passez, puis ajoutez cire et borax

 

- Poudre de graines de citrouille, 60 grammes ; de grains de melon, 60 grammes ; de graines de concombre, 60 grammes. Ajoutez de la crème épaisse, diluez avec du lait parfumé à la teinture de benjoin.

 

- Beurre de cacao, 100 grammes ; cire vierge, 30 grammes ; blanc de baleine, 125 grammes ; suc d'oignons de lys, 120 grammes ; eau de roses, 50 grammes ; huile d'amandes douces, 120 grammes. Faire fondre au bain-marie.

 

Pour finir : une recette de paysanne, la plus simple et la meilleure peut-être :

Infusez des pelures de coing dans un peu d'eau-de-vie, et lotionnez le visage avec ce mélange.

 

 

Le sourire, fleur du visage

 

Tandis que le rire est une "exaspération joyeuse des nerfs" qui donne un éclair de beauté, très fugitif, mais fait la figure irrégulière et tient de la grimace, le sourire, au contraire, rend toujours jolie.

Certaines élégantes du XVIIIe siècle, assure-t-on, souriaient sans cesse, mais personne, jamais, ne les voyait rire.

Le sourire sert à l'amour et à l'ironie, à l'accueil et à la défense. Avec un sourire, on donne de l'espoir et on fait de l'esprit, le tout discrètement. Le sourire voyage sans bruit.

Quelquefois, il est ému, troublé. Heureux ou non, il entr'ouvre l'écrin charmant où sont les perles.

Malgré sa diffusion et ses variétés, le sourire est un langage très supérieur qu'on n'emploie qu'à un certain degré de sensibilité, de coeur ou d'intelligence. Le méchant sourit peu, le rustre ne sourit guère, l'animal ne sourit jamais.

Car le sourire est le rayon qui, par la fissure des lèvres, s'échappe de notre foyer intime.

De quelles couleurs sont les sourires ?

De toutes les couleurs, selon ce qui brûle dans ce foyer. Sont roses les sourires d'enfants et de jeunes filles ; bleus de ciel les sourires de nonnes ; les sourires d'amoureuses passent du feu de paille au clair de lune. Le sourire de la jolie femme est un prisme souvent variable. Le sourire des vieilles dames est gris cendre ; celui des veuves, lilas. Celui des mamans est couleur d'aube, car il est le reflet de ceux des babys.

Savoir sourire est un art, pourtant.

Il faut éviter le sourire figé, niais, prétentieux. Un rien de malice est permis. Le sourire espiègle n'est-il pas charmant ? L'innocence, la mélancolie, la bonté ont leur sourire. Evitez le sourire ironique, excepté pour montrer de l'esprit. Ne souriez pas à tout propos. Rappelez-vous qu'en souriant vous livrez beaucoup de votre intimité.

 

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Comment avoir de jolis ongles

 

L'ongle est le chapeau du doigt. Il faut qu'il soit digne de lui. Il n'est pas de jolie main, si les ongles en sont disgracieux. Elégamment taillés, au contraire, brillants et roses, ils la parent d'une façon charmante.

 

L'ongle idéal.

Il est en amande, légèrement bombé, ne dépassant pas de beaucoup le bout des doigts, l'accompagnant plutôt dans sa forme. Sa base et ses côtés sont bien engagés sous les chairs, sans qu'aucune membrane les couvre. Sa teinte est d'une belle transparence nacrée, brillante et rosée. Le petit cercle blanchâtre qui est à sa naissance est nettement dégagé. Quant à sa bordure, impeccablement entretenue, nettoyée et limée, elle ne dépasse guère 2 millimètres en son milieu. Les ongles longs sont toujours disgracieux.

La beauté des ongles consiste donc à la fois dans leur couleur, leur transparence, leur forme arrondie. Des soins quotidiens et minutieux peuvent seuls leur donner ce poli, cette teinte nacrée. Négligés, ils deviennent ternes et cassants.

Inutile de dire qu'il ne faut jamais se ronger les ongles. Rien n'est plus malsain pour l'estomac, l'ongle étant particulièrement toxique. Rien n'est plus laid. La beauté de la main s'en trouve irrémédiablement abîmée.

 

La toilette des ongles.

Quelques mots, d'abord, des objets indispensables pour leur entretien.

Le nécessaire à ongles comprend :

Une pince courbe, une petite pince ordinaire, une paire de ciseaux fins courbes, une lime, une pierre ponce effilée et aplatie, un polissoir en peau de daim, une curette, une petite éponge, un pot de vaseline boriquée, une boîte de brillant à ongles, et, suivant les cas particuliers, les poudres citées plus loin.

La croissance des ongles est constante. Ils se renouvellent en moyenne tous les trois mois. Aussi, chaque jour leur toilette doit-elle être faite soigneusement.

Trempez d'abord, pendant 2 minutes, le bout de vos doigts dans de l'eau boriquée tiède, aromatisée de quelques gouttes d'eau de roses (évitez l'eau trop froide comme l'eau trop chaude). Essuyez-les sans les sécher tout à fais, puis, avec le dos de la curette d'ivoire, repoussez légèrement les petits lambeaux de peau séchée qui adhèrent, de disgracieuse façon, à la base et sur les côtés. Passez la pointe de la curette autour des ongles sous la chair qui les enchâsse, afin de les bien dégager.

Contre les taches accidentelles, employez un peu de savon ou, mieux, du citron.

Taillez-les ensuite avec la pince courbe, limez pour arrondir les ongles, en les ciselant ainsi délicatement suivant la forme préférée. A nouveau, trempez-les dans l'eau boriquée, séchez avec une flanelle : les ongles deviennent roses en les frottant, car le sang se trouve attiré à la chair qui les recouvre.

On peut néanmoins les rendre plus brillants et plus roses. Frottez-les pour cela avec une petite brosse ou un tampon de ouate sur lequel vous aurez étendu un peu de brillant algérien. Polissez ensuite avec le polissoir en peau de daim.

Pour faire mieux encore, employez une des poudres citées plus loin, colorées au carmin. Evitez les vernis tout préparés, pratiques seulement au théâtre, où l'on n'a pas le temps de faire mieux, et où, pour l'optique de la scène, la teinte doit être exagérée, mais qui, une fois enlevés, ne sont pas sans abîmer les ongles.

 

Ongles pittoresques.

En extrême-Orient, subsite encore la mode disgracieuse des ongles démesurément longs. longtemps aussi, on les coloria de couleurs violentes, verte ou rouge.

Une mode nouvelle nous vient de Londres cette année. Grâce à un procédé nouveau, on est arrivé à reproduire de minuscules clichés sur les ongles. Ce snobisme a tout de suite fait fureur et on porte sur les ongles de la main gauche - côté du coeur - un portrait aimé.

C'est un moyen excellent pour ne pas se perdre de vue et pour se connaître ... sur le bout du doigt.

Mais laissons de côté ces fantaisies. Les ongles sont jolis par eux-mêmes. Soignez-les, mais n'y mettez pas de fards inutiles.

 

Recettes pratiques

 

Pour enlever les petites taches blanches, naturelles qui se trouvent sur les ongles : mêlez 10 grammes de poix et 10 de myrrhe et appliquez pendant la nuit.

 

Pour faire croître et raffermir les ongles (recette anglaise). Pressez le jaune d'un oeuf dur et 2 grammes de cire vierge. Faites fondre au bain-marie en ajoutant un peu d'huile d'amandes douces. Enduisez de cette pommade vos ongles tous les soirs et gardez pendant la nuit sous des gants. Après trois semaines, les ongles seront redevenus beaux et longs.

 

Pour fortifier les ongles de nature friable. Recouvrez-les pendant la nuit, sous des gants, de la pommade suivante :

Huile antique, 15 grammes ; sel blanc, 2 grammes ; colophane en poudre, 2 gr. ; alun pulvérisé, 2,6 gr. ; cire vierge, 5 grammes.

Ou goudron, 1 gramme ; axonge, 30 grammes. Lavez les mains, au réveil, avec une infusion chaude de sauge, de menthe ou de romarin.

 

Pour faire recroître un ongle tombé. Plongez à plusieurs reprises le doigt dans de la cire blanche fondue et un peu chaude ; il se formera ainsi des couches succesives que vous laisserez refroidir et que vous garderez jusqu'à ce que le même ongle repousse sous cette enveloppe protectrice.

 

Eau pour colorer les ongles. Trempez le bout des doigts, matin et soir, dans la composition suivante : Teinture de myrrhe, 1 gramme ; acide sulfurique, 2 grammes ; eau de source, 4 grammes.

 

Poudre colorante pour les ongles. Appliquez avec une brosse légère ou un tampon de ouate le mélange suivant : Oxyde d'étain pulvérisé, 5 grammes ; acide borique pulvérisé, 2 grammes ; poudre de talc, 1 gramme ; essence de violette, 2 gouttes ; teinture de carmin, 3 gouttes.

Ou : poudre de talc, 5 grammes ; acide borique pulvérisé, 5 grammes ; poudre d'amidon, 5 grammes ; teinture de carmin, 5 gouttes.

Frottez ensuite avec le polissoir.

 

Pour faire briller les ongles. Frottez avec une éponge chargée d'un mélange égal de cinabre et d'émeri porphyrisé, et en les humectant d'un peu d'huile d'amandes amères.

 

 

Le charme troublant des parfums

 

A côté d'un homme, une femme passe. Il est pourtant préoccupé, distrait, et, la tête baissée, n'a pas regardé la promeneuse dont il ignore tout, si elle est blonde ou brune, si ses yeux sont bleus ou noirs.

Mais, à peine l'a-t-il croisée, que, tout à coup, un parfum discret ou voluptueux, très pénétrant, s'épand derrière elle et charme ce passant dont la pensée aussitôt est détournée. Involontairement, il songe qu'un être gracieux l'a frôlé, fait de mystère et dont cependant il connait maintenant cette chose exquise : le parfum.

C'est beaucoup : le parfum ets un écho de l'intimité, et le plus troublant qui soit, un souvenir du linge, des dessous, peut-être de la chair savoureuse, un coin entrevu de l'alcôve. Rien de plus évocateur, de plus attirant, de plus capiteux.

      Toute la femme aimée est dans le parfum tiède

      Qui sort comme un soupir des flacons et des fleurs.

Ame de la chambre d'amour, le parfum s'y retrouve partout, aux plis des tentures, aux coussins des meubles, au creux des tiroirs, aux dentelles des oreillers.

Un flacon ancien, tout à coup débouché et laissant s'échapper une haleine de lilas ou de roses d'antan, fait surgir au coeur un monde de souvenirs.

De tous temps les parfums ont charmé.

 

Orgies de parfums.

Dans l'histoire, et principalement dans l'histoire de l'antiquité, la vie était plus "parfumée" qu'aujourd'hui. Les parfums étaient de toutes les réunions, de toutes les fêtes. Il n'y avait pas de poésie sans eux. Fabriqués naturellement, leur abus n'incommodait pas.

Leu but, d'ailleurs, à la fois était triple : religieux, hygiénique et voluptueux.

Les Egyptiens ne craignaient pas d'enfumer les nouveaux-nés en brûlant sous leur nez des cassolettes odorantes.  Les jeunes mariés et les défunts jouissaient du même privilège. En l'honneur du soleil, les prêtres de Memphis brûlaient le matin du benjoin, à midi de la myrrhe et au crépuscule de la résine.

Les Romains détiennent le record de la parfumerie. C'était chez eux un besoin qui faisait partie des moeurs. Ils allaient chez le parfumeur comme nous allons au café, et il y avait des boutiques gratuites où les pauvres gens se parfumaient aux frais du gouvernement.

La parfumerie religieuse était réglementée. Le musc était pour Junon, le safran pour Jupiter, l'aloès pour Mars, l'ambre pour Vénus, le cinnamone pour Mercure.

Il y eut des débauches inouïes de parfums. On en frottait les chevaux, les chiens, les murailles. Les vins les plus estimés étaient ceux où infusaient des violettes, des roses ou autres fleurs suaves, les vins ambrés ou rendus amers par la myrrhe et l'aloès. On alla jusqu'à faire tomber pendant les repas des pétales de rose sur la tête des convives, et à lâcher au milieu d'eux des colombes parfumées dont les battements d'ailes embaumaient l'air.

Les femmes ne se contentaient pas d'un seul parfum. Chaque partie du corps en avait un particulier. Ainsi la menthe était recommandée pour les bras, l'huile de palme pour les joues, la marjolaine pour les cheveux, l'essence de lierre pour le cou.

La France ancienne ne connut pas ces exagérations. L'eau de roses et l'eau de fleurs d'oranger charmaient seules les dames du temps de Charlemagne. Mais les croisés, au retour de la guerre sainte, rapportèrent le goût des parfums. Les Florentins amenés par les Médicis en usèrent et en abusèrent. Sous Louis XIV, les odeurs violentes redevinrent à la mode. Richelieu saturait l'air de ses appartements de parfums lancés par des soufflets. Sous Louis XV, les dames de la cour en adoptaient chaque jour un nouveau, et la Pompadour, qui trônait à cette "cour parfumée", dépensait par an cent mille écus pour ses odeurs.

Aujourd'hui, nous cherchons à remplacer la quantité par la qualité. Tous les jours apparaissent des parfums nouveaux, inédits, tours de force de la chimie et où, malheureusement, les fleurs n'ont plus guère de part. La plupart de ces préparations sont malsaines pour la peau et dangereuses pour les nerfs.

 

L'art de se parfumer.

C'est un art délicat que de savoir se parfumer, plus rare encore que de savoir s'habiller. Il n'y a pas de règle, chaque femme choisissant à sa guise, ayant ses préférences, mariant parfois elle-même en des doses savantes plusieurs parfums. Toutes les fantaisies, toutes les hardiesses sont permises. Bien que des parfums discrets comme la verveine conviennent plutôt aux jeunes filles, de troublants comme l'héliotrope aux jeunes femmes, de capiteux comme l'oeillet ou l'ambre aux passionnées, on ne saurait établir de classement, ni même donner de conseils, car à cette poésie florale s'ajoute une autre poésie qui change avec toutes les femmes : son parfum naturel.

A elle de trouver la fleur dont le suc en sera le complément délicat, à doser dicrètement ce parfum.

Sa coquetterie sera ingénieuse. Elle évitera ce qui pourrait entêter, ces odeurs trop violentes dont le seul contact d'une poignée de main garde la trace pendant trois jours. Elle saura qu'il faut que sa chevelure embaume, mais discrètement ; que certaines places, nids à baisers, comme le creux de la poitrine, pourront cacher discrètement quelque sachet. Elle saura aussi que le parfum doit être pour la femme comme une enveloppe, et que la meilleure façon de se parfumer est de parfumer surtout la robe, à l'envers, avant de la mettre, et principalement le bas des jupes, à l'aide d'un vaporisateur. Il n'arrive alors à l'odorat de ceux qui l'approchent qu'un parfum voilé. Quand elle marchera, l'agitation du bas de sa robe dégagera une odeur exquise. Elle fera "éclore des fleurs sous ses pas".

Et quant à son corps, encore imprégné de l'enveloppe qui l'embaumait, a-t-il besoin d'autre parfum que sa fraîcheur ?

 


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Pour ce numéro, je ne vous ai retranscrit qu'une sélection d'articles. Vous pouvez lire la suite ici, pour découvrir "la voix séductrice", "les mouches "assassines"","ne portez pas de talons trop hauts !".

 


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Published by Mélanie - dans A la Belle Epoque
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